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LÉSIONS DU PANCRÉAS DANS LES MALADIES DU FOIE

cernant des sujets atteints de maladie mitrale avec lésions scléreuses du myocarde, et lésions diffuses d’endartérite dans le foie et parfois le poumon. Dans ce cas, la sclérose se fait autour des canaux excréteurs et des artérioles et aboutit à la formation de placards conjonctifs au sein desquels végètent les îlots de Langerhans; dans des points

Hémorragie insulaire (préparation de Chabrol). Asystolie mitrale avec athérome.

moins malades on rencontre des lésions de sclérose péri-1 ange rh ansien ne et parfois une sclérose insulaire discrète. On trouve également un certain degré de sclérose mono-acineuse. Il existe de l’artérite, parfois de la prolifération épithéliale dans les canaux. Les veines et capillaires sont remplis de sang. B n’v a pas de lésions des cellules acineuses bien constantes, cependant assez fréquemment de la nécrosé

PANCRÉAS

de coagulation, mais en revanche souvent un certain degré de dégénérescence graisseuse des îlots de Langerhans : ces derniers dans quelques cas peuvent présenter des lésions hémorragiques.

Chabrol a enfin observé les lésions du pancréas dans diverses affections hépatiques : dans la lithiase biliaire où il existe souvent une cirrhose prédominant au niveau de la tête qui prend un aspect irrégulier et bosselé (Riedel), la cirrhose est surtout interlobulaire et périvasculaire, s’étendant parfois aux capillaires et pénétrant alors dans le lobule; les canaux souvent dilatés présentant de la prolifération et de la desquamation épithéliale; il existe des lésions glandulaires variées, parfois de l’hypertrophie acineuse.

On peut maintenant sé demander quelles relations existent entre les altérations pancréatiques décrites dans les cirrhoses du foie et les lésions observées dans ce dernier organe.

Tout d’abord disons que, en ce qui concerne la sclérose cardiaque du pancréas, elle semble presque uniquement relever de l’artériosclérose jointe à un certain degré d’infection des canaux et ressemble à la sclérose sénile mixte; elle n’offre guère de parallélisme avec la cirrhose hépatique, telle que l’a décrite Sabourin dans ses travaux, à part les cas décrits par Talamon (cirrhose hépatique cardiaque d’origine artérielle).

Dans la cirrhose biliaire, il semble évident que les lésions purement infectieuses, offrent une pathogénie identique à celles du foie, c’est-à-dire relèvent d’une infection d’origine digestive . ayant suivi la voie canal iculaire et agissant par l’intermédiaire des altérations des conduits excréteurs : il y a là une sorte de diathèse d’auto-infection telle que l’ont décrite Gilbert et Lereboullet.

Enfin, dans la cirrhose alcoolique du foie, les altérations pancréatiques sont de deux ordres : les unes circulatoires, les autrès, de beaucoup les plus constantes, inflammatoires.

Les premières relèvent à n’en pas douter de la stase qui s’opère dans les troncs d’origine de la veine porte et se répercute dans les viscères voisins, notamment le pancréas : quant aux hémorragies, elles semblent relever de la distension mécanique jointe à la dégénérescence graisseuse des endothéliums vasculaires.

Les altérations inflammatoires, presque constantes à des degrés divers, sont évidemment d’origine digestive et relèvent de l’infection canaliculaire, contrairement à ce que l’un de nous avait pensé autrefois : cette auto-infection digestive, la dyspepsie des cirrhotiques, la favorise à un degré élevé.

SUPPURATIONS

Aussi n’est-il pas surprenant que, au cours du saturnisme par exemple, nous ayons parfois rencontré des lésions de sclérose intralobulaire à point de départ canaliculaire et vasculaire (1) et que pareillement, comme on a pu le voir plus haut, la constatation d’une sclérose canaliculaire ait été faite chez des diabétiques.

Aussi, comme le remarque fort bien d’Amato, le fait que le pancréas subit dans les cirrhoses des altérations plus ou moins profondes peut permettre de s’expliquer le diabète qui complique parfois la cirrhose du foie. Aussi est-il légitime de se demander si la lévosurie alimentaire dans ce dernier cas ne se rapporte pas aux altérations hépatiques, alors que la dextrosurie alimentaire qui parfois accompagne la précédente ne relève pas des lésions du pancréas.

Passant maintenant à l’étude des infections proprement dites, nous étudierons successivement : les suppurations, puis la gangrène du pancréas, la tuberculose, la syphilis, enfin les lésions de la glande au cours des diverses maladies infectieuses.

SUPPURATIONS

La pancréatite suppurée peut se montrer sous forme d’abcès circonscrits ou de suppuration diffuse.

Dans le premier cas il peut y avoir une ou plusieurs collections, le plus souvent une seule, occupant soit la tête, soit l’extrémité flottante de la glande.

Ces collections sont de volume' variable, pouvant parfois communiquer entre elles, à paroi molle ou fibreuse : dans ce dernier cas, il s’agit presque toujours d’angiectasie suppurée.

Des lésions péritonéales peuvent coexister et dans un cas dû à Larkin, il y avait eu pénétration de l’abcès à travers la paroi postérieure de l’estomac à la faveur d’adhérences. Le pancréas lui-même est de consistance faible, parfois scléreux dans le cas de suppuration des canaux due à un obstacle- canaliculaire, constitué le plus souvent par des calculs.

(1) Lefas, Lésions du pancréas dans lés néphrites ( Presse médic., 28 juin 1899).

CORNIL ET RANVIER — IV. 72

PANCRÉAS

Le pus peut revêtir divers aspects, être épais, bien lié et jaune verdâtre, ou encore visqueux et d’apparence graisseuse : le plus souvent il est séreux, mal lié, d’odeur fécaloïde et renferme des globules de graisse. Kœrte a retrouvé dans le liquide du suc pancréatique, cause sans doute des hémorragies accompagnant souvent la pancréatite suppurée.

D’autres fois là suppuration est diffuse et dans ce cas le pancréas est augmenté de volume dans sa totalité, de coloration jaunâtre ou jaune verdâtre, pesant, véritable éponge infiltrée de pus jaune verdâtre qui, à la section, s’écoule des canaux et des acini sous forme de gouttes formant rapidement nappe. Plus tard la glande se transforme en un magma cloisonné, mais dès le début elle se trouve atteinte en masse, certains points se ramollissant plus vite et par la suite constituant des poches purulentes.

L’étude histologique des suppurations pancréatiques a été rarement pratiquée ~ dans le voisinage des abcès collectés, Mass a décrit des leucocytes polynucléaires infiltrés, de la nécrose de coagulation et parfois de la nécrose graisseuse, enfin des nodules arrondis formés de Cellules plates entourées d’une bordure conjonctive et qui, d’après l’auteur, représentent des^ cavités lymphatiques dont l’épithélium a desquamé.

Dans la forme diffuse (angio-pancréatite suppurée) Étienne et Faivre d’Arcier ont décrit l’intensité des lésions centrales de la glande consistant en fonte .des cellules par dégénérescence granuleuse, en invasion leucocytique, en dissolution chromatique et en nécrose des noyaux, contrastant avec le caractère relativement peu accusé des lésions périphériques au niveau desquelles les cellules acineuses sont seulement dissociées et bouleversées sans ordre apparent, ou réunies en groupes de quatre à cinq éléments cellulaires à noyau déformé et en chromatolyse. Enfin, tout au centre de la glande, il existe de plus un certain degré de sclérose péricanaliculaire.

Les microbes trouvés le plus souvent appartiennent, soit à des espèces connues aérobies, tels le coli-bacille, seul ou associé, le staphylocoque blanc, le streptocoque, le pneumocoque, soit à des genres indéterminés probablement anaérobies, tels les germes décrits par Fitz et , par Étienne.

Quoi qu’il en soit, l’infection peut se faire par contiguïté, mode exceptionnel dans lequel la propagation se fait vraisemblablement par les lymphatiques, soit par voie sanguine ou canaliculaire ascendante.

Dans l’infection par voie sanguine, il s’agit d’abcès métastatiques

TUBERCULOSE

au cours des pyohémies ou encore d’abeès consécutifs à des lésions de pyléphlébite intestinale.

Certains abcès et de plus tous les cas d’angio-pancréatite suppurée relèvent de l’infection canaliculaire.

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