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NÉPHRITE CHRONIQUE PALUDÉENNE

Le paludisme nous permet aussi de décrire une variété de néphrite atrophique lente à étiologie très précise. Une observation de Kelsch et Kiener, particulièrement démonstrative, nous en donnera les caracrères. Chez un homme âgé de vingt-trois ans atteint de paludisme depuis quatre nns, on trouva les reins extraordinairement atrophiés

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le rein droit du volume d’une figue pesait 25 grammes, le rein gauche pesait 55 grammes. La capsule épaissie et fortement adhérente était soulevée par une série de granulations ne dépassant pas la taille d’un grain de mil.

La consistance des reins était dure et fibreuse,

A la coupe, la corticale à droite mesurait 1 millimètre d’épaisseur et 2 millimètres à gauche; constituée par un tissu dense de couleur rosée, elle était semée de granulations jaunâtres; on y voyait aussi deux ou trois petits kystes remplis d’un liquide sirupeux et rougeâtre.

Les pyramides étaient raccourcies, décolorées, striées de filets jaunâtres.

Les bassinets paraissaient dilatés, ils étaient doublés extérieurement d’une épaisse couche de tissu adipeux.

L’examen histologique de ce cas, de même que celui des autres observations recueillies par Kelsch et Kiener, montre une sclérose très accentuée dont les bandes irrégulières et plus ou moins larges encerclent des granulations. Mais la disposition du tissu fibreux, les altérations des glomérules et des tubes qu’on y distingue encore, l’état des vaisseaux, la structure histologique des formations kystiques et des granulations ont des points de similitude très grande avec les aspects constatés dans la néphrite saturnine ou goutteuse.

Nous n’avons pas épuisé la série des causes génératrices de la néphrite atrophique; celles que nous pouvons envisager maintenant sont moins connues, car leur influence s’est manifestée à une époque très reculée et d’une manière' transitoire, dans un sens tout différent des maladies lentes qui détruisent et morcellent le rein. Mais ces causes gardent cependant un rôle étiologique manifeste, parce qu’on les retrouve à la base des premières lésions graves du rein et qu’ainsi elles l’ont désorganisé et rendu vulnérable aux atteintes ultérieures.

La scarlatine est incriminée à juste titre comme pouvant provoquer des atrophies extrêmement accusées du rein.

Les observations de Bright, de Cadet de Gassicourt, de Picot et d’Espine, de Rendu, de Winderhofer, celles de Potain, de Lecorehé et Talamon, de Faitout, dé Castaigne, Poulain, Heubner, Marchand, Brault, etc., viennent confirmer cette opinion.

Bans la première des observations relatées par Brault, le poids des reins était de 97 et 95 grammes; dans la seconde de 90 et 80 grammes.

DES NÉPHRITES

Nous trouvons de même les poids de 100 et 110 grammes dans un cas de Faitout; de 75 et 95 grammes dans celui rapporte par Castaigne; de 45 grammes pour chaque rein dans une observation de Poulain.

La néphrite gravidique peut se prolonger et aboutir à une atrophie véritable. Gaucher et Sergent, à la suite des cas de néphrite subaiguë qu’ils ont relatés, citent l’observation d’une primipare de quarante-sept ans qui présentait au moment de sa grossesse ■une albuminurie forte ayant persisté et entraîné la mort en un an avec accidents néphritiques graves.

A l’autopsie, les reins atrophiés pesaient 55 et GO grammes, leur surface irrégulière déformée était bosselée de granulations volumineuses entre lesquelles existaient des sillons, il existait en outre de nombreux kystes à la surface du rein. La capsule extrêmement adhérente ne pouvait être décortiquée, et à la coupe la corticale était très atrophiée.

Brault a rapporté deux cas analogues. Dans le premier il s’agit d’une femme de trente-huit ans qui avait eu une variole assez sérieuse à l’âge de huit ans, puis plus tard six grossesses sans éclampsie, mais à chacune des grossesses l’albuminurie fut constatée. Cette femme mourut avec des troubles urémiques, albuminurie forte et bruit de galop. Les deux reins gris rougeâtres et granuleux pesaient chacun 70 grammes.

Le second cas concerne une femme de vingt-quatre ans qui avait eu à dix-huit ans et demi une grossesse avec albuminurie et crises d’éclampsie. Elle succomba six ans après sans que jamais l’albuminurie et les signes dé néphrite aient disparu; à l’autopsie les reins pesaient 85 et 75 grammes.

La diphtérie a été incriminée dans le déterminisme des néphrites atrophiques, les observations de Labadie-Lagrave, Lecorché et Talamon, Brodier en font foi.

La preuve nous en est fournie par l’expérimentation. Hallion et Enriquez ont constaté chez un singe, dix mois après des injections sous-cutanées de toxine diphtérique, une atrophie avec induration très accentuée du rein.

La fièvre typhoïde de même est assez fréquemment citée dans l’étiologie de la néphrite chronique atrophique. Lecorché et Talamon relèvent ainsi le fait assez démonstratif d’une femme qui, atteinte de néphrite comme complication d’une fièvre typhoïde, mourut cinq ans après de péricardite. Les reins pesaient 95 et 415 grammes. La capsule était légèrement adhérente, entraînant avec elle des parcelles

REIN

du tissu rénal. La coloration générale était gris blanchâtre, la surface finement granuleuse semée de petits grains jaunes, gros comme destêtes d’épingle. Il n’y avait pas de kystes. La consistance était ferme à la coupe ; la corticale d’un blanc grisâtre, striée de vaisseaux violaeés. était manifestement en voie d’atroptiie.

Dans tous ces faits, l’aspect macroscopique du rein peut présenterquelques différences. Celles sur lesquelles on s’est peut-être le plus appuyé pour chercher à décrire diverses classes de néphrite chronique, sont les variétés de colorations que l’on constate. Or, si le petit rein, rouge granuleux correspond à un type macroscopique un peu à part qu’on peut considérer comme surtout fréquent et en quelque sortecaractéristique de la néphrite saturnine ou de la goutte, le petit rein blanc granuleux n’en est pas tellement éloigné au point de vue de la répartition des lésions. Ici, les épithéliums présentent des altérations dégénératives plus accentuées, mais les réactions conjonctives paraissent équivalentes. Si bien qu’il est illusoire de chercher par cesseuls caractères à établir une distinction fondamentale entre les formes longtemps décrites d’atrophie secondaire correspondant au» petit rein blanc, et d’atrophie primitive représentée parle petit rein rouge contracté. D’ailleurs, ce dernier type n’est pas exclusif, la teinte rouge ou rosée qui en constitue le fond, pouvant être mêlée de zones gris jaunâtre ou gris blanchâtre,, etc.

L’examen histologique de ces diverses néphrites chroniques nous offre sur un fond commun, qui est le morcellement et la destruction* progressive de la glande, des altérations qui varient d’après les affections plus ou moins nocives qui se sont surajoutées dans les dernières périodes de la vie.

On peut constater ainsi l’effet de poussées congestives, assez violentes pour provoquer non seulement dés distensions assez marquées des glomérules qui fonctionnent encore, mais produire en outre des hémorragies glomérulaires et intratubulaires (frg. 344).

Dans d’autres cas les épithéliums sécréteurs sont frappés d’un processus nécrotique qui rappelle la nécrose de coagulation de Weigert,. ainsi que Letulle et Nattan-Larrier l’ont remarqué dans quelques faits. Ces processus aigus intercurrents qui viennent en quelque sorte donner le dernier choc au rein et le frapper d’insuffisance soudaine peuvent se manifester comme dans un cas de Ménétrier et Bloch par une desquamation épithéliale intense accompagnée de congestion.

DES NÉPHRITES

vasculaire et d’infiltration lymphocytique, à tel point que les tubes sécréteurs et excréteurs apparaissaient comme obstrués par des débris et des exsudats de différentes sortes.

Il est des faits, par contre, dans lesquels on peut observer une hyper-

Pie. 344. — Poussée congestive aiguë dans une néphrite chronique. — Grossissement : 120 diamètres.

Au-dessous de la capsule épaissie on voit une portion assez bien délimitée du parenchyme rénal composée de glomérules à peu près normaux, mais fortement congestionnés, et de tubes qui, eux aussi, paraissent sains. Cette zone est entourée d’un placard scléreux dans lequel les éléments du rein sont à des degrés divers d’atrophie. On remarquera ainsi à la partie inférieure de la coupe, un glomérule complètement opaque. Mais ce qui domine, c’est la dilatation vasculaire extrême marquée par ces traînées rouges.

plasie très nette des certains épithéliums dont l’hypergenèse arrive en certains points à remplir presque entièrement la cavité des tubes sécréteurs (Letulle et Nattan-Larrier).

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