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CACHEXIE PALUDÉENNE CHRONIQUE

Kelsch et Kiener décrivent en outre, dans un chapitre spécial, les lésions de la cachexie paludéenne chronique qu’ils rangent sous les trois chefs suivants : 4° cachexie avec surcharge ferrugineuse des organes (sidérosis) ; 2° cachexie avec atrophie des organes; 3° cachexie avec dégénérescence amyloïde.

1° Dans la cachexie avec, surcharge ferrugineuse des organes, le foie est augmenté de volume; il pèse de 1 kil. 880 à 3 kil. 130. La capsule est généralement épaissie. Le tissu de la glande est ferme. La surface est lisse, chagrinée ou faiblement mamelonnée. La coloration est jaune ou chamois ; parfois sur ce fond se détachent des marbrures brunes ou verdâtres.

FOIE

Les cellules hépatiques sont chargées de pigment ferrugineux, souvent plus particulièrement autour des espaces porto-biliaires et des veines sus-hépatiques. Elles sont augmentées de volume et dégénérées en même temps; car leur protoplasma reste pâle et transparent devant les réactifs et leur noyau est atrophié. Les trabécules les plus infiltrées peuvent se nécroser et se désagréger : d’autres fois elles s’atrophient et une sclérose trabéculaire se développe. Il y a de la stase biliaire par épaississement de la bile et quelquefois del’angiocholite. La cirrhose existe à ùn degré variable, mais non dans tous lès cas. Le terme de cirrhose hypertrophique pigmentaire ne peut donc s’appliquer à tous les faits de cet ordre. Le tissu de cirrhose est riche en leucocytes et en dépôts pigmentaires. Il contient relativement peu de néo-canalieules. Ces foies ne présentent, d’après Kelsch et Kiener, aucun vestige d’hépatite parenchymateuse. L’aspect mamelonné de la surface de coupe a pour cause l’atrophie cirrhotique alternant avec l’hypertrophie pigmentaire des divers territoires du foie.

2° Dans Yatrophie ischémique, le poids du foie varie de 685 à 1,366 grammes. Les bords sont mousses ou amincis. La consistance de l’organe est ferme. La capsule est adhérente par places. La surface de coupe est lisse, couleur marron, gris de fer ou noire. Le tissu est sec et exsangue. La vésicule contient une faible quantité de bile peu colorée.

Les trabécules hépatiques sont amincies, mais conservent leur arrangement normal, et le calibre des capillaires est diminué. Les cellules hépatiques sont petites ; beaucoup d’entre elles renferment du pigment ocre. Leur noyau est atrophié. Dans les réseaux capillaires on voit de nombreuses cellules polymorphes, à noyaux parfois multiples, contenant ou non du pigment mélanique.

Il n’y a pas de cirrhose à proprement parler, mais dans les régions où les trabécules sont le plus atrophiées, elles sont souvent bordées d’un tissu scléreux. Les espaces porto-biliaires sont aussi élargis.

3° La dégénérescence amyloïde, signalée par Rokitansky, Frerichs, etc., est exceptionnelle d’après Kelsch et Kiener.

Bibliographie. — Foie palustre. — Kelsch et Kiener, Traité des maladies des pays chauds, 1889. — Des affections paludéennes du foie ( Arch . de Physiol. 1878 et 1879). — Géraudel, Etude sur la cirrhose paludique (Th. Paris, 1902). — Grall et Marchodx, Traité de pathologie exotique. Le Paludisme. Paris, *1910. — Laveran, Art. Paludisme, T. II du Traité des maladies de l’Enfance, Grancher, Comby Marfan et in Traité de Brouardel et Gilbert. -Lesné et Læderich, Cirrhose hypertrophique de la rate et cirrhose porte du foie ( Trib . méd., 10 déc. 1904). — Marchoux, Le paludisme

au Sénégal ( Annales de l’Institut Pasteur, 1897, T. XI, p. 640). Patrick Manson

Manuel de pathologie exotique, traduit par Maurice Guiraud. Paris 1908.

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