EXTENSION ET GÉNÉRALISATION DE L’ÉPITHÉLIOMA
L’extension de proche en 'proche ou l’infection à distance sont rarement précoces. Par contre, dans les dernières périodes, la généralisation loin du foyer primitif, surtout par voie sanguine ou lymphatique,, est plus fréquemment observée. En additionnant les chiffres fournis par Roberts, Dickinson, Bohrer, Lachmann, Guillet, on arrive à la con- clusion donnée par Ebstein, que la généralisation se fait dans un peu plus de la moitié des cas. La statistique de iKüster, qui porte sur 261 cas, :donne un chiffre beaucoup plus élevé, puisqu’il trouve dans 204 cas des métastases variées intéressant surtout le poumon (fig.365),. le foie, le rein du côté opposé, etc.
a) La propagation par contiguïté , en dehors de la capsule, est considérée comme relativement rare; nous avons dit précédemment que l’épithélioma avait une tendance nette à rester longtemps intra-rénal, toutefois, ainsi que le remarque Lecène, comme il existe de larges anastomoses lymphatiques entre le reinet sa capsule adipeuse, il est nécessaire de considérer cette capsule adipeuse comme toujours infeetée dans les cas de cancer, d’où l’obligation pour le chirurgien de l’enlever le plus largement possible (Israël).
Lorsque la tumeur déborde la capsule fibreuse, elle vient envahir les organes voisins, capsules surrénales, foie, vertèbres, intestin, rate,, péritoine. Nous avons observé ainsi une périnéphrite cancéreuse dans un cas de squirrhe du rein ayant envahi le psoas et érodé la colonne vertébrale (Brault;. Dans un cas de G. Faroy, un volumineux épithélioma du rein droit avait fusionné avec le foie de telle sorte qu’il n’existait plus qu’une énorme masse occupant l’hypocondre droit.
ÉPITHÉLIOMA
Au niveau du hile, l’envahissement progressif des voies d’excrétinn est assez fréquent, des prolongements cancéreux venant faire saillie au niveau des calices dans le bassinet et pouvant s’engager dans l’uretère. L’obstruction de l’uretère peut aussi provoquer une bydronéphrosé (Albarran, Hildebrandt).
Un épilhélioma secondaire de la vessie peut se développer par
Fig. 365. — Épilhélioma du rein à cellules sombres. — Grossissement de 130 diamètres. (Brault.)
Tumeur secondaire développée dans le poumon. l.es cavités sont assez irrégulières de contour, séparées les unes des autres par un stroma conjonctif formé de travées alternativement renflées et amincies, t, t. Ces cavités sont subdivisées par des franges en deux ou trois loges secondaires.
La tumeur primitive du rein présentait au même ^grossissement une disposition identique. Avec un grossissement plus fort, les cellules présentaient la même conrormation que celles représentées figure 371.
greffe de cellules cancéreuses issues de la tumeur primitive (Pasteau).
Très importants sont les rapports que la tumeur affecte avec les vaisseaux, rapports qui nous expliquent la voie suivie par la généralisation cancéreuse. .Mais il est des cas où la tumeur, au lieu d’envahir les vaisseaux, peut simplement les comprimer; de simples caillots fibrineux occupent la veine rénale et se prolongent dans la veine cave
REIN
au-dessus et au-dessous de la veine émulgente, à une distance très variable suivant les cas (Lépine, Quénu), l’oreillette a pu être envahie (Fortherby).
b) La propagation et généralisation par voie veineuse est très fréquente; les artères résistent presque toujours. Habituellement constaté aux périodes avancées, l’envahissement veineux peut s’observer assez tôt quand l’épilhélioma du rein prend son origine dans une région rapprochée du hile. Dans un fait que Brault a observé, le cancer avait à peine le volume d’une grosse noix, et la veine rénale était soulevée par des bourgeons cancéreux dont les uns avaient déjà perforé la paroi. De la veine rénale, les bourgeons peuvent pénétrer dans la veine cave (Rayer, Labjulbène, Turner, Morris), et s’ils présentent une résistance suffisante, remonter ainsi sans se rompre jusqu’à 1 oreillette qu’ils remplissent en partie (Coyne et Troisier, Osler, Pilliet).
Il est probable que, dans certains cas, des perforations du tronc principal et des infiltrations des branches d’origine restent parfois inaperçues. Il est possible aussi que le transport des embolies-cancéreuses se fasse par les veines de la capsule et les anastomoses du système exorénal étudié par Lejars et Tuffier.
c) La voie lymphatique joue un rôle assez important, cependant les ganglions lymphatiques paraissent atteints moins fréquemment que les veines, mais dans les autopsies, il est exceptionnel de voir les ganglions lombaires prévertébraux, médiastinaux envahis jusqu’à la partie supérieure du cou. Le sens du courant lymphatique permet de comprendre pourquoi le cancer du rein s’étend très rarement aux organes génito-urinaires, tandis que le cancer de ces derniers envahit fréquemment le rein (Guillet).
Des métastases rétrogrades lymphatiques (Recklinghausen) ou veineuses (Sutten) ont cependant été observées.
Les noyaux cancéreux à distance n’échappent pas à la loi qui régit le développement des épithéliomas secondaires dans les organes où ils sont transportés. Les épithéliums des colonies nouvelles gardent le type cellulaire de la tumeur primitive.