FIXATION
Les procédés de fixation et de coloration se sont améliorés de telle sorte qu’on peut actuellement dire qu’il est possible d’obtenir des coupes histologiques, qui, chez l’animal, donnent une image assez exacte de la réalité.
Chez l’homme, semblables résultats pourraient être obtenus quand il s’agit de reins frais, chirurgicaux. Dans la pratique, à condition, bien entendu, que le cadavre ait été conservé en chambre froide et formolé, on peut réduire au minimum les altérations cadavériques.
L’étude des fixateurs du rein est particulièrement à l’ordre du jour depuis quelques années. Une critique très documentée en a été faite par Rathery qui, avec Castaigne, s’est attaché à rechercher et à améliorer les meilleures techniques combinées aux procédés de coloration les plus électifs.
Les fragments prélevés seront aussi minces que possible, placés dans un flacon à la partie inférieure duquel on aura déposé une légère couche d’ouate, de telle sorte que le liquide fixateur pénètre également sur toute la surface de la pièce.
Les liquides fixateurs sont nombreux, mais nous n’indiquerons que ceux .qui, bien surveillés, donnent les meilleurs résultats :
1° Liquide de Van Gehuchten-Sa u er (Castaigne et Rathery).
Ateool absolu . . 60
Chloroforme pur . . . . . . . 30
Acide aeétiqne- . . ^ . — . . . 10
а) Les pièces doivent rester quatre heures dans ce mélange,
б) Puis douze heures dans un bain d’alcool absolu; elles sont alors prêtes pour l’inclusion qui sera faite soit à la eelloïdine, soit à la paraffine.
REIN
2° Liquides à base de formol. — Malgré les critiques très justifiées dont ils ont été l’objet, ces liquides peuvent à notre avis donner d’exeellents résultats.
5 gr.
100 ec.
Les pièces sont fixées en vingt-quatre heures (formule de Policard). b) L'association de formol au liquide de Muller ou plus simplement au bichromate de potasse est conseillée par Regaud.
Bichromate de potasse à 3 p. 100 . 100 cc.
Formol du commerce . 10 à 20 cc.
Le bichromate dépotasse a l’avantage d’agir ici comme agent de mordançage et d’oxydation.
On peut en outre acidifier légèrement ce mélange en y ajoutant 3 ce. d’acide acétique pour 100.
c) Liquide de Dominiei (1) :
Sublimé saturé à 60° et refroidi à 40° . 100 cc.
Teinture d’iode ajoutée goutte à goutte jusqu’à teinte
jaune orangé . . Q- s.
Formol du commerce à 40 p. 100.. . . . . 12 cc.
Acide acétique cristallisable . . 3 à 5 cc.
La durée de fixation dépend essentiellement de l’épaisseur des pièces, trois à quatre heures suffisent en général.
11 faut avoir sdin au cours de la fixation d’ajouter quelques gouttes de teinture d’iode dans le liquide qui se décolore toujours, mais il faut éviter d’en mettre un excès.
Au sortir de l’iodochlorure, les pièces sont placées dans l’alcool à 90° et doivent y être conservées jusqu’au moment où l’on fait l’inclusion.
Cette fixation que nous employons depuis deux ans d’une manière courante nous a toujours donné des résultats parfaits.
3° Liquides à base d’acide osmique. — Surtout à recommander quand il s’agit de fixer et de colorer la graisse dans les cellules rénales. — Mais l’acide osmique pénétrant difficilement, il importe de n’y introduire que des pièces très minces.
On a proposé une série de formules dérivées du liquide de Flemming, nous ne citerons que celles qui nous ont paru donner les meilleures fixations.
a) Liquide de Laguesse :
Acide chromique à 1 p. 100 . . 8 cc.
Acide osmique à 2 p. 100 . . . . . 4 ce.
Acide acétique glacial. . 1 goutte
Les pièces sont laissées vingt-quatre heures dans ce liquide, puis lavées à l’eau courante pendant vingt-quatre heures.
On les passe ensuite dans les alcools de concentration croissante de six heures en six heures, alcool à 30, 40, 50, 60, 70, 80, 90 degrés.
(1) On trouvera dans la thèse de Rubens-Duval, pages 15 et suivantes, la technique complète de la fixation au liquide de Dominiei. — Cytologie des inflammations cutanées ( Thèse de Paris, 1908).
Formol du commerce. . . .
Eau salée physiologique.
ÉLÉMENTS DE TECHNIQUE
En terminant elles doivent baigner douze heures dans l’alcool absolu avant de pratiquer l’inclusion.
Ce liquide convient particulièrement aux éludes cytologiques fines.
0) L’acide osmique peut être associé au furmol ou au bichromate de potasse. Nous employons couramment les mélanges suivants :
1° Formol à 5 p. 100 . . . . . . . 90 ce
Acide osmique à 2 p. 100 . . . . . 10 cc
2° Bichromate de potasse à 3 p. 100 . 90 c :
Acide osmique à 2 p. 100 . 10 cc
Acide acétique glacial . . 3 cc
Les pièces sont laissées vingt-quatre heures à l’abri de la lumière dans l’unetl’aulre mélange. Lavéesà l’eau courante pendant vingt-quatre heures* puis passées dans des alcools de concentration croissante jusqu’à l’alcool absolu où la fixation se termine.
Il est préférable, pour les pièces fixées pendant vingt-quatre heures dans le mélange osmié-biehromaté, de les placer pendant quelques jours dans du bichromate à 3 p. 10) qu’on changera tous les deux jours. Lavage et passages dans les alcools comme, précédemment.
3° Formol à 5 p. JOD . . . . .50 ce.
Liquide de Miiller . . . . . 50 cc.
Séjour dans ce mélange pendant trois ou quatre jours. Lavage à l’eau courante filtrée, vingt-quatre heures. -
Séjour dans une solution d’acide osmique à 1 p. 100 pendant vingt-quatre heures.
Lavage à l’eau, douze à vingt-quatre heures.
i° On peut de même associer l’acide osmique au liquide de Dominici, ou mieux, faire agir l’acide osmique sur la pièce préalablement fixée à l’iodochlorure. Au sortir de ce dernier liquide elle sera lavée à l’eau, on en détache un fragment épais de 1/2 millimètre que l’on rince à l’eau distillée et que l'on fait baigner ensuite dans de l’acide osmique à 1 ou 2 p. 100 pendant six ou douze heures.
Inclusion. — Au sortir de l’aleool absolu, les pièces peuvent être incluses soit dans la celloïdine ou le collodion non riciné, soit dans la paraffine.
1° L’inclusion à la celloïdine faite lentement1 dans des solutions progressivement concentrées a le grand avantage de permettre l’esamen de larges ■coupes, de ne rien changer à la topographie des éléments et surtout de mettre à l’abri des causes d’erreur qui peuvent provenir de l’emploi de la paraffine, souvent difficile à bien surveiller.
2° L'inclusion à la paraffine présente cependant certains avantages dont le plus important est celui d’obtenir des coupes très fines qui, collées sur lames, sont indispensables pour une élude cytologique fine et d’un maniement facile pour les colorations délicates.
llathery fixe ainsi les temps et les formules de l’inclusion à la paraffine.
Au sortir de l’alcool absolu, les pièces sont plaeëes dans les mélanges suivants :
Alcool absolu ) ., ,
Xylül | parties égalés . . . . 3 heures.
Xvlol pur . 2 —
Xylol parafrtpé éliminé à 37° . 2 —
Paraffine à 54A changée trois foi; . , . 3 —
CORNÎL ET HAN VIER. — IV. 75
HEIN
Rubens Dm al (1) remplace les bains au xylol par Y acétone. Au sortir- de l’alcool, les pièces débitées en tranches minces sont placées directement dans un bain d’acétone pur, où elles séjournent vingt-quatre heures, em renouvelant l’acétone une fois ou deux.
De l’acétone les pièees sont portées directement à l’étuve, dans la paraffine • à 5i°, où elles peuvent séjourner trois heures avant d^être coulées dans lemoule.
On peut encore remplacer le xylol par l’essence de cèdre, qui a l’avantaged’empêcher les pièces de devenir cassantes.