TUMEURS MALIGNES DE L’AMYGDALE
Les statistiques allemandes les donnent comme rares. D’après Gurlt, sur 11.131 cas de carcinomes, 6 seulement appartiennent aux tonsilles, et sur 894 cas de sarcome, 3 seulement à ces organes. Rapoc donne des chiffres comparables. Sur 153 cas de tumeurs malignes de l’amygdale, Heinleth reconnaît 92 carcinomes et 61 sarcomes, Chorcoat sur 200 cas signale 94 sarcomes, 72 carcinomes, 13 lymphosarcomes, et 29 de nature non spécifiée.
Ces chiffres n’ont d’ailleurs qu’une valeur toute relative : beaucoup d’observations manquent soit de descriptions histologiques, soit de précision dans les faits microscopiques. C’est à peine si on s’entend actuellement sur la désignation des tumeurs surtout conjonctives.
Sous le nom de carcinomes, d’épithéliomes, d’eneéphaloïdes, de squirrhes, on a décrit des variétés d’épithélioma de l’amygdale, somme toute assez rare. Guermonprez a décrit le cancer de l’amygdale des fumeurs. Ce sont des épithéliomes pavimenteux qui n’ont de spécial que leur évolution rapidement envahissante, leur infection précoce parfois gangréneuse, la tuméfaction énorme des ganglions correspondants. Ils se développent quelquefois chez d’anciens syphilitiques.
PHARYNX
Krônlein signale un cas de cancer de l’amygdale secondaire à un cancer du sein, et un cas de cancer pharyngien primitif double chez le même sujet.
On a pu réunir un assez grand nombre d’observations de sarcomes de V amygdale. C’est dans cet organe que naissent la plupart des sarcomes du pharynx. On les voit généralement chez les sujets jeunes. Sur les 130 cas de tumeurs conjonctives de l’amygdale étudiés par Moizard, Denis et Rabé, 15 appartiennent à des enfants; 12 d’entre eux sont bien authentiques. “Ce sont 2 cas de lymphadénome (Creswell, Josias et Tollemer), 4 cas de lymphosarcome, 4 cas de sarcome globo-cellulaire, 1 cas de sarcome alvéolaire et 1 cas de sarcome mélanique (Eisenmenger).
La structure histologique de ces tumeurs est banale. Ce sont des sarcomes à grands ou petits éléments, à cellules rondes ou en fuseaux, des fîbro-sarcomes ou des lymphomes, des sarcomes alvéolaires. Le rhabdo-myosarcome est exceptionnel (Wagner et Mickuliez).
Les tumeurs développées aux dépens du tissu lymphoïde sont de plusieurs ordres : il y a le lymphadénome leucémique ou aleucëmique, le lymphosarcome et le pseudo-lymphosarcome inflammatoire.
Parmi les types de lymphadénome étendu à tout le système lymphatique (lymphome malin de Billroth), le type amygdalien est un des plus rares (Démangé). Dans le fait relaté par Josias et Tollemer, la coupe de l’amygdale présentait un aspect lymphoïde homogène. De loin en loin, il y avait un vaisseau à parois épaisses et de rares tractus conjonctifs. La tumeur était formée de cellules rondes de la taille des moyens mononucléaires du sang, avec des noyaux pourvus d’un ou deux grains de chromatine au centre, de quelques-uns à la périphérie, et d’un réticulum de cellules ramifiées, anastomosées. En certains points; au centre, il y. avait des amas de lymphocytes et de macro^ phages, et superficiellement des aspects de nécrose. Les zones de voisinage, voile du palais, piliers, pharynx étaient envahies, les fibres musculaires dégénérées avec perte de la striation. C’est une structure qui rapproche cette tumeur des lymphosarcomes.
Dans les leucémies et les pseudo-leucémies, il y a hyperplasie du tissu lymphoïde ou évolution du tissu hématopoiétique vers le type myéloïde. Dominici a signalé deux faits de ce dernier ordre au niveau des amygdales.
Le lymphosarcome, tumeur lymphoïde, de beaucoup la plus fréquente de ces organes, est caractérisé par l’apparition de eellules libres de grande taille, à noyau simple ou bourgeonnant,
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situées dans des mailles lymphatiques, circonscrites par un réticulum conjonctif à traces épaisses. L’épithélium intact par endroits est ulcéré en d’autres. J. Brockaert et L. Laray ont signalé un cas très rare de lymphosarcome de l’amygdale gauche, consécutif à un sarcome latent de l’estomac.
Dans quelques faits, le lymphosarcome prend des caractères inflammatoires (desquamation des cellules Axes, congestion avec polynucléose, macrophagocytose, nécroses, endartérite, éosinophilie...) (Dominici et L. Ribadeau-Dumas). C’est la granulomatose des auteurs allemands, d’origine tuberculeuse, syphilitique, ou cryptogénétique, donnant naissance à la maladie de Hodgkin (granulomes malins) et susceptible d’évoluer vers le lymphosarcome. Il serait d’un grand intérêt de préciser, en ce qui concerne l’amygdale, les faits de cet ordre.
Tumeurs du voile du palais.