ATROPHIE DES ÉLÉMENTS SÉCRÉTEURS DU REIN
L’atrophie des éléments sécréteurs du rein se voit fréquemment chez le vieillard sans qu’il y ait vraiment d’altération pathologique de ces cellules. De même qu’un certain nombre de glandes de l’organisme, le rein s’atrophie, les tubes diminuent de volume et leura cellules sont plus petites qu’à l’état normal. C’est là un exempled’atrophie dite physiologique.
Dans l’ordre pathologique, l’atrophie des éléments sécréteurs du rein se présente dans diverses circonstances. Lorsqu’un obstacle à l’excrétion urinaire provoque la dilatation progressive des systèmes tubulaires, on constate une atrophie des cellules sécrétrices. Dans d’autres cas, et ceux-ci sont d’observation courante, l’atrophie cellulaire se voit au cours des néphrites chroniques lentes, soit dans les kystes formés au sein du parenchyme rénal, soit dans les tubes qui se trouvent inclus au milieu des îlots scléreux qui sillonnent la glande.
Au cours de V hydronéphrose, les cellules de revêtement des systèmes tubulaires qui se sont laissés dilater, s’atrophient progressivement sous l’influence de la pression croissante du liquide accumulé. On voit ainsi, au niveau des tubes, les cellules diminuer de hauteur; leur bordure en brosse disparaît, le protoplasma se tasse et s’aplatit autour du noyau, la striation basale diminue de netteté. Les cellules
limitées par un bord net, prennent une apparence claire ou finement granuleuse. Les noyaux restent longtemps intacts, entourés d’une
Pie. 326. — Transformation des tubes et atrophie célltilaire dans certaines néphrites chroniques.
(Brault.)
Cette préparation a été faite sur un rein qui pesait 45 grammes. L’organe était criblé de petits s^ains de semoule transparents dont les plus gros avaient le volume d’une tête d’épingle et les plus petits n’étaient visibles qu’à la loupe ou au microscope.
A la partie inférieure de la figure, les tubes T, quoique modifiés, ont un revêtement épithélial de volume sensiblement normal. A la partie supérieure, au contraire, les tubes dilatés sont remplis par une substance coagulée, c, c, e, ayant l’apparence de cylindres. Les épithéliums sont à peine visibles, aplatis le long de la paroi basale du tube; on distingue seulement la légère saillie. formée par les noyaux autour desquels une très mince couche de protoplasma s’est condensée; — G t. Tissu conjonctif intertubulaïre épaissi.
REIN
zone étroite de protoplasma, et se colorent parfaitement ; mais dans beaucoup d’autres cas aussi ils deviennent pâles et difficiles à colorer. On assiste donc ici à une atrophie purement mécanique, la cellule comprimée perdant peu à peu tous ses caractères objectifs nettement différenciés.
Sur des reins atteints de néphrite chronique lente, on constate fréquemment de petits kystes, qui dans la grande majorité des cas sont formés aux dépens des tubes contournés. Sur les mêmes reins, il est constant d’observer aussi des tubes simplement dilatés, leur cavité étant remplie par une substance compacte, amorphe ou granuleuse. L’examen de ces figures nous permet d’étudier facilement les diverses phases de l’atrophie cellulaire des épithéliums tubulaires. Dans les tubes simplement dilatés les cellules de revêtement sont surbaissées, limitées par un rebord net, elles n’ont plus de bordure en brosse. Le protoplasma cellulaire finement granuleux reste d’apparence un peu sombre, mais les stries d’Heidenhain sont absentes. Le noyau, placé habituellement tout près du bord libre qu’il affleure, est ordinairement intact et se colore parfaitement. La forme générale de la cellule est cubique.
Dans les grandes cavités kystiques, les cellules paraissent beaucoup plus aplaties et souvent réduites à une mince couche de protoplasma clair entourant un noyau ovoïde qui surélève légèrement le bord libre de la cellule. Accolés lés uns aux autres sans ligne de démarcation, les éléments épithéliaux aplatis forment un revêtement continu, sorte de membrane d’une minceur extrême qui peut se détacher et venir flotter à l’intérieur des kystes.
Dans les placards de sclérose qui sillonnent les reins atteints de néphrite atrophique lente, on rencontre des tubes aplatis dont les éléments sont en voie d’atrophie. La paroi de ces tubes, très épaisse, fait corps avec le tissu fibreux voisin; leur cavité est plus ou moins réduite, quelquefois impossible à distinguer, les cellules qui les tapissent se touchant par leur extrémité axiale. Ces celiules sont très réduites de volume, leur protoplasma granuleux paraît tassé autour du noyau qui se distingue parfaitement. Parfois la bordure en brosse se voit encore nettement sous forme d’une ligne centrale ondulée. Mais dans d’autres tubes l’atrophie cellulaire est plus accentuée, les parois indiquées par deux lignes fibreuses presque complètement aecolées-ne laissent plus distinguer que quelques noyaux aplatis entourés d’une minee bande de protoplasma allongé.