‹ Manuel d'histologie pathologiqueChapitre 210 sur 289 · II. — NÉPHRITES AIGUËS PASSAGÈRES · texte numérisé non relu

II. — NÉPHRITES AIGUËS PASSAGÈRES

I. Les néphrites aiguës passagères se reproduisent expérimentalement avec tous les toxiques que nous avons déjà signalés; , c’est une question de dose calculée pour chaque animal.

On constate alors des lésions dont le caractère parcellaire régional est assez indiqué, quoique cependant le poison ayant agi d’une manière moins brusque et souvent plus lente, répartisse son action d’une façon plus générale. La systématisation des lésions est moins évidente aussi.

Macroscopiquement, les reins sont toujours un peu tendus, en état d’hyperémie, aspect banal qui indique la vaso-dilatation plus ou moins marquée qui accompagne tout processus réactionnel.

A l’examen histologique, cette congestion, assez variable d’ailleurs, se constate au niveau des glomérules, des capillaires intertubulaires, des vaisseaux de la pyramide. Les glomérules, dans la néphrite cantharidienne légère, ne présentent d’altérations vraiment appréciables que

REIN

si on a laissé Fanimal -vivre plusieurs jours. — Anses glomérulaires dilatées, contenant souvent quelques amas leucocytaires. Légère tuméfaction des cellules endothéliales dont quelques-unes peuvent desquamer. Parfois aussi, accumulation discrète de leucocytes autour des vaisseaux du pédicule artériel. — Lyon a constaté des altérations à peu près équivalentes dans la néphrite toxique diphtérique.

Le plus souvent, en dehors de ces cas, les glomérules paraissent tout à fait indemnes, mise à part bien entendu la dilatation congestive des anses capillaires, qui est loin d'être la règle.

Les lésions tubulaires paraissent plus évidentes et s'observent avec plus ou moins d’intensité dans tous les faits, quel que soit le toxique employé; elles s’accompagnent habituellement de la formation de cylindres granuleux, on peut même parfois observer une exsudation légère de globules rouges. Le tissu interstitiel peut réagir en ce sens qu’on voit souvent apparaître en des points limités autour des capillaires intertubulaires, sous la capsule ou contre les glomérules, des Iraînées leucocytaires accumulées en petits amas -discrets, petites cellules mononndéées qui peuvent aussi bien avoir été déversées comme suite de la dilatation des vaisseaux ou nées sur place par prolifération du tissu con j onclif irri té. Cette réaction n’a rien de spécifique, on peut lavoir aussi bien se produire avec la eantharidine que par le mercure; elle est l’indice d’une irritation locale qui a pu &e mettre on valeur et n’a pas été annihilée par l’action sidérante d’un toxique violent. Est-il besoin de revenir sur ce fait déjà amplement démontré que, dans ces eas pas plus que dans les néphrites suraiguës, nous n’avons constaté les altérations purement interstitielles que certains auteurs ont décrites dans les néphrites humaines.

Ea résumé, ces lésions expérimentales sont essentieUement diffuses, et en admettant que pour certains cas l’atteinte glomérulaire ait été la lésion princeps, elle ne reste pas limitée en ces points, et dans nombre d’autres, les plus nombreux certainement, elle paraît faire défaut.

Un dernier point d’une grosse importance mérite d’être signalé, c’est la rapidité avec laquelle les lésions se réparent. Tous les expérimentateurs ont insisté à juste titre sur ce fait, Tborel principalement en a montré les preuves .histologiques, et.il est de constatation banale, si on laisse survivre un animal auquel on a provoqué une néphrite légère, dûment constatée par les troubles sécrétoires, de voir combien vite s’opère la restitutio ad integrum.

Page 1