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LÉSIONS DU PANCRÉAS DANS LÉS MALADIES DU FOIE

sujet, spécialement en ce qui concerne les données fournies par l'expérimentation.

Le poids du pancréas est le plus souvent augmenté, variant de 95 à 130 grammes, mais il n’en existe pas moins un certain degré d’atrophie portant sur la tête et le corps de la glande, alors que la queue de l’organe est de volume normal ou même paraît un peu hypertrophiée et plus nettement lobulée que le reste du pancréas.

Celui-ci a une coloration gris jaunâtre, un peu cireuse : sa consistance est nettement ferme et augmentée.

Histologiquement, on constate des lésions scléreuses constantes : il y a augmentation de densité et également d’épaisseur du tissu conjonctif périlobulaire qui a l’aspect adulte ou encore est jeune et riche en noyaux, pouvant montrer (Steinhaus) de petits foyers d’infiltration parvicellulaire. Cependant (d’Amato) cette sclérose interlobulaire n’est jamais très intense, du moins considérée isolément.

En effet, dans les cas les plus nombreux, il s’y joint une sclérose intralobulaire fragmentante parfois très marquée, sectionnant le lobule en groupes de dix à vingt acini et partant soit des travées interlobulaires, soit plus souvent du centre des lobules.

Combinée avec la sclérose périlobulaire, elle peut alors donner lieu parfois à un bouleversement complet de l’architecture de la glande, au point de former (Steinhaus) de larges anneaux fibreux annulaires.

D’autres fois (Klippel et Lefas) ce sont, par places, de véritables placards fibreux denses, au sein desquels on voit parfois quelques groupes de cellules adipeuses ainsi que des fragments très atrophiés de lobules glandulaires.

Nous-mêmes, ainsi que Steinhaus et d’Amato, avons vu fréquemment la sclérose mono-acineuse associée à l’un des processus précédents.

Une légère pigmentation ocreuse du tissu conjonctif peut s’observer.

Les canaux sont le siège de dégénérescence granuleuse ou de prolifération légère de l’épithélium.

Nous n’avons pas vu de lésions très nettes des îlots endocrines, à part quelques granulations graisseuses, mais d’Amato y a constaté souvent une hyperémie avec dilatation des espaces intercolumnaires et parfois présence de cellules rondes lvmphocy tiques.

Carnot et Amet n’ont pas vu ces dernières lésions, mais ont noté des îlots plus nombreux et en tous cas hypertrophiés, spécialement au

PANCRÉAS

niveau de l’extrémité splénique : ils ont compté dans un cas 200 à 300 cellules par îlot (au lieu de 30 à 100), 300 à 450 dans deux autres, enfin dans un quatrième cas, certains îlots renfermaient jusqu’à 1,450 et même 1,500 éléments cellulaires.

On n’observe que rarement des altérations vasculaires : d’Àmato a vu une hyperémie passive avec quelques petites hémorragies capillaires intéressant quatre ou cinq acini. Parfois l’endothélium des vaisseaux présente, comme nous l’avons décrit, quelques fines granulations graisseuses.

Quant, aux lésions acineuses, on a noté, outre l’atrophie non constante mais très fréquente, l’hypertrophie acineuse, la dégénérescence granuleuse ou graisseuse, rarement la dégénérescence granulopigmentaire.

Dans la cirrhose biliaire du foie, Lefas a signalé dès 1000 l’augmentation assez nette du tissu conjonctif interlobulaire avec densité plus grande de ce tissu, mais cette sclérose n’est parfois guère accusée. Plus souvent on trouve de la sclérose intralobulaire fragmentante à point de départ canaliculaire : ce processus est diffus et, d’après Guillain, plus accusé au niveau de la tête et du corps de la glande qu’au niveau de l’extrémité splénique. Cette sclérose, d’après Chabrol, suit toujours les vaisseaux capillaires sous la forme péri-acineuse et intra-acineuse. L’épithélium canaliculaire est proliféré par place, mais les canaux sont perméables. Les acini glandulaires sont envahis par des cellules rondes et présentent par places de la dégénérescence granuleuse. Au lieu de peser 70 à 90 grammes, le pancréas peut atteindre le poids de 170 grammes (Guillain). Cependant c’est une exception, et en moyenne on trouve des chiffres variant de 90 à 95 grammes. La consistance est simplement ferme et la coloration normale. Ghabrol a même noté des poids variant de 450 à 200'et même, fait remarquable, 400 grammes. Néanmoins, le fait de l’hypertrophie n’est pas constant : quand elle existe, elle est diffusée à l’ensemble de l’organe, la consistance de l’organe est simplement ferme et sa coloration normale. Dans des cas exceptionnels on peut observer l’obstruction du canal cholédoque (Chabrol).

Ce qui précède se rapporte soit à la cirrhose hypertrophique biliaire ictérique du foie décrite par Hanot, soit à la cirrhose hypertrophique anictérique décrite par Hayem.

Nous avons recherché à plusieurs reprises les altérations caractéristiques du pancréas au cours delà cirrhose cardiaque du foie : nous avons trouvé jusqu’ici des altérations scléreuses dans les seuls cas con-

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