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II. Les néphrites aiguës passagères par poisons exogènes, ne

DES NÉPHRITES

peuvent guère s’observer chez l’homme; lê propre de ces lésions est précisément leur caractère passager et, à moins d’une complication imprévue qui pourrait occasionner la mort, leur étude ne peut être poursuivie qu’assez rarement.

Les descriptions anatomo-pathologiques des néphrites passagères ont été fondées uniquement sur les constatations faites aux autopsies 4e sujets morts dans les premières périodes des maladies infectieuses. L’atteinte rénale paraissait peu accentuée cliniquement et comparable aux cas dans lesquels la maladie évoluant d’une façon favorable on assiste, après une phase plus ou moins longue, à la rétrocession complète des troubles rénaux.

Les lésions macroscopiques décrites dans ces cas sont éminemment variables, et si parfois des formes caractéristiques se présentent plus •fréquemment dans certaines affections, l’observation courante prouve qu’il n’y a là rien d’absolu, des aspects divers pouvant se présenter dans la même maladie. Les reins sont habituellement augmentés de -volume, lisses, pesants, pâles ou congestionnés ou de teinte intermédiaire.

Les altérations histologiques sont classées sous trois formes un peu schématiques, suivant certaines prédominances, et dans la majorité des cas ces aspects se confondent bien souvent.

On décrit ainsi les néphrites congestive s, les néphrites avec prédominance des phénomènes de diapédèse, les néphrites dégénératives.

a) Les néphrites congestives sont caractérisées par une vaso-dilatation plus ou moins marquée des vaisseaux et capillaires du rein, très variable d’ailleurs suivant les lobules examinés. Certains glomérules présentent en totalité ou en partie leurs anses distendues par le sang. Parfois môme, des capillaires se rompent et le sang s’épanche entre la capsule et le bouquet vasculaire, gagnant aussi le tube contourné sous-jacent. Les capillaires intertubulaires plus ou moins dilatés, suivant l’intensité du processus congestif, peuvent aussi se rompre et il -se forme dans le tissu interstitiel 4e petits foyers hémorragiques, ordinairement très limités, soit -dans la médullaire, soit dans la corticale. Les cellules sécrétrices sont plus ou moins lésées, mais habituellement les altérations restent minimes, — état granuleux du protoplasma et légère transsudation de granulations protoplasmiques dans la eavité tubulaire ; — ces cellules sont parfois infiltrées de petites particules jaune brunâtre, résidu probable de la destruction des globules rouges. -La lumière des tubes contient un exsudât muqueux ou réticulé.

REIN

emprisonnant des débris ^granuleux,. des globules rouges et des cellules lymphatiques exsudées.

b) Les NÉPHRITES AVEC PRÉDOMINANCE DES PHÉNOMÈNES DE DIAPÉDÈSE appartiennent plutôt aux reins qui se présentent avec un aspect un peu pâle, œdémateux ou marbré dé taches blanchâtres qui tranchent sur le reste de l’organe.

A l’examen histologique, l’infiltration leucocvtique paraît prédominante, les cellules lymphatiques étant réunies sous forme d’amas nodulaires ou infiltrées entre les tubes sur une grande longueur. Au niveau des glomérules, les anses vasculaires peuvent être en partie remplies et plus souvent écartées par des amas leucocytaires, la cavité endocapsulaire restant habituellement libre. A la périphérie de la capsule de Bowman, on trouve les mêmes éléments disposés sur une ou plusieurs rangées, pressés contre la capsule et dissociant légèrement les tubes à une certaine distance.

Ailleurs, il existe comme un manchon autour de l’artère afférente du glomérule.

Cette variété de néphrite, dite lymphomateuse (Wagner), fut considérée pendant une longue période comme le type de la néphrite aiguë (Traube, Klebs et Kelsch). Biermer, Wagner, Coats, Hortolès la décrivent dans les premières phases de la néphrite scarlatineuse et, plus récemment, Councilman en fait une variété spéciale dite néphrite interstitielle aiguë.

Lorsque les infiltrations leucocytiques ont atteint un certain degré, il est fréquent de voir apparaître de petits abcès à la surface du rein; dans beaucoup de cas, par conséquent, ces phénomènes de diapédèse ne paraissent être que le début, le point de départ de réactions pyor géniques.

Les altérations des cellules épithéliales des tubes sécréteurs regardées comme accessoires ne font jamais défaut.

c) Les néphrites dites dégénératives, telles qu’on les envisageait dans les descriptions classiques, ne ressortissent pas au groupe des néphrites dites passagères; les lésions constatées pouvant aller jusqu’à lâ nécrose de coagulation indiquent, comme nous l’avons vu, qu’elles appartiennent aux groupes des néphrites suraiguës.

Est-il besoin alors de décrire un type à part dans lequel les lésions épithéliales semblent prédominantes?

Ces lésions, nous le savons, existent toujours associées, suivant un degré très variable, aux phénomènes congestifs ou diapédétiques;

DES NÉPHRITES

mais si, dans certains cas, ceux-ci sont absents ou très atténués, elles restent seules alors comme preuve de l’action nocive subie par le rein.

D’ailleurs, il est bien rare de voir des types nettement tranchés; ils se trouvent bien souvent combinés sur un même rein, et les aspects diffèrent presque toujours suivant les points du parenchyme que l’on observe.

Ajoutons que toutes ces variétés de néphrites ont un caractère commun, c’est l’ intégrité relative du glomérule. Les altérations congestives paraissent purement mécaniques et se réparent vite, les phénomènes de diapédèse indiquent un processus jfius irritatif ; mais, même dans ces cas, on ne constate pas de réactions vraies des cellules endothéliales. Nous avons vu dans les néphrites suraiguës combien ces lésions étaient difficiles à apprécier, et, sans vouloir préjuger les désordres que nous indique l’exploration fonctionnelle du rein, nous pouvons dire que nos moyens actuels d’investigation ne nous permettent pas de trouver toujours la signature anatomique des troubles constatés dans ces néphrites légères, troubles d’ailleurs peu marqués ordinairement; et il semble que les altérations glomérulaires, pour être bien mises en évidence, nécessitent l’intervention d’une action nocive plus intense ou de plus longue durée.

Bien qu’on rencontre plus fréquemment certaines formes de ces néphrites prédominantes dans telle ou telle infection, il est impossible de tenter une classification rigoureuse en types tranchés, suivant les causes étiologiques établies. Il est certain que, dans la pneumonie, on voit plus fréquemment la forme congestive, mais elle existe aussi dans la néphrite précoce de la scarlatine, de la variole, de la fièvre typhoïde, de la diphtérie. De même, la forme diapédétique, décrite surtout dans la scarlatine, l’érvsipèle, peut se présenter dans la variole, la fièvre typhoïde, etc., et la forme dégénérative appartient indistinctement à toutes ces infections. C’est qu’en effet il ne paraît pas que ces diverses maladies agissent sur le rein, au début de leurs manifestations, d’une manière réellement élective. Le rein est lésé au même titre que les autres organes, avec plus de fréquence peut-être, étant donné son rôle d’émonctoire, mais les réactions qu’il présente existent au même titre que celles que l’on peut constater dans le poumon, le foie, etc. La néphrite congestive correspond ainsi à un processus souvent général, tel qu’on le trouve à la période aiguë de maladies infectieuses.

Dans d’autres circonstances, un malade meurt dans les premières périodes d’une maladie infectieuse, scarlatine, typhoïde, etc., du fait

de complications graves caractérisant un état septicémique. Aux phénomènes de congestion plus ou moins marquée et aux lésions dégénér ratives variables qui frappent les épithéliums s’adjoint une infiltration cellulaire qui, nous Lavons dit, n’est bien souvent que le début de la formation de petits abcès, te rein présente ici les lésions banales d’une infection septicémique, conditionnées par l’allure et la gravité de cette infection, mais il n’y a rien là qui appartienne en propre à une maladie plutôt qu’à une autre.

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