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NÉPHRITE GOUTTEUSE

La néphrite goutteuse représente aussi un type bien spécial de néphrite atrophique lente.

Le rein, souvent très réduit de volume, entouré d’une atmosphère

eellulo-adipeûse épaisse, est granuleux, d’aspect inégal, semé de kystes ordinairement microscopiques.

La capsule épaissie est plus ou moins adhérente, résistant à la coupe; la substance corticale est atrophiée, irrégulière, d’une teinte rougeâtre un peu bigarrée, maculée de taches jaunâtres.

Les pyramides ont un aspect caractéristique. Alternant avec des stries foncées (vaisseaux dilatés), on voit dans les cas typiques, ce qui ne constitue pas la règle d’ailleurs, de fines traînées blanchâtres qui, partant de la papille vont rayonner vers la corticale (amas uratiques). Le bassinet ordinairement dilaté présente sa muqueuse épaissie et rouge; il est ordinairement doublé d’une couche adipeuse fort adhérente.

L’examen histologique montre dans l’ensemble les lésions que nous avons étudiées en détail dans le rein saturnin. Sclérose irrégulière sans aucune systématisation, plus ou moins importante suivant les cas et en rapport avec le degré d’atrophie de l’organe. Morcellement progressif du parenchyme, surtout marqué dans la substance-corticale.

Atrophie glomérulaire et tubulaire, nappes de tissu conjonctif infiltrées de nodules et de traînées leueocytiques, dilatation capillaire, etc.

Les vaisseaux participent plus ou moins à ces réactions scléreuses, mais pas plus dans ces faits que dans le rein saturnin, on ne peut affirmer qu’ils sont toujours et uniformément lésés.

Les autres portions du parenchyme comprises entre les zones scléreuses ne présentent pas .de caractères nettement spéciaux que nous ne connaissions déjà.

L’intérêt du rein goutteux réside surtout dans la présence au sein de son parenchyme de l’acide urique, tantôt sous forme de cristaux; ou de concrétions, indice de gravelle, tantôt sous l’apparence de dépôts uratiques, infarctus d’urate de soude qui sont la lésion propre de la goutte.

On distingue ainsi anatomiquement le rein graveleux que Rayer, avait décrit comme type de rein goutteux, dans lequel on trouve l’acide urique libre sous forme de paillettes d’un jaune doré ou de sable brunâtre ou de petites concrétions mûriformes. Cristaux, sable ou concrétions se voiqnt surtout dans les tubes droits dont ils peuvent encombrer la lumière, au niveau des calices, du bassinet, ici ils peuvent constituer de gros calculs. Assez fréquemment aussi, on peut -en rencontrer dans les tubes contournés et même sous la capsule.

Dans le vrai rein goutteux, les dépôts d’urale de soude manquent

DES NÉPHRITES

•complètement dans la substance corticale ; ils ne se voient que dans la région des pyramides. Ces concrétions uraliques, dans une observation de Rendu et dans un cas de Brissaud et Brécy, se présentaient ■sous trois aspects principaux : 1° fines aiguilles cristallines développées autour d’un centre commun et divergeant comme les rayons d’une roue; 2° aiguilles plus volumineuses formant des bâtonnets allongés prismatiques et transparents, disposés soit en éventail, soit isolés ou accolés par petits groupes; 3° boules noirâtres et opaques constituées par un feutrage de cristaux aciculaires très fins,

Pour Castelnau qui, le premier, en indiqua la localisation, ces con- ■crétions sont uniquement localisées dans l’intérieur des tubes droits, opinion partagée par Todd, Virchow, Lancereaux et Wagner. Garrod, Dickinson, Rendu sont d’avis opposé et pensent que le dépôt des tophus se produit dans la trame conjonctive interlobulaire.

Charcot, Cornil et Ranvier admettent une opinion mixte. Brissaud •et Brécv ont montré que, s’il y avait souvent des houppes fines de •cristaux jetées au hasard et recouvrant indifféremment les tubes et les espaces intertubulaires de la pyramide comme des aiguilles enfoncées dans la papille, de même que de vrais tophus placés dans une cavité •creusée en plein tissu conjonctif, bien souvent par contre, le centre de précipitation des cristallisations et des dépôts paraissait être l’axe même •des tubes droits. Ils ont vu ainsi des cristaux allongés divergeant •comme une gerbe d’un tube dilaté et empiétant sur les tissus voisins en s’y étalant. .Dans d’autres points, il existait des cristaux inclus dans des tubes élargis dont l’épithélium était détaché, quelquefois enfin les tubes au centre desquels se voyaient ces cristaux étaient disloqués ou distendus en forme de kystes.

Ajoutons qu’Ebstein a décrit dans le rein des goutteux, des ulcérations qui dans un cas avaient presque détruit les papilles et qui, pour cet auteur, seraient liées à une véritable nécrose, produite par la précipitation des u rates neutres.

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