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CYLINDRES GRANULEUX

D’un assez fort calibre, d’un contour net assez régulièrement cylindrique, ces éléments, composés de granulations inégales réunies

Fig. 328. — Cylindres urinaires. (Brault.)

Ch, Ch, cylindres hyalins sur lesquels se sont accolées des cellules lymphatiques; — C. c, cylindres colloïdes cireux, vitreux, réfringents ; leur aspect tortueux est tout à fait caractéristique; — C g, cylindre granuleux semé de gouttelettes graisseuses. - - -

entre elles par une sorte de ciment coagulé, sont ordinairement courts et très friables.

Les granulations opaques et tassées les unes contre les autres,

quelquefois même teintées par la matière colorante du sang, donnent au cylindre une certaine réfringence qui permet de le reconnaître facilement au microscope sans l’aide de réactifs colorants.

Ce type général de cylindre, dit granuleux, fondé sur le seul aspect objectif, se subdivise lui-même en un grand nombre de variétés, suivant la taille, la colorabilité, les réactions chimiques des granulations.

Ils sont de tous les plus importants et nous pouvons dire dès maintenant, opinion unanimement acceptée, qu’ils sont constitués par les produits de désintégration des cellules épithéliales desquamées ou les débris de la dégénération de ces cellules avant leur desquamation. La forme, l’aspect, les réactions de leurs granulations ne peuvent donc être uniformes et dépendent essentiellement des modifications pathologiques des cellules dont elles dérivent et des transformations plus ou moins profondes qu’elles ont subies dans leur trajet à travers les canaux urinifères avant d’être éliminées par l’urine.

On distingue ainsi des cylindres finement granuleux ou miliaires signalés par Fittipaldi. Petits et très fins, pas toujours nettement cylindriques, ils sont constitués par des granulations albuminoïdes de dimensions moyennes, médiocrement réfringentes et qui ne paraissent pas cimentées entre elles. Ils se fragmentent facilement, aussi, se présentent-ils souvent sous la forme de petits tronçons diversement sectionnés. Us se colorent vivement par l’éosine et se dissolvent facilement par l’acide acétique; on les distinguera des pseudo-cylindres d’oxalate de chaux qui restent insolubles dans l’acide acétique, sont plus brillants et ne se laissent pas colorer; on ne les confondra pas avec les pseudo-cylindres uratiques qui se dissolvent dans la solution physiologique de chlorure de sodium, même à froid.

Les cylindres granuleux proprement dits sont formés de granulations plus opaques, assez volumineuses, qui se colorent en brun foncé par l’acide osmique; elles contiennent une substance nettement aeidophile enrobée dans un ciment de même nature; elles se teintent vivement par toutes les couleurs acides. Certaines de ces granulations sont solubles dans l’acide acétique dilué, d’autres dans les éthers.

Fixés par l’acide osmique, certains de ces cylindres montrent des granulations souvent très fines qui prennent une teinte noirâtre, mêlées aux autres granulations brunes. Le Sudan III leur donne une belle teinte rouge. Ces particules graisseuses, plus ou moins abondantes, sont fréquentes dans le cylindre granuleux qui prend l’aspect de cylindre granulo-graisseux. Beaucoup d’entre elles dérivent des cellules elles-mêmes qui ont subi la dégénérescence graisseuse; mais il

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est certain que plusieurs proviennent aussi de la désintégration in situ des matières albuminoïdes qui constituaient primitivement le cylindre (Mouriquand, Policard).

Mulon et Feuillié ont décrit, dans les cylindres granulo-graisseux, des gouttelettes quelquefois très volumineuses, réfringentes, d’aspect huileux, incolores ou teintées en jaune pâle; elles subissent peu l’action de l’acide osmique qui les teint en bistre pâle, niais elles sont colorées en rouge vif par le Sudan III et. le Scharlach. En outre, l’examen de ces granülations à la lumière polarisée montre qu’elles ont tous les caractères des gouttes de lécithine. Comme on peut trouver dans l’urine les mêmes gouttes possédant quelquefois un noyau teinté par l’hématéine, ces auteurs pensent que la lécithine peut être un produit de dégénérescence leucocytaire.

Les cylindres graisseux purs sont assez rares; on ne les voit guère que dans certaines intoxications aiguës qui s’accompagnent d’une dégénérescence graisseuse rapide et importante des épithéliums, tels les cas d’empoisonnement par le phosphore (Cornil et Brault), certains cas de malaria (Emerson). Peu larges et allongés, ils ont un vif éclat et renferment des granulations très réfringentes qui se colorent en noir par l’acide osmique, en rouge vif par le Sudan III; les granulations graisseuses sont inégales comme volume, quelques-unes très fines, d’autres volumineuses, bosselant les contours du cylindre dont les bords paraissent délicatement festonnés.

Pour la recherche des cylindres graisseux, Cohn conseille de laver le culot de centrifugation ou le sédiment déposé au bout de plusieurs heures dans le fond d’un verre à expériences, avec la solution physiologique de chlorure de sodium.

Après nouvelle centrifugation, on l’étale sur une lame et on le plonge dans une solution de formol à 10 p. 100 pendant dix minutes. On lave à l’eau et on fait agir pendant dix autres minutes une solution saturée de Sudan III dans l’alcool à 70°.

On lave ensuite à l’alcool à 70° pendant une à deux minutes, puis on colore par l’hématoxyline d’Ehrlich.

Le frottis doit être monté dans la glycérine.

CYLINDRES ÉPITHÉLIAUX

Les cylindres épithéliaux purs sont très rares, ils sont composés de cellules cubiques ou polygonales claires, transparentes, à contours

nets, à novau facilement colorable. Ces cylindres, assez longs en général, sont quelquefois pleins, mais beaucoup plus souvent creux et -ont l’apparence d’un véritable tube. En fait, les caractères des cellules qui les constituent permettent d’affirmer qu’ils proviennent de la desquamation en bloc des cellules des tubes collecteurs. Nous les avons trouvés d’une façon constante dans les urines de lapins ayant subi la ligature incomplète ou complète de la veine rénale (fig. 329).

Fig. 329. — Cylindres épithéliaux. Fixation aux vapeurs d’acide osmique. Coloration hématéine

forte, éosine. — Grossissement : 300 diamètres. (Gourcoux.)

Cylindres rencontrés dans l’urine d’un lapin chez lequel on avait provoqué une gêne de la circulation veineuse du rein gauche en appliquant une soie plate sur la veine rénale uniquement pour en diminuer un peu le calibre sans empêcher complètement la circulation. La forme des cellules, polygonales ou cubiques, à protoplasma clair, à contour très net, permet d’assurer qu’elles proviennent des tubes droits et qu’il y a eu sous l’influence de la stase brusque provoquée par la gêne de la circulation veineuse, tiné véritable desquamation traumatique de l'épithélium des tubes collecteurs.

Ces cylindres nê se rencontrent qu’exceptionnellement chez l’homme, et si on élimine de cette classe les cylindres leucocytaires, les cylindres épithéliaux que l’on trouve ordinairement sont des cylindres composés d’un axe hyalin ou granuleux sür lequel sont accolés des éléments cubiques ou polygonaux dont le protoplasma, souvent dégénéré, forme une masse homogène ou grossièrement granuleuse. Ces cellules proviennent, elles aussi, des tubes collecteurs; celles des

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tubes contournés ne pouvant franchir l’anse de Henle de calibre^ normal, ne se voient jamais dans les sédiments urinaires. Ce fait este, unanimement accepté et actuellement personne ne met en doute la» réalité de cette assertion.

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