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NÉCROSE GRAISSEUSE

d’une bouillie trouble, jaune-grisâtre, fluide, renfermant un précipité sablonneux.

A la coupe on reconnaît dans le tissu périlobulaire, spécialement au voisinage de l’abouchement duodénal des canaux excréteurs,

Fig. 311. — Nécrose graisseuse du pancréas (d’après Ziegler) : G. =45. — ^Infiltration graisseuse ; — b. Sclérose mono-acineuse ; — e, c, Ilots de nécrose graisseuse ; — d. Tissu conjonctif de néoformation.

d’autres petits foyers de nécrose. Ceux-ci suivent le trajet des vaisseaux et des lésions hémorragiques quand elles existent, ce qui est le cas habituel.

En dehors de ces dernières, le parenchyme glandulaire est très altéré : on note parfois des portions ramollies ou isolées, véritables séquestres glandulaires. Au microscope les cellules acineuses apparaissent nécrosées, fortement granuleuses, parfois méconnaissables

CORNIL ET KAN VIER. — IV. 73

PANCRÉAS

et transformées en un magma uniformément granuleux mêlé de cristaux réfringents aciculés. Les îlots de Langerhans participent à ce processus.

Au voisinage de ces lésions on constatera présence de fibrine et de nombreux polynucléaires.

Les foyers les plus volumineux tels que ceux que nous avons précédemment décrits se montrent formés d’éléments conjonctifs nécrosés et d’amas touffus de cristaux d’acides gras.

La nécrose graisseuse n’est pas une altération cadavérique, comme l’a démontré Lippmann :

nombre de chirurgiens l’ont constaté sur le vivant et on peut reproduire expérimentalement.

Katz et Winkler l’ont repro- ' duite au cours de cinquante expériences, après section du canal de Wirsung entre deux ligatures ou après ligature circulaire en masse du pancréas.

Wiliams a opéré différemment en greffant du tissu pancréatique prélevé sur le chat dans le tissu cellulaire souscutané d’animaux de même espèce : cet auteur, dans huit cas positifs sur onze expériences irréprochablement conduites, a

JffiG. 312. — Ilot de stéato-nécrose (d’après Le- , , . / . ^

normant et Lecène). Grand épiploon. Aspect 0.6t6riïllïl6 Ici IlécrOS6 gr3.1SS'6US6 des aiguilles d’acides gras. typique de ^ ^

Aussi admet-on que l’altération que nous venons de décrire peut être due à l’action des ferments pancréatiques, spécialement sans doute de la trypsine (Hildebrand) : les lésions hémorragiques, gangréneuses ou autres agissent en provoquant la stase ou l’altération mécanique des tissus. Rolleston a incriminé également le rôle du plexus solaire.

Les cristaux d’acides gras déposés au sein des tissus proviennent

LITHIASE

d’une décomposition de la graisse neutre des éléments adipeux, suivie d’une résorption des parties liquides. Secondairement, les acides gras ainsi précipités se combinent avec des sels de chaux, d’où l’aspect sablonneux de beaucoup de foyers de nécrose graisseuse.

La leucocytose rencontrée dans le sang des sujets atteints de nécrose graisseuse du pancréas a été attribuée par Katz et Winkler à l’introduction dans la circulation de la- nucléine provenant de la destruction dès noyaux des cellules pancréatiques.

Mil. — LITHIASE.

Dans la lithiase pancréatique la glande apparaît plutôt diminuée de volume, mesurant en longueur de 12 à 15.centimètres, sur 2 à 3 centimètres de largeur et 1 à 2 centimètres d’épaisseur.

Quoi qu’il en soit, sa consistance est très ferme, parfois donnant la sensation squirrheuse. C’est spécialement au niveau de l’extrémité duodénale que cette consistance fibreuse est particulièrement manifeste : dans quelques cas rares cette dureté, jointe à une hypertrophie anormale de la région céphalique de la glande, a pu en imposer pour un néoplasme.

Si l’on dissèque méthodiquement, en les ouvrant en partant du duodénum, les canaux excréteurs, on constate que le canal de Wirsung et ses affluents principaux sont encombrés de calculs nombreux.

Ceux-ci sont blanchâtres, irréguliers, hérissés d’aspérités, parfois ramifiés. Leur consistance est friable. Ils sont petits et leur diamètre varie de 1 à 8 millimètres.

Ces concrétions sont formées de sels calciques, phosphate et carbonate : les deux sels peuvent être associés dans le même calcul. Ces derniers ont donc à peu près la même formule que les concrétions consécutives aux suppurations.

Des dilatations kystiques, en général de petit volume, se voient parfois au niveau de l’extrémité splénique du pancréas : ces angiectasies renferment un liquide laiteux ou encore une bouillie blanchâtre de sels de chaux. Elles peuvent rarement être suppurées et de petits abcès coexister à leur voisinage. Exceptionnellement on rencontre des lésions de nécrose graisseuse.

L’autopsie peut montrer parfois l’existence de lithiase biliaire concomitante.

PANCRÉAS

Les altérations histologiques sont celles de la cirrhose par obstruction, que nous avons déjà décrites en parlant des scléroses consécutives à la ligature des conduits ou à l’oblitération accidentelle de ces canaux.

L’expérimentation a montré, comme on l’a établi pour la lithiase biliaire, que l’infection canaliculaire était le facteur de la lithiase pancréatique.

Pende en 1902 l’a reproduite chez le cobaye parla ligature du canal excréteur, unique chez cet animal : au bout d’un mois il a trouvé de petits calculs blanc laiteux, cylindriques ou arrondis, variant en volume de celui d’une tête d’épingle à celui d’un grain de chanvre, rugueux, assez friables, adhérents à l’épithélium canaliculaire. Ces concrétions étaient constituées par du carbonate de chaux.

Ces résultats s’expliquent fort bien depuis que nous sommes renseignés sur le microbisme latent des voies pancréatiques : en 1901, en effet, Gilbert et Lippmann ont montré que normalement celles-ci renferment une riche flore microbienne, constituée pour la plus grande partie de bactéries anaérobies.

Nicolas a montré que chez l’homme la lithiase pancréatique tire son origine d’une infection canaliculaire ascendante d’origine duodénale, fait qui assimile la pathogénie de cette lésion à celle de la lithiase biliaire, salivaire, etc.

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