INFLAMMATION CATARRHALE
d’ailleurs pas la seule, comme nous le verrons plus loin en étudiant l’emphysème.
Si nous nous en tenons aux bronches, nous voyons que la présence des grains de lycopode y a déterminé des lésions catarrhales des plus typiques.
La figure 5 nous montre ces lésions caractérisées surtout par l’abondance de la sécré- Fig. 5. — Sécrétion muqueuse abondante due à la présence dans la lumière iî/in mnmmuea dé la bronche de grain? de lycopode aseptiques : a, grains de lyco-
llUli muqueuse. pode; b, boules de mucus excrétées des cellules;* . '
i, cellules épithéliales desquamées dont certaines (d) sont agglutinées aux grains de lycopode; e, épithélium bronchique (Cornil). — Fort grossissement.
La plupart des cellules épithéliales se gonflent, secrétent un mucu s abondant, qui est expulsé hors de la cellule sous forme de boules nombreuses (b) qui restent adhérentes à la paroi, où elles forment une mince couche visqueuse. Certaines cellules épithéliales (c) desquament, les unes libres, les autres (d) accolées aux grains de lycopode qui persistent encore dans la lumière.
Le gonflement cellulaire, la sécrétion muqueuse, la desquamation épithéliale caractérisent avant tout cette ' inflammation catarrhale de la muqueuse. Il s’y joint toujours un certain degré de congestion et de diapédèse au niveau du chorion.
Au bout de quarante-huit ou soixante-douze heures, la plupart des grains, de lycopode ont été rejetés hors des voies respiratoires, sous
Fig. 6. — Grains de lycopode inclus dans le revêtement épithélial d’une bronche: a, grain de. lyco- ' pode avec sa paroi à double contour; 6, cellules épithéliales aplaties de dedans en dehors par les • grains de lycopode; c, grain de lycopode ayant traversé entièrement l’épithélium ct'pénétrant dans le chorion (Comil).
BRONCHES ET POUMONS
l’influence des efforts expiratoires et des mouvements des cils vibratils. Il en reste cependant un certain nombre accolés aux parois, qui
Fig. 7. — Lymphatique gorgé de lycopode après injection trachéale : l, lymphatique ; b, bronche; ar, artère; al, alvéoles.
seront éliminés par les lymphatiques. Pour cela, ils s’insinuent entre lés cellules épithéliales et glissent ainsi sous celles-ci, qui s’aplatissent
yb
Fig. 8.— Infiltration leucocytaire interne du chorion bronchique à la suite d’inject on intratrachéale de lycopode : a, infiltration leucocytaire; b, grains de lycopode.
de dedans en dehors (b, fig. 6).
Des leucocytes environnent également ce grain de lycopode, qui finit par arriver progressivement dans le chorion (c, fig. 6).
Les lymphatiques, qui sont les voies d’élimination des corps étrangers du poumon, peuvent finir par en renfermer un grand nombre (fig. 7).
En certains points des bronches, quand la quantité de lycopode a été considérable, les altérations épithéliales, qui peuvent aller jusqu’à la desquamation totale, s’accompagnent d’une’ congestion et d’une diapédèse énormes dans le chorion (fig. 8).
Injection sous-cutanée de cantharidine. — M. Corail a reproduit