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TUBERCULOSE DE L’URÈTHRE

Elle est rare dans l’urèthre antérieur, commune dans l’urèthre postérieur où elle acompagne habituellenmnt la tuberculose prostatique et vésicale.

a) Tuberculose de l’urèthre antérieur. — Méconnue cliniquement ou négligée à l’autopsie, on la trouve cependant une fois sur douze cas de tuberculose génito-urinaire ayant entraîné la mort (Hallé et Motz).

Les lésions, qui débutent' à la surface du chorion muqueux, peuvent, dans leur marche progressive, envahir toute la paroi uréthrale, gaine érectile et enveloppe fibreuse; et même les tissus périuréthraux jusqu’à la peau.

Granulations sous-épithéliales, ulcérations tÿpi lues de la muqueuse ne présentent ici aucun caractère particulier. Souvent l’aspect histologique de l’ulcération est fruste : la néoformation tuberculeuse centrale est éliminée; te fond de l’ulcère est formé par une couche avasculaire d’éléments indistincts, mal eolorables, fusionnés, avec des amas vitro-caséeux reposantsur une couche d’infiltration lymphocylique confluente. C’est en dehors de cette zone limitante qu’on retrouve parfois quelques follicules tuberculeux typiques à cellules géantes.

URÈTHRE

L’infï (.ration caséeuse massive, f jrme fréquente et générale de la tuberculose urinaire, ne manque pas dans l’urèihre; la muqueuse uréthrale est transformée, sur une plus ou moins grande étendue, en une couche caséeuse continue, nécrosée, en voie d'élimination, où ne se distingue aucune formation tuberculeuse nette.

Au-dessous des ulcères tuberculeux, le corps spongieux est, le plus souvent, atteint de sclérose simple. Dans d’autres cas il est envahi sécondairement, ainsi que son enveloppe fibreuse : on y rencontré des follicules typiques dans les trabécules, avec oblitération des aréoles voisines. Dans l’enveloppe fibreuse les follicules sont parfois disposés en séries linéaires qui indiquent la propagation de l’infection par les voies lymphatiques.

Les glandes uréthrales sont un siège fréquent de lésions tuberculeuses : périadénite lymphocytique avec desquamation épithéliale; tuberculose folliculaire périacineuse disséminée; caséification massive des acini, sont les trois stades de la lésion glandulaire, qui joue un rôle actif dans la pénétration des lésions et sa diffusion aux tissus périuréthraux. La tuberculose du lobule accessoire, intrabulbaire, de la glande de Cooper, sous sa forme massive, peut simuler le rétrécissement.

Les glandes de Littré, de la région membraneuse, sont souvent le point de départ de kystes caséeux, de petits abcès froids périuréthraux, qui peuvent s’ouvrir secondairement dans le canal ou au périnée.

Les lésions de périuréthrite tuberculeuse, d’origine glandulaire ou uréthrale, par l’intermédiaire des abcès froids périuréthraux, peuvent amener la destruction complète du canal sur une plus ou moins grande étendue.

Depuis quelques années on a décrit sous le nom de rétrécissements tuberculeux de l’urèthre une série de faits assez disparates dont on trouvera la nomenclature dans des éludes récentes de Delore et Chalier et de Ash.

H est certain que le rétrécissement cicatriciel vrai peut succéder à la guérison des ulcérations tuberculeuses de la muqueuse uréthrale (Hallé et Motz); mais, d’autre part, nous pensons avec Legueu qu’on a beaucoup exagéré la part étiologique faite à la tuberculose. Un contrôle sévère des observations publiées s’impose.

Toutefois, parmi les cas qui nous paraissent probants, nous devons citer celui de Kauffmann qui a rapporté une observation de volumineux granulome de l’urèthre antérieur, formé par des fongosités tuberculeuses nées d’une ulcération uréthrale.

ÇOItKIL ET RANVIER. — IV. 9^

APPAREIL: URINAIRE

Hartmann, sous le nom de tuberculose hyper trop li i que sténo santé de F urèthre, relate un fait, jusqu’ici unique, observé chez une femme.

Il existait à 2 centimètres de l’orifice uréthral un rétrécissement serré du canal avec une infiltration scléro œdémateuse desdissus sousjacents. Histologiquement, l’épithélium uréthral était conservé, ne- présentant que des lésions, très minimes. Le tissu sous-muqueux était très épaissi, œdématié, contenant de nombreux- vaisseaux dilatés. Au milieu de ce tissu conjonctif on voyait de place en place des follicules tuberculeux.

Il existe une très grande analogie entre l’aspect de ces lésions et celles que l’on constate au niveau du cæcum dans la tuberculose dite hypertrophique de cet organe.

b) Tuberculose de V urèthre postérieur. — On peut observer exceptionnellement des lésions tuberculeuses isolées de la muqueuse de l’urèthre postérieur : granulations, ulcérations, infiltration massive, indépendantes de toute lésion prostatique.

Le plus souvent la tuberculose u réthrale postérieure accompagne et complique la tuberculose de la prostate et * du col vésical : elle n’a pour ainsi dire pas d’existence propre : les lésions initiales se localisent particulièrement au niveau du verumontanum et de ses gouttières latérales,. autour des orifices glandulaires : elles évoluent rapidement vers la,, caséification, envahissant, la profondeur, et -, aboutissant à la destruction caverneuse de la paroi uréthrale.

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