ALTERNANCE FONCTIONNELLE DES TUBES URINAIRES
Tous les éléments sécréteurs du rein ne fonctionnent pas en même temps; alors que certains sont en pleine activité, d’autres restent an repos complet. Heidenhain, dans ses études sur l’élimination du carmin d’indigo, avait déjà remarqué ce fait qui fut étudié de plus près par Arnold, Gurwisch, Regaud et Policard au moyen des colorations vitales. — Par l’ examen cytologique de I’épiüiélium rénal aux diverses phases de son activité, de nombreux auteurs parmi lesquels von Wittich, Rothstein, Yan der Stricht, Disse, Sjôbring, Trambusti, Ribadeau-Dumas, Castaigne et Rathery, Policard, Couraient et André, ont vérifié cette assertion.
Il résulte de tous ces travaux qu’il existe une véritable alternance fonctionnelle entre les divers éléments sécréteurs du rein, mais cette alternance se fait de tube à tube et non de cellule à cellule. Les i différents tubes urinifères fonctionnnent indépendamment les uns des l autres, mais, dans un même tube, toutes les cellules fonctionnent * ensemble. (Mouriquand, Policard.)
Dans les états pathologiques, cette notion est d’une grosse importance; elle nous permet d’expliquer le caractère parcellaire, la systématisation à certains groupes de tubes urinifères, des lésions aiguës, subaiguës ou chroniques. — Cette systématisation apparaît très évil dente dans les lésions expérimentales des reins, on ne peut mieux -la révéler et d’une façon plus nette que dans l’intoxication phosphorée ; la coloration noire que la fixation à l’acide osmique donne aux granulations graisseuses, en fournit une image des plus instructives. Pareilles constatations sont faites d’ailleurs avec divers autres poisons ou toxiques, tels que le sublimé, le nitrate d’urane, la toxine diphtérique, etc.
ÉLÉMENTS DE TECHNIQUE
Connaissant l’aspect histologique du rein normal, il est important, avant d’entreprendre l’étude de ses altérations pathologiques, de préciser certains points qui méritent une attention particulière.
ÉLÉMENTS DE TECHNIQUE
II importe tout d’abord de régler avec soin l’emploi des fixateurs et réactifs; le rein est un organe extrêmement délicat, une fixation défectueuse peut bouleverser d’une façon complète l’aspect de ses cellules et provoquer des lésions artificielles qui rendent la lecture et l’interprétation des coupes impossibles.
En second lieu, mettant à part les cas assez rares dans lesquels on peut fixer immédiatement le rein enlevé par une intervention chirurgicale, on ne peut, sauf exception, examiner cet organe chez l’homme qu’après un minimum de vingt-quatre heures post-mortem. Dans ces conditions, aux lésions déjà existantes et d’ordre pathologique, viennent se surajouter des altérations d’ordre cadavérique toujours très rapides, puisqu’elles apparaissent trois ou quatre heures après la mort, même en employant les meilleurs procédés de conservation des organes.
Ces deux écueils, qu’il faut chercher à éviter aussi complètement que possible, sont loin d’être négligeables.