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I. — Tumeurs de l’urèthre chez l’homme

A. Tumeurs bénignes. — Il faut séparer des vraies- tumeurs une classe de: néoplasies- inflammatoires-, consécutives: à l’uréthrite chronique j et déjà étudiées.: ce sont les granulomes polypeux, embryovasculaires, qu’on rencontre parfois au niveau et en arrière ;des rétrécissements, carnosités ettaroncules des anciens auteurs. Nous avons

URÈTHRE

cité plus haut le cas de granulome tuberculeux de Kauffmann, qui .rentre aussi dans les fausses néoplasies.

1° Papillonnes , — Ce sont de petites tumeurs, habituellement multiples, siégeant aux abords du méat et dans la fosse naviculaire, coïncidant avec les végétations papillaires si fréquemment observées au gland et au sillon balano-préputial; de même structure et de même étiologie contagieuse. Elles sont formées d’une touffe serrée de papilles hypertrophiées, vasculaires, révêtues d’une couche épaisse d’épithélium pavimenteux proliférant. Dans l’intérieur du canal, à la fosse naviculaire, elles; prennent volontiers l’aspect et la. structure angiomateux.

• Ces néoformations papillaires peuvent s’étendre sur toute la longueur de l’urèthre antérieur, : les cas d ’uréthrite papillomateuse déjà signalés par Rayer, Mercier, Mourre, ont été revus et étudiés par Oberlânder, Bruggs* et Motz. Ce sont encore des néoplasies, liées très (probablement à une: variété d’inflammation spécifique.

2° Polypes. — Il faut réserver ce nom à de petites tumeurs, nettement et longuement pédiculées, rares, uniques le plus souvent, et -qu’on observe surtout dans les parties profondes de l’urèthre antérieur, à la région bulbaire : elles sont lisses, rosées, transparentes. Elles ont été étudiées et traitées à l’aide de l’endoscope par Grünfeld, Bryant, Goldenberg, Janet. Ce sont des tumeurs de nature conjonctive, fibromes ou myxomes, ou fibro-myxomes, d’étiologie inconnue, vraies néoplasies par conséquent.

3° Kystes. — Si l’on met à part les petits kystes inflammatoires par rétention glandulaire de l’uréthrite chronique, et les kystes de la glande de Gowper qui seront mentionnés plus loin, on ne peut véritablement décrire, avec certitude, aucune vraie tumeur kystique de l’urèthre masculin. Un cas d’échinocoque, d’après Casper, a été signalé par Péan.

B. Tumeurs malignes : Épithélioma ou cancer de l’urèthre. — C’est une tumeur rare dont les observations se comptent. Tantôt Pépithélioma se développe sans cause connue dans un urèthre antérieurementsain : il siège de préférence dans la région balânique ou dans la région bulbaire; A ce niveau, Grünfeld et Oberlânder en ont vu le début à l’endoscope par de petites tumeurs pédiculées, mamelonnées, framboisées et saignantes. Les examens histologiques de ces nas concluent à l’épithéliomaou au cancer alvéolaire banal.

APPAREIL URINAIRE

Tantôt, et c’est le cas le plus fréquent, l’épithélioma se développe sur un urèthre pathologique, rétréci cl fistule ux : dans ces cas il s’agit habituellement d’épithélioma pavimenteux lohulé, à globes épidermiques, ou cancroïde. La Ieucoplasie uréthrale constante dans ces urèthres, semble donc la première étape du néoplasme. Nous avons signalé déjà les caractères atypiques et la prolifération suspecte de l’épithélium pathologique qui tapisse les trajets fistuleux : la transformation directe de ces trajets en cancroïde a été observée dans les cas de Guvon, Guiard, et Poncet.

Ces tumeurs secondaires de l’urèthre ont la structure banale du cancroïde : dans le stroma conjonctif qui sépare les boyaux épidermiques on constate, sous la forme de foyers et de traînées de cellules lymphoïdes confluentes, des traces manifestes de lésions inflammatoires aiguës. Le cancroïde uréthral se manifeste au début par une induration bosselée qui entoure un segment plus ou moins étendu de l’urèthre, gagne rapidement les téguments, s’ulcère enfin, en formant une fistule, puis une caverne bourgeonnante.

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