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II. — Tumeurs conjonctives

La plupart des tumeurs conjonctives du poumon sont secondaires : tels les chondromes et les sarcomes. Les tumeurs conjonctives primitives du poumon sont rares et mal connues.

Rokitansky a observé des fibromes sous la forme de petites masses plus ou moins dures, de la grosseur d’un pois à une noisette. Il a vu également des lipomes de la grosseur d’une lentille à un pois, siégeant sous la plèvre viscérale. Lés ostéomes s’observent surtout comme complication des pneumonies chroniques.

On ne connaît guère que 21 cas de sarcome primitif du poumon (Bocage) (1). J’en ai moi-même rapporté un cas à la Société anatomique avec Mauté (2).

Le sarcome pulmonaire se présente le plus souvent sous forme de volumineuses tumeurs solitaires, bien limitées du tissu pulmonaire resté sain, remplissant tout un côté de la poitrine et parfois débordant du côté opposé. Sous forme de petites masses dures, disséminées, dans le parenchyme, il est plus rare. Enfin il peut infiltrer uniformément tout le lobe.

Il siège beaucoup plus fréquemment à gauche qu’à droite. A gauche ' il occuperait le lobe inférieur, à droite le lobe supérieur. Il peut occuper les deux poumons à la fois.

La tumeur, lorsqu’elle est isolée, peut envahir une partie du lobe ou le lobe tout entier. Elle est complètement entourée de parenchyme pulmonaire, c’est le sarcome en amande, ou vient faire saillie sous la plèvre. Dans les deux cas, elle est entourée par une capsule fibreuse plus ou moins épaisse.

(1) Bocage, Contribution à l’étude des tumeurs primitives du poumon d’oriqine conjonctive. Thèse de Paris, 1905.

(2) Milian et Madté, Sarcome primitif du poumon. (Soc. anatomique, janv. 1901, p. 82.)

TÜMEURS DU POUMON

Son volume est variable : œuf de pigeon, grosseur du poing, tête d’enfant. Elle peut déborder du côté opposé, abaisser le diaphragme, le foie, les reins, repousser le cœur à droite du sternum, faire saillie dans la cavité axillaire sous forme d’une tumeur de la grosseur d’une tête d’enfant, descendant jusqu’au bord inférieur du grand pectoral, molle et fluctuante. Son poids est très variable suivant le volume; il peut aller à 1,800 grammes et à 3,000 grammes.

A la coupe, on trouve un tissu mou, blanc, encéphàloïde, succulent, donnant un suc laiteux par le raclage. Quelquefois le tissu est rose suivant l’abondance des vaisseaux capillaires, quelquefois grisâtre. On trouve parfois, au milieu de la tumeur, une cavité rempilé d’un liquide purulent vert clair, muqueux, crémeux, blanchâtre. Sa coloration varie et paraît être due à la désintégration des éléments de la tumeur, à du sphacèle ou à là formation de poches kystiques par épanchement sanguin. Dans ces cas, on a un pus couleur chocolat.

Lorsqu’il s’agit de noyaux diffus, on trouve, dans le poumon, des sortes de tubercules de la grosseur d’un pois à une rtoix; les uns sont sous-pleuraux, d’autres intraparenchymateux, de consistance plus ferme que les tumeurs volumineuses, bien délimitées.

Dans la forme infiltrée, le^parenchyme pulmonaire est envahi d’une façon diffuse et présente un aspect lardacé, le poumon est dur, ligneux, adhérent aux côtes, d’une façon tellement intime qu’il est impossible de le séparer.

Les métastases les plus fréquentes sont celles qui atteignent les ganglions bronchiques. Les ganglions axillaires, sous-claviculaires, sont beaucoup plus rarement pris.

Le poumon présente parfois des noyaux secondaires, soit du même côté, soit du côté opposé. Le péricarde, l’oreillette gauche, les veines pulmonaires qui y aboutissent, peuvent être envahies par la néoplasie. Cette propagation se fait par contiguïté, la plèvre médiastine gauche unissant intimement ces organes, et présentant elle-même des lésions dégénératives.

On a signalé des thromboses cancéreuses des veines jugulaires, de la veine cave supérieure.

Des métastases peuvent envahir des organes plus ou moins éloignés : vertèbres, sternum, côtes, cerveau, foie.

L’évolution de la maladie amène quelques altérations dans les tumeurs. Elles se calcifient, s’ossifient à leur centre ou à leur périphérie.

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BRONCHES ET POUMONS

Tantôt elles subissent la dégénérescence graisseuse, ou suppurent, ou se creusent d’une cavité centrale.

Des lésions banales du poumon accompagnent les tumeurs précédentes. On a signalé la congestion hypostatique, la pneumonie catarrhale, l’atélectasie, la bronchopneumonie, l’emphysème.

La plèvre est fréquemment le siège d’une inflammation, aiguë ou chronique, se traduisant par un épanchement séreux hémorragique, par des adhérences. Parfois, une pleurésie purulente concomitante vient compliquer le tableau clinique.

Au point de vue histologique, on a trouvé surtout trois formes principales de sarcomes : le sarcome fuso-cellulaire est le plus fréquent, puis vient le sarcome à cellules rondes et le sarcome alvéolaire. On a signalé deux cas de myxosarcome, un cas de lymphosarcome qui était probablement secondaire à un sarcome ganglionnaire du médiastin.

Le sarcome à myéloplaxes n’existe que dans les tumeurs secondaires, surtout des os. Il paraît en être de même pour le sarcome mélanique, qui n’est jamais primitif.

LES CRACHATS

L’étude des crachats, généralement assez négligée au point de vue histo-chimique et cytologique, a fait, sous l’influence de Bezançon(l), qui en a montré toute l’importance théorique et pratique, de très grands progrès au cours de ces dernières années. On trouvera l’exposé très complet de la question dans la thèse de S.-I. de Jong (2).

CYTOLOGIE DES CRACHATS

Technique. — Le crachat doit être examiné le plus tôt possible après avoir été émis. Il doit être étalé soigneusement avec un fil de platine résistant et jamais écrasé entre deux lames. Il sera fixé par immersion

1. F. Bezancon et S.-I. de Jong, Etude histo-chimique et cytologique d'un crachat pneumonique. (Bull. Soc. méd. des hôp., 1907, séance du 5 juillet, p. 750.)

'F. Bezancon et S.-I. de Jong, L’exsudât séro-àlbumineux, le mucus et les aspects réticulés muqueux des crachats. (Bull. Soc. méd. des hôp., 1907, séance du 12 juillet,

F. Bezancon et S.-I. de Jong, Etude histo-chimique et cytologique du crachat des tuberculeux. (Bull, de la Soc. méd. des hôp., 1908, 27 novembre.)

2. S.-I. de Jong, Etude histo-chimique et cytoloqique des crachats. (Thèse de Paris, 1907.) y y H

LES CRACHATS

rapide dans l’acide chromique à 1 O/O, suivi de lavage immédiat à l’eau. L’alcool- éther peut convenir pour l’hématéine-éOsine. Plusieurs colorations sont nécessaires. Deux .sont fondamentales : celle par le bleu polychrome de Unna (3 minutes, puis différenciation à l’alcool à 90°), et celle par l’éosine-bleu de méthylène (solution aqueuse d’éosine à 0,5 0/0, 3 minutes — lavage à l’eau — bleu de méthylène en solution saturée aqueuse, 50 secondes, lavage à l’eau). Parmi les colorants accessoires, l’hématéine-éosine, après fixation à l’alcool-éther, sera de grande utilité pour pouvoir affirmer l’existence des éosinophiles.

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