VAISSEAUX ET NERFS DU POUMON
Artères. — Les vaisseaux sanguins du poumon viennent de deux sources : les artères bronchiques, dont le rôle est surtout nutritif, et l’artère pulmonaire, plus spécialement préposée à l’hématose.
Les ramifications de l’artère bronchique Se répandent dans les grosses bronches ; au niveau dés bronchioles, il n’existe plus que des capillaires, qui aboutissent, d’ailleurs, aux capillaires du système pulmonaire, fusionnant ainsi les deux circulations. Les artères bronchiques ont pourtant un système veineux propre, des veines bronchiques en un mot.
Les ramifications de 1 ’ artère pulmonaire accompagnent les bronches dans leurs divisions et pénétrent avec elles dans les lobules. Au niveau des canaux alvéolaires, elles se réduisent en capillaires.
Les veines pulmonaires ne sont jamais intralobulaires. Dans le
: (1) Gilbert et Jomier, Soc. Biol., 1èr juillet 1905.
BRONCHES ET POÜMONS
tissu conjonctif périlobulaire circule un abondant lacis plexiforme, d’où partent des troncs plus gros qui regagnent le pédicule du lobule et, à son niveau, remontent le long des bronches.
Les vaisseaux lymphatiques sont très abondants. On en distingue deux systèmes : les lymphatiques profonds, qui naissent de la muqueuse bronchique, de la tunique interne des artères, des parois des alvéoles -pulmonaires et se rendent aux ganglions du hile par un trajet intrapulmonaire; les lymphatiques superficiels, ou sous-pleuraux, qui naissent des espaces conjonctifs périlobulaires et rampent sous la plèvre pour aboutir, en dernière analyse, aux ganglions du hile. Ces lymphatiques sous-pleuraux sont fréquemment injectés par le cancer et dessinent un réseau souvent très apparent.
Nerfs. — Ils émanent, comme on sait, de deux plexus issus du pneumogastrique.
PLÈVRE
La plèvre est formée de deux feuillets : le pariétal et le viscéral. Le premier, qui tapisse la face interne de la cage thoracique, est plus épais que le second, mince pellicule entourant le poumon.
Chaque feuillet est formé d’une trame conjonctive tapissée d’endothélium.
V endothélium est constitué par une seule couche de cellules plates très minces (1 p. d’épaisseur) mais très larges (30 à 60 pi), dont les contours sont faciles à mettre en évidence par le nitrate d’argent. Ce contour n’est pas dentelé comme celui des endothéliums vasculaires, mais légèrement ondulé. Le noyau est ovalaire.
Recklinghausen a décrit, entre les cellules, des orifices arrondis, ou triangulaires, ou en forme de fente, conduisant de la cavité pleurale dans les vaisseaux lymphatiques sous-pleuraux.
La trame conjonctive mesure 50 à 140 p. d’épaisseur. Elle est composée de cellules conjonctives, de fibrilles conjonctives et défibrés élastiques plongées dans une substance interstitielle anhiste, colorée en rose par le picro-carmin.
Les faisceaux conjonctifs sont à peu près toujours couchés parallèlement à la surface de la membrane.
Les fibres élastiques sont très fines ou membraniformes, figurant par endroits de véritables membranes fenêtrées, en tout cas très abondantes. Comme le fait remarquer Rindfleich, il existe à la pro-
PLÈVRE
fondeur de la séreuse une bande élastique à peu près continue, qui établit une ligne de démarcation assez nette entre la plèvre et les tissus sous-jacents, ce qui permet de reconnaître facilement sur une coupe les limites de la séreuse. Les particules de charbon qui s’accumulent constamment entre la plèvre et le poumon sont encore u.i autre point de repère»
Les cellules conjonctives sont des cellules plates analogues à celles de tout tissu conjonctif diffus.
Des vaisseaux sanguins forment dans l’épaisseur de la membrane conjonctive un réseau capillaire à larges mailles, qui s’entrelace avec le réseau des lymphatiques et qui communique avec le réseau sanguin sous-jacent.
' Sous , la trame existe un tissu cellulaire lâche, très riche en vaisseaux, à peine appréciable à l’état normal, mais qui, dans les processus inflammatoires pleuro-pulmonaires, apparaît nettement, sous la forme d’une bande riche en particules charbonneuses, entre deux zones fortement colorées, qui sont la trame pleurale et la paroi alvéolaire (Yermorel) (1). ‘ '
r (1) Vermorel, Recherches anatomiques et expérimentales sur l’inflammation pleurale (Thèse de Paris, 1898, p. 16).