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CHAPITRE VJ

SYPHILIS RÉNALE

. , Les rapports Uïlisseiit les affections du rein avec la syphilis ont -ete méconnus pendant longtemps. Wells et Blackall avaient émis „ opinion que l’albuminurie observée chez les syphilitiques était la conséquence du traitement mercuriel qu’on leur imposait. Christison,Gregory incriminaient le surmenage, le froid, etc. Rayer réfuta ces opinions le premier affirma dune façon catégorique que la syphilis à elle seule pouvait provoquer des altérations rénales; et si quelques auteurs uni dans la suite cherché encore à faire jouer un rôle prépondérant à élimination mercurielle chez les syphilitiques traités, actuellement ^tte question ne prête plus à discussion : les lésions de la néphrite éypMns16116 86 Séparent très nettement de celles que provoque la

Concurremment aux études cliniques, Virchow, A. Beer fournissaient les premiers documents anatomo-pathologiques en décrivant les gommes du rein. Puis Beer, complétant ces constatations, isola certains types de néphrite syphilitique - parenchymateuse pure; interstitielle -avec taches médullaires circonscrites et pâles ; rein gras syphilitique qu il considérait comme caractéristique (néphrite diffuse interstitielle avec amylose et amas graisseux) - Lancereaux décrivait en même temps la nephnte interstitielle hypertrophique, les gommes, les cicatrices renales appelées aussi reins cicatriciels.

Ces etudes ont été reprises par divers auteurs. Les lésions gommeuses urent tout d'abord recherchées et analysées par Thungel. Virchow, Wagner, Corail, Lancereaux, Barde, Axel Key etc

En Allemagne, Spiess puis Wagner fournissent d'importantes sta-

SYPHILIS RÉNALE

distiques sur les lésions rénales trouvées aux autopsies des syphilitiques. Ainsi se trouve confirmée l’origine spécifique des néphrites chroniques dites interstitielles décrites par Virchow, Beer, Lancereaux, de même que celle des atrophies partielles unilatérales signalées par Wagner et Axel Key.

On établit de même la fréquencè de la dégénérescence amyloïde prédominante ou plus ou moins associée à des altérations chroniques -des reins. Sa coexistence avec des lésions nettement spécifiques, sa présence simultanée dans le foie et dans le rein (Brault), établissent •nettement l’importance de la syphilis dans son déterminisme.

Toutes ces descriptions *et classifications ont trait surtout à la .-syphilis tertiaire ; les manifestations rénales de la syphilis secondaire, moins étudiées à cette époque, sont aujourd’hui d’actualité, on n’en .peut méconnaître la nature.

P^rroud dès 1867 avait décrit la néphrite syphilitique précoce ; -des observations de Guilleton, Drvsdale, Descouts, Negel, etc., l’établirent au point de vue elinique, puis vinrent les constatations histologiques de Brault, Darier, Étienne, Dieulafoy et nombre d’autres sur lesquels nous aurons à revenir ultérieurement. La preuve bactériologique qui manquait vient d’en être donnée, il ya quelques mois, dans un fait jusqu’ici unique rapporté par Le Play et Sézary, où ces auteurs purent constater la présence du tréponème de Schaudinn dans les épithéliums dégénérés et les tubes, d’un rein atteint de néphrite aiguë -secondaire.

Enfin, l’histoire de la syphilis rénale se complète par les observations maintenant nombreuses qui établissent les manifestations “variables sur le rein de la syphilis héréditaire précoce et tardive.

On trouvera un historique très détaillé de tous ces faits dans le -chapitre: Syphilis du rein de Balzer ( Traité de la Syphilis de Fournier), qui résume et expose complètement tous les travaux parus; nous n’avons eu qu’à y joindre les faits les plus récents.

Nous décrirons ainsi les altérations rénales aux diverses périodes de l’infection syphilitique, gardant pour la commodité de la description les divisions habituelles.

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