II. — Tumeurs de l’urèthre chez lv femme
A. Tumeurs bénignes. — Le méat uréthral est, chez la femme, le siège fréquent de petites tumeurs bénignes, souvent multiples, formant même une couronne complète à l’orifice. Ces tumeurs sont communément désignées sous le nom de polypes de l’urèthre ou du méat.
Leur structure histologique, variable, encore incomplètement étudiée, leur a fait donner les noms de papillomes, hémorroïdes, tumeurs vasculaires polypoïdes. En réalité, les tumeurs du méat comprennent plusieurs variétés histologiques :
1° De vrais papillomes coïncidant aven des papillomes vulvaires, semblables à ceux qu’on observe chez l’homme, et résultats d’une contagion génitale spéciale.
2g Des tumeurs vasculaires framboisées, rouges, saignant facilement, et particulièrement douloureuses. Elles sont formées de capillaires dilatés, entourés d’une faible quantité de tissu conjonctif : recouvertes d’un derme papillaire et d’un épithélium pavimenteux stratifié. On peut les considérer soit comme des papillomes compliqués d’une vascularisation anormale, papillomes angiomateuse (Verneuil, Schwartz, Jondeau, Toupet); soit comme de simples granulomes inflammatoires.
URÈTHRE
3 Les granulomes vrais, soit simples, lésions banales d’uréthrite chronique, soit tuberculeux (Terillon), nés d’une ulcération bacillaire de l’urèthre, existent certainement, et ne se distinguent des tumeurs précédentes que par l’examen histologique.
4° Enfin certaines de ces tumeurs du méat présentent des
Fig- 392. — Pu'ype de l'ui-cihre.
Coupe transversale totale. Le corps du polype est formé de tis=u conjonctif, très vasculaire, avec de nombreux capillaires dilatés, il est revêtu d’une couche d’épithélium pathologique épais, de lype pavimenteux stratifié, non corné, hypertrophique. La coupe montre des inclusions nombreuses et volumineuses de cet épithélium pathologique, dans le corps conjonctif de la tumeur (fausses inclusions, dues à la structure papillaire du polype). Papîllomeà épithélium pavimenteux, à corps conjonctive- vasculaire. (Noguès.)
inclusions ‘épithéliales glanduli formes et même kystiques-, qui les rangent dans les tumeurs épithéliales d’origine glandulaire, ou adénomes.
Toutes ces tumeurs bénignes du méat doivent être distinguées du simple prolapsus delà muqueuse uréthrale vascularisée, qui les simule.
B. Tumeurs malignes. — a) Tumeurs conjonctives. — L’urèthre féminin peut donner naissance à de rares tumeurs pédiculées, volumineuses, d’abord incluses dans le canal qu’elles dilatent, puis saillantes au méat et à l’extérieur. L’examen histologique en distingue plusieurs variétés : fibro-myxome, fibrosarcome , myxome, myxosarcome , tumeurs mixtes enfin, à corps conjonctif, compliquées de proliférations épithéliales papillaires ou adénomateuses. Leur origine est souvent discutable, uréthrale vraie ou périuréthrale ; elles doivent ûtre distinguées des tumeurs vésicales de même nature qui ont tendance, chez la femme, à faire saillie dans l’urèthre et au méat.
APPAREIL URINAIRE
b) Tumeurs épithéliales. — Épithélioma. Cancer. — Elles :sont aussi fréquentes que chez l’homme, et forment un groupe mal (limité Les tumeurs uréthrales, primitives, nées de l’urèthre, sont difficiles à distinguer des tumeurs secondaires nées de la vulve ou de la cloison uréthro-vaginale.
Parmi les épithéliomas de l’urèthre, siégeant au méat, un certain nombre sont secondaires à la récidive post-opératoire de petites tumeurs papillaires , ou papillo-vasculaires , considérées comme bénignes. L’épithélioma uréthral est le plus souvent visible au méat sous la forme d’une masse indurée fongueuse, végétante, bourgeonnante, puis d’une ulcération cratériforme.
A l’examen histologique, ces tumeurs ont la structure banale de l’épithélioma pavimenteux, lobulé ou tuhulé, ou du cancer alvéolaire; ou plus rarement celle du cancroïde, à globes épidermiques.