TUMEURS MALIGNES DU VOILE DU PALAIS
Les tumeurs malignes du voile du palais sont rares. En 1894, Mourié dans sa thèse en rapporte quatorze observations. Depuis cette époque, . d’autres faits ont été publiés, mais en petit nombre. On ne s’est pas toujours entendu sur le terme à employer pour désigner les tumeurs mixtes : les mots d’épithéliome enkysté, de sarcome enkysté, d’adénosarcome, sarcome mixte... ont probablement été appliqués à ce genre de néoplasie, et non pas à ce que nous décrivons sous le nom de tumeurs malignes, •épithéUomes et sarcomes. Il y a cependant des cas complexes où, à côté d’aspeets histologiques rappelant les tumeurs mixtes, s’en trouvent d’autres où la nature sarcomateuse des tissus pathologiques ne fait aucun doute, au point de vue clinique et anatomique. Il en est ainsi, remarque le professeur Berger, dans une série d’observations de Volkmamn et d’Eisenmenger, où les auteurs parlent eux-mêmes de sarcome, de chondro -sarcome, d’angio-sarcome, tumeurs dans lesquelles existaient des figures évidentes de sarcome. Il s’agit de faits absolument différents de ceux qui ont été constatés par le professeur Berger dans son étude sur les tumenrs mixtes du voile du palais et doivent être distingués de ces dernières.
Les épithélwmes du voile du palais prennent le plus souvent naissance sur les parties molles, ils affectent généralement l’aspect végétant, surtout sur la luette, mais ils sont quelquefois térébranls, creusant une ulcération qui met en communication la cavité bucco-pharyngée et les fosses nasales (cas de Chauffard). Ils se développent quelquefois sur des lésions irritatives antérieures de la muqueuse : leucoplasie (Brissaud), lupus (Audry et Iversenc).
La structure histologique est des plus simples. Ce sont généralement des épitbélïomes pavimenteux lobulés. Le professeur Berger mentionne un cas de Busaehi, un adéno-cancer de structure un peu spéciale. A la coupe, cette tumeur avait du côté nasal la structure du cancer; du. côté buccal, celle d’un adémone formé de tubes ramifiés à
PHARYNX
cellules cubiques, pleins d’une substance colloïde, avec çà et là de petits amas de cellules polymorphes. Dans le reste du néoplasme, on voyait des nids de cellules cancéreuses; le muscle était atrophié. L’épithéliome buccal persistait sous la forme d’une couche très mince. Busachi pense qu’il s’agit là d’une tumeur développée aux dépens de l’épithélium cylindrique du canal excréteur des glandes.
Les sarcomes se développent de préférence sur le palais osseux, au-dessous de la muqueuse. Dans le cas de Trélat, le sarcome avait pour ainsi dire dédoublé le voile du palais. Ces tumeurs finissent par faire une saillie considérable. Plus rarement elles établissent un trajet fistuleux bucco-nasal (cas de Roy). Leur type histologique est des plus variés. Le sarcome mélanique n’est pas exceptionnel (observations de Trêves et Gussenbauer, Albert, Yolkmann, Roy...).