‹ Manuel d'histologie pathologiqueChapitre 196 sur 289 · CYLINDRES HOMOGÈNES · texte numérisé non relu

CYLINDRES HOMOGÈNES

1° Cylindres hyalins. — Ils ont un aspect cylindrique, aux extrémités le plus souvent arrondies. Leur diamètre est uniforme, la lar geur variant de 5 à 40 ^ leurs bords habituellement nets, comme taillés à l’emporte-pièce, sont quelquefois craquelés et présentent des incisures, certains sont disposés en tire-bouchon. Leur longueur oscille entre 50 et 100 p., mais ils peuvent atteindre jusqu’àl millimètre.

Pâles et réfringents, ils peuvent être reconnus directement à l’examen microscopique sans aucune coloration; quand on a soin de se servir d’un éclairage très faible, des granulations ou des cristaux souvent accolés à leurs bords permettent de les repérer plus facilement, ils se détachent en gris pâle presque transparent sur le fond de la préparation. La solution de Gram leur donne une teinte jaune, l’acide osmique les colore en gris clair, le carmin en rose, la fuchsine acide diluée en rouge, le violet d’aniline en bleu.

Souvent absolument homogènes, dans beaucoup de cas ils apparaissent garnis de cellules isolées, de granulations graisseuses, de cristaux; certains, couverts de fines granulations cristallines, peuvent prendre l’aspect de cylindres granuleux; ils rentrent alors dans la catégorie des cylindres mixtes ou composés à axe hyalin.

La substance qui les forme, assez fragile et peu malléable, présente les réactions microchimiques de l’albumine ; elle se dissout aisément par l’action des acides et des alcalis; dans une urine qui devient alcaline ces cylindres sont les premiers à disparaître (Emerson).

Les cylindroïdes de Bizzozero et Rovida sont de simples filaments extrêmement minces de 1 à 2 ^ de diamètre, quelquefois plus volumineux et rubanés,' ils ont de 5 à 40 j* de diamètre. Leurs contours sont irréguliers, leur diamètre inégal; leurs extrémités, le plus souvent amincies, sont bifurquées ou ramifiées. La longueur de ces éléments peut atteindre 1 millimètre. Ils présentent souvent une striation longitudinale plus ou moins accusée, parallèle à leur grand axe; quelquefois désintégrés suivant cette striation flbrillaire et enroulés sur eux-mêmes, ils ressemblent à des [spirales de Curschmann en miniature (Emerson).

La substance qui les] forme est de même nature que celle des cylindres hyalins ; transparente et incolore, elle présente les mêmes réactions chimiques (Rovida).

Dans cette catégorie des cylindroïdes on décrit aussi les cylindres dits muqueux, Rubans de mucus très étroits, souvent enroulés sur eux-mêmes et difficiles à bien voir en raison du peu de réfringence de la substance qui les forme.

Leur diamètre varie beaucoup, mais ils sont toujours plus étroits que les cylindres hyalins. Leur forme rubannée permet de les distinguer toujours. Changeant continuellement de place dans le liquide qui les contient, ils présentent souvent, accolés â leur surface, des éléments divers tels que globules blancs, granulations graisseuses, cristaux variés.

Les réactifs colorants, acide osmique, picro-carmin, n’ont que peu d’action sur eux.

Ils ne se dissolvent pas par l’acide acétique.

2° Cylindres cireux et colloïdes. — Courts, très réfringents, homogènes, de couleur blanchâtre ou jaunâtre comme s’ils étaient formés de paraffine ou de cire, ces cylindres se rapprochent dans leurs- caractères objectifs des cylindres hyalins, mais ils sont plus réfringents, plus larges, se colorent mieux sous l’action des réactifs et ne se désagrègent pas sous l’action de l’acide acétique.

L’acide osmique les colore en brun foncé, le picro-carmin en rouge vif.

Souvent réguliers et d’une égale largeur, certains peuvent avoir une extrémité effilée et mince, une partie moyenne sinueuse et repliée sur elle-même, une autre extrémité large et régulièrement cylindrique. Fréquemment aussi leurs bords sont fissurés, craquelés, et ils présentent quelquefois une striation transversale.

Enfin leur surface extérieure est ordinairement libre et il est exceptionnel d’y voir des éléments cellulaires accolés.

En faisant agir sur ces cylindres homogènes et opaques les réactifs qui permettent d’identifier la matière amyloïde, il est quelquefois possible d’obtenir une réaction positive.

L’existence des cylindres dits amyloïdes est très discutée. Rindfleisch et AxelKey les admettent, Bizzozero les met en doute, Cornil et Brault assurent que même dans les cas de dégénérescence amyloïde du rein, jamais aucun cylindre n’a présenté cette réaction. L’un de nous a pu cependant la constater, mais, comme le fait remarquer Emerson, cette réaction est rarement très nette, limitée à quelques rares cylindres; ceux-ci ne la présentent souvent que sur une petite étendue.

Entre le groupe des cylindres hyalins et celui des cylindres cireux

REIN

colloïdes, amyloïdes, il existe un autre groupe de cylindres, les plus nombreux peut-être et les plus communs de tous, qui ont l’apparence de cylindres hyalins et forment comme une transition entre eux et les cireux et eolioïdes.

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