PHYSIOLOGIE
Le rein n’est pas un simple filtre; il est actuellement bien démontré qu’au niveau de ses cellules il se passe une série d’actes physicochimiques qui ont pour résultat, non seulement de transformer les matériaûx puisés dans le sang pour les éliminer dans le courant urinaire, mais aussi d’en créer de nouveaux qui ne préexistent pas dans la circulation.
Le rôle le plus important dans ces fondions est dévolu sans conteste aux cellules à bâtonnets. Heidenhain, le premier, a démontré ce fait par sa célèbre expérience de l’élimination de l’indigo par les cellules du tube contourné. Depuis, de nombreux expérimentateurs, en se servant de diverses matières colorantes, bleus de toluidine, de méthylène, rouge neutre, carmin, etc., ont montré, qu’injectées sous la peau, ces substances se retrouvent uniquement dans les cellules du tube contourné, parfois aussi dans celles du segment intermédiaire (anse ascendante de Henle et segment intermédiaire proprement dit), jamais dans le glomérule. In vitro, si on met au contact de ces cellules encore vivantes ces substances diverses, elles se fixent dans leur tiers interne.
Le tube contourné et accessoirement l’anse ascendante et le segment intermédiaire, constituent donc les voies principales d’élimination des substances étrangères à l’organisme. Les recherches de Heidenhain, Neisser, Ebstein, Nicolaïer, Sauer, complétées parla méthode chimique d’Anten appliquée par J. Courmont et André, ont prouvé que ces mêmes cellules éliminaient les éléments normaux de l’urine, acide urique, urates, acide hippurique. On a même été plus loin, et Lamy, A. Mayer, Ratherv, admettant avec Nussbaum, Adami, Hasley, Gurwisch que la plupart des sels s’éliminent aussi par le tube contourné, ont cherché à démontrer que l’eau passait par cette voie, le glomérule n’ayant qu’un rôle purement mécanique. Cette dernière opinion est loin d’être admise; beaucoup d’auteurs pensent au contraire que, si le tube contourné peut aider le glomérule dans T élimination de l’eau, on ne peut lui dénier un rôle, qui, par la constitution même de ses cellules, pourrait être véritablement sécréteur.
Le fait que certaines substances préexistant dans le sang, telles que le chlorure de sodium, l’urée, s’éliminent avec une rapidité considérable, alors que d’autres comme le sucre, au taux normal, sont totalement arrêtées, prouvent en premier lieu que les cellules sécrétrices
PHYSIOLOGIE DU REIN
paraissent agir comme des filtres électivement et activement perméables (Gley). Mais leur rôle est certainement plus élevé et la preuve en est fournie par la formation au niveau du rein d’éléments nouveaux absents du sang, tels que l’acide hippurique, la créatinine, l’urobiline.
Ces différents actes sécréteurs sont réglés par des facteurs multiples ; un des plus importants est représenté par la circulation sanguine qui. dans ses variations, non seulement influe sur la quantité de l’eau et des éléments excrétés, mais aussi sur leur qualité.
Est-il possible de constater à l’examen cytologique l’état de fonctionnement de la cellule sécrétrice? Cette question a soulevé d’innombrables travaux. Policard en a fait une étude extrêmement complète dont nous ne pouvons que résumer les conclusions.
La cellule en se chargeant des produits qu’elle va sécréter subit un eerlain.nombre de transformations dans son protoplasma, elle se gonfle, augmente de hauteur et diminue ainsi la lumière intra-canaliculaire. u Les divers composants de la cellule, bâtonnets, grains, vacuoles, noyau. Il subissent certainement des changements morphologiques, mais celte }\ étude est loin d’être élucidée complètement. Il ne semble pas toutefois que la disposition des divers éléments protoplasmiques soit très modifiée.
La phase de sécrétion terminée, la cellule diminue de hauteur et devient basse, la lumière intra-canaliculaire s’élargit.
La bordure en brosse persiste pendant toutes les phases de la sécrétion. A aucun moment elle n’est absente ni rompue, sa striation est d’autant plus nette que la lumière du tube devient plus large. — On a beaucoup discuté sur le mécanisme de l’excrétion, exocellulairej et nombre d’auteurs ont admis longtemps qu’elle se faisait par le moyen des boules sarcodiques si fréquemment rencontrées au sommet des cellules sécrétrices. — ILest prouvé actuellement que ces boules sarcodiques sont des formations liées à une mauvaise fixation ou à des altérations cadavériques ou pathologiques, les éléments qui passent de la cellule dans le tube urinifère filtrant à travers la cuticule striée sans la rompre. La bordure en brosse joue-t-elle un rôle actif qui viendrait en quelque sorte compléter celui du protoplasma cellulaire? II est encore impossible de répondre à cette question. Relativement très résistante, elle paraît surtout protéger efficacement la cellule, et nous verrons que même dans les altérations pathologiques, elle persiste longtemps. Rathery a récemment insisté sur le rôle de protection de la bordure en brosse qui, dans les lésions cellulaires, s’oppose à l’effraction des granulations protoplasmiques.
REIN
Les cellules de l’anse grêle de Henle et des tubes excréteurs participent-elles à la sécrétion de l’urine? Leur action est à peu près ignorée.,