AMYGDALES HISTOLOGIE NORMALE
Sur toute l’étendue de la muqueuse pharyngée s’étend le tissu adénoïde qui par places se concrète en points lymphatiques ou en îlots folliculaires. Quelques-uns d’entre eux se ramassent en organes saillants, les amygdales.
AMYGDALES
Au nombre de trois, celles-ci, d’après leur topographie, portent le nom à? amygdale pharyngée, tubaire et palatine. En tenant compte du tissu adénoïde disposé dans leur intervalle, Waldeyer a décrit un anneau lymphatique pharyngien, complété dans son segment inférieur par Yamygdale linguale. En réalité le tractus digestif est doublé d’une lünjque adénoïde que rendent apparente certaines formations individualisées comme les lonsilles ou les plaques de Peyer.
Les amygdales ont la structure des ganglions lymphatiques. La muqueuse s’enfonce dans leur épaisseur en formant de place en place des cryptes ou des sillons plus ou moins profonds. Sur l’amygdale palatine l’épithélium doublé d’un chorion pourvu de nombreuses papilles est du type pavimenteux. Il est plus compliqué au niveau de l’amvgdale pharyngienne : à la surface des plis, il est encore malpighien; par contre, dans les anfractuosités, il est du type cylindrique et cilié. Les glandes en grappe sont très nombreuses, incluses dans le tissu réticulé, ou engagées dans la portion restée fibreuse de la muqueuse. . L’épithélium est simplement séparé du tissu adénoïde par une vitrée mince, homogène, sur laquelle s’insèrent les mailles du réticulum.
La couche lymphoïde de l’amvgdale repose sur une capsule fibreuse qui contient des glandes muqueuses, les vaisseaux de l’organe, et même des fibres musculaires.
Sur la coupe on voit un plus ou moins grand nombre de follicules formés de cellules très tassées ou d’un centre clair avec une couronne de cellules disposées en rangées concentriques à la périphérie, ayant l’aspect d’un anneau ou d’un fer à cheval. Ces centres clairs répondent aux vacuoles de His, aux taches claires de Brucke, au Keimcentrum , aux Secundür Knotchen de Flemming; ce sont des plasmodes d’où naissent les éléments lymphatiques. .Retterer admet que l’amygdale se forme au sixième mois, par la pénétration des bourgeons ectodermiques par les éléments mésodermiques. Ainsi prendrait naissance un tissu angiothélial d’où proviendraient les follicules clos, et dont la partie centrale ectodermiqife répondrait à la portion glandulaire de l’organe. Cette théorie admise par quelques auteurs n’est pas partagée par Slôhr, Renaut, M. Labbé et Lévi-Sirugue qui font émaner les follicules clos uniquement de la formation du tissu réticulé.
L’épithélium qui recouvre les amygdales est traversé par de nombreux éléments migrateurs (Renaut, Stohr) qui émigrent dans la cavité buccale en creusant des thèques au niveau de l’épithélium cylindrique, ou en perforant les cellules au niveau de l’épithélium pavimenteux.
On a voulu faire jouer à ces phénomènes diapédétiques un rôle important dans la palhogénie des infections de l’amygdale. Certains auteurs ont admis que les canaux creusés par les leucocytes dans l’épithélium pouvaient être des voies de pénétration microbienne. Cette dernière théorie n’est nullement justifiée.
ANGINES ET AMYGDALITES
L’inflammation déterminée par les microorganismes au niveau de la muqueuse pharyngée et des amygdales porte le nom d’angine et d’amygdalites.
TUBE DIGESTIF
Cette inflammation est primitive, créant à elle seule toute la maladie (lièvre amygdalienne de Landouzy), ou n’est qu’un des éléments d’une maladie spécifique (amygdalite symptomatique de la scarlatine, rougeole, érysipèle, variole, fièvre typhoïde, rhumatisme...).
Anatomiquement les angines et les amygdalites sont catarrhales, vésiculeuses, phlegmoneuses, ulcéreuses ou gangréneuses, ou pseudomembraneuses.. Quelle que soit la nature de la lésion, elfe est déterminée par un microorganisme quelconque (bacille de Klebs-Loffler, streptocoques, staphylocoques, tétragènes...) sans qu’on puisse inférer de la réaction anatomique constatée l’influence d’une espèce microbienne spécifique. La description d’une pharyngite ou d’une amygdalite est donc commune à un grand nombre de maladies pathogéniquement différentes. Cela tient à ce que les muqueuses des amygdales et du pharynx, placées dans des conditions analogues à celles où se trouve la muqueuse de la bouche, ont vis-à-vis des agents toxiques et figurés, un nombre limité de réactions influencées bien , plus par le milieu spécial avec lequel ils sont en rapport, et par leur structure histologique, que par d’essence même de ces agents.
Quelques inflammations ont cependant. des caractères particuliers et des caractères spécifiques bien distincts; telles sont la tuberculose, la syphilis, l’actinomycose du pharynx. .Nous les décrirons à part. Par contre, nous décrirons dans un même chapitre des différentes angines, en ayant plus en vue les amygdalites que l’inflammation isolée de la muqueuse du pharynx.
Amygdalites aiguës.
L’inflammation se localise sur les différents éléments histologiques de l’amygdale, sur la muqueuse elle-même ou bien sur le tissu adénoïde, c&asiümLïitiBS amygdalit-es catarrhales ou parenchymateuses. L’existence de cryptes à la surface de ces organes explique la rétention possible des exsudais caractéristique de Y amygdalite lacunaire ou cryptique. Les trois amygdales subissent des processus comparables. Chez l'éditant, une localisation fréquente est Yadénoïdite aiguë, ou inflammation de l’amygdale de Luschka.
On admet que dans Y amygdalite catarrhale les modifications histGlogiques portent surtout sur la muqueuse, mais le parenchyme subit luimême des altérations de l’ordre inflammatoire 'le plus simple. L’épithélium de ■surface est traversé jde très nombreux éléments diapédétiques. Son irritation se traduit par la prolifération des cellules de la couche
AMYGDALES
basale et la chute en lamelles ou en parcelles des couches les plus supefficiëlles. Ces éléments cellulaires contribuent à former -un exsudât qu’il est facile de recueillir par le raclage de toute tonsille 'enflammée. L’exsudât est concrété en masses plus ou moins volumineuses dans V amygdalite cryptique ou lacunaire. 'La crypte est distendue par une substance amorphe, présentant par places des amas microbiens, des leucocytes, surtout polynucléaires, et des-céllules-ëpilbéliales, affectant des groupements extrêmement variés. Tous ces produits -constituent un bloc de substance peu -cohérente, très friable. L’épifhëlum de surface, en certains points, surtout en dehors des lacunes, a quelquefois un aspect normal. Plus loin, :il est épaissi, envahi par des leucocytes si nombreux qu’il échappe à l’examen. Ses différentes couches, creusées de multiples vacuoles, s’infiltrent d’un exsudât rosé. Beaucoup de noyaux perdent leur colorabilité, les cellules desquament. Il est entraîné, en tout ou en partie, par Texsudat inflammatoire ; mais si l’on regarde les coupes avec attention, il est bien rare de ne pas retrouver, en une seule lame mince, la -couche des cellules cubiques, qui persistent même ‘aux endroits 'les plus malades. Au voisinage de ces altérations, on voit ^quelquefois une sorte de clivage se produire entre les tâmes épithéliales qui tombent dans la cavité ; quelquefois on assiste à la dissociation cellulaire : les épines de SehuHze disparaissent, la céllule devient globuleuse, le noyau condense sa chromatine, se déplace, perd sa colorabilité et ^élément va grossir l’exsudât lacunaire.
La zone sous-epithéliale est -masquée par suite delà prdlïfération des cellules fixes et de la présence en amas serrés des polynucléaires, qui forment une nappe continue entre Tépifhélium et ta couche lymphoïde.
!La participation du tissu adénoïde s’accuse par l’apparition d’une folliculite avec prolifération intense des cellules lymphoïdes. L’anneau ou le fer à dhevdl pérî-folliculaire s’accuse surtout du côté de l’épithélium. Sa tadhe germinative semble disparaître par suite de Ta multiplication des -cellules -et la . formation de nombreux « tingible 'Kôrpers ». En -mêmetemps, le réticulum se tuméfie. Entreses mailles se disposent de nombreux leucocytes pdty et mononucléaires. L’endothélium des vaisseaux -'congestionnés -et bourrés de leucocytes devient très apparent.
Quelquefois, l’afflux des polynucléaires forme par son importance de peKïs abcès superficiels qui font irruption dans les cryptes, en détruisant l'épithélium.
Dans la profondeur se forme un oedème inflammatoire. 'Souvent
TUBE DIGESTIF
on y voit des traînées de lymphangite et, dans les cas graves, il se fait une suppuration plus ou moins étendue ( amygdalite et périamygdalite phlegmoneuse ).