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RÉGÉNÉRATION DES CELLULES SÉCRÉTANTES

La démonstration objective de la régénération des cellules sécrétantes est très difficile à faire et cependant elle existe sans aucun doute.

La meilleure preuve en est fournie par la rapidité avec laquelle les épithéliums touchés par un processus toxique arrivent à réparer totalement leurs lésions. Expérimentalement on sait combien il est fréquent, après l’injection d’une seule dose détoxiqué capable de léser d’une façon nette les épithéliums rénaux, de constater ces lésions presque totalement réparées dans un laps de temps relativement court.

Thorel a étudié cette question et a recherché le mode de régénération des épithéliums en intoxiquant des animaux par des doses uniques d’acide chromique. Il a vu que jusqu’au cinquième jour aucun phénomène spécial n’apparaissait; mais à partir de ce moment, il a pu constater, au sein des tubes contournés, une multiplication nucléaire très nette et la formation de nouvelles cellules qui viennent se superposer aux cellules préexistantes plus ou moins dégénérées. Au huitième jour tout travail de régénération paraît effectué.

Cornil et Toupet, au cours de l’empoisonnement expérimental par la cantharidine, ont fait de semblables constatations ; ils ont vu à partir du quatrième ou cinquième jour et jusqu’au huitième jour au sein des tubes contournés des figures de karyokinèse, soit contre la paroi, soit en plein centre du tube ; ces phénomènes se passaient d’ailleurs dans certains lobules à l’exclusion d’autres.

Chez l’homme, Golgi et Nauverke ont constaté des mitoses au cours des néphrites, Thorel pense qu’elles sont assez difficiles à voir parce que les phénomènes de régénération se font ordinairement très vile et que la substitution des éléments nouveaux aux éléments anciens est si rapide, qu’on ne peut plus distinguer les éléments jeunes et anciens.

Il va sans dire que ces faits ne peuvent s’observer que dans les cas où les lésions sont peu intenses et où surtout la cause a été transitoire.

Au cours des néphrites chroniques, il est possible de rencontrer des figures de karyokinèse et des cellules néoformées qui se distinguent des cellules préexistantes. Mais dans la plupart des cas, d’après Thorel il s’agit plutôt d’une régénération irrégulière, indiquée par la présence de noyaux bizarres et très volumineux. Friedlânder avait déjà vu des formes analogues. Kaufman, Russie ont signalé de môme des figures de mitose. Letulle et Nattan-Larrier ont décrit au sein de régions atrophiques, dans certains cas de néphrite chronique scléreuse, des tubes atteints d’hyperplasie épithéliale. Le diamètre du tube est trois ou quatre fois plus large qu’à l’état normal et sa lumière est presque entièrement comblée par de petites cellules cubiques ou polygonales, à protoplasma granuleux, à noyau central riche en chromatine, arrondi ou ovalaire. En quelques points on peut trouver des figures karyokinétiques.

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