MÉDECINS DES HÔPITAUX DE PARIS
HISTOLOGIE NORMALE DE L’INTESTIN
STRUCTURE DE L’iNTESTIN
L 'intestin s’étend du pylore à l’anus. Au point de vue épithélial, c’est une formation exclusivement entodermique. Dans toute son étendue, on y observe plusieurs couches uniformément superposées et qui sont de 1 dedans en dehors : une muqueuse avec ses glandes en tubes, son tissu connecta sous-glandulaire séparé de la celluleuse par une musculaire muqueuse , une sous-muqueuse d’épaisseur variable, une musculaire formée d une assise annulaire interne et d’une assise longitudinale externe, enfin le péritoine avec le tissu cellulaire sous-péritonéal.
La muqueuse est partout infiltrée de tissu adénoïde, diffus ou ramassé en amas folliculaire. C’est, avec les formations épithéliales, la grande caractéristique histologique de l’intestin. Sa structure est donc des plus simules, mais, en raison des différenciations qu’elle subit, on distingue dans cette partie du tractus digestif plusieurs portions qui sont : \e segment digestif ou duodenal, absorbant ou jéjuno-üéal, excrétoire enfin, le gros intestin.
A part quelques modifications de détail, l’intestin grêle a la même structure dans tout son trajet.
^nH=rïïU’°n;C0,Upe Cet 0rgane> on aPei’Çoit à sa face interne une série <le dnSnlT * Connicenles’ échelonnées depuis la deuxième portion du ?aV'r0n ° m‘ 60 °U 1 mètre de la valvule iléo-cæcale.
sées de leSTJ-n eeS&- T P T la surface d’absorption, et sont hérissees de petites saillies spéciales que l’on rencontre sur toute la muaueuse, es «tonte, intestinales. Enfin, par places, on voil soulevant la mXeuse! les follicules lymphatiques lie l’intestin, solitaires ou agminés. Les plaques
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de Peyer , au nombre de 25 à 35, siègenl surtout dans la deuxième portion du jéjuno-iléon et se disposent sur son bord iibre.
La muqueuse comprend une couche épithéliale, un chorion muqueux avec ses formations lymphatiques, une musculaire muqueuse, des villosités et des glandes, des vaisseaux et des nerfs.
Sur la coupe, elle est parcourue par une série de cryptes ou tubes de Lieberkühn dont l’orifice vient s’ouvrir dans les intervalles des villosités.
La villosité est tapissée par une seule rangée de cellules cylindriques, avec, de place en place, surtout sur les parties latérales, des cellules caliciformes hautes de 20 à 30 u- Ces cellules, dépourvues de membrane, ont à
Fig. 154. — Région vatérienne supérieure. (Letulle.) wivsung viennent de pénétrer les couches intestinales de chaque canal un cercle complet. — Grossissement
leur partie moyenne un beau noyau ovalaire. Dans la zone protoplasmique infra-nucléaire, le protoplasma est granuleux; au-dessus du noyau, le protoplasma présente une striation longitudinale, interceptée par les mailles d’un réseau de travées protoplasmiques, avec granulations aux points nodaux. Ces cellules sont munies d’un plateau strié dont la nature a été extrêmement diseutée. D’après Renaut, la striation, toute superficielle, résulterait de la présence d’une série de bâtonnets semblables à ceux qui constituent les racines des cils vibratiles. Par leurs pieds élargis, les cellules reposent sur une vitrée linéaire. Elles s’unissent par leurs plans côtés au moyen d’un ciment, résistant entre le noyau et la surface libre, mou au contraire dans la portion inférieure au noyau.
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TUBE DIGESTIF
sm
Le parenchyme de la villosité est constitué par du tissu eGnjonctivovasculaire et des travées de fibres musculaires lisses qui sont des formations dermiques, s’évaginant du chorion sous-épithélial. Dans celui-ci plongent les tubes de Lieberkühn. Ces tubes descendent droits dans le tissu conjonctif. Ils sont formés par une vitrée mince et un épithélium. Peu à peu, les cellules cylindriques perdent leur striation superficielle, deviennent vacuolaires et prennent l’aspect des cellules séreuses. Les noyaux présentent des figures de karyokinèse. Les cellules mucipares sont énormes. Dans le fond,, on voit un grand nombre de cellules néoformées et parmi celles-ci les cellules granuleuses de Panetk.
Au duodénum, entre le pylore et l’ouverture des canaux cholédpque et pancréatiques, s’étendent les glandes de Brunner. Ce sont des glandes tubuleuses ramifiées et conglomérées, s’ouvrant soit dans une dépression particulière de la muqueuse, soit dans un crypte de Lieberkühn. Elles se disposent en deux grdupes, dont l’un est situé entre l’épithélium et la musculaire . muqueuse, et l’autre volumineux entre la musculaire et l’assise annulaire du muscle intestinal. Ces glandes et le débouché à travers la muqueuse des canaux pancréatiques et biliaires constituent les caractéristiques du duodénum. L’épithélium qui tapisse l’ampoule de Vater et l’origine du cholédoque n’est qu’un simple reflet de celui qui tapisse la surface générale de l-’intestin (Renaut). Au voisinage deTainpoule de Vater, on voit souvent de petits diverticules au niveau desquels s’arrête la musculaire et qui sont uniquement revêtus d’éléments épithéliaux. Ces diverticules péri vatériens, qui semblent des malformations -liées au développement du bourgeon hépatopaneréatique, ont été bien décrits par Letulie, R. Marié, Gandy à la: Société Anatomique.
Le derme,: coulé entre la musculaire et les inégalités du revêtement épithélial, est constitué par du tissu réticulé et des fibres musculaires. . Dans les villosités, celles-ci se groupent en pinceaux, les muscles de Brücke. Le derme est partout extrêmement riche en tissu adénoïde, diffus ou groupé en follicules. Dans Les mailles du tissu de soutien, des glandes et des villosités, . limitées par un réseau de cellules connectives à corps étiré, se disposent des éléments cellulaires libres dont les variétés ont été bien décrites par Heidenhain, Renaut, L.-G. Simon. En se servant de la nomenclature moderne, ce dernier auteur distingue : des lymphocytes à noyau clair ou sombre, des mononucléaires ordinaires, des plasmazeîlen, des macrophages, des polynucléaires éosinophiles, des mastzellen. Ces éléments se répartissent ainsi : lymphocytes et polynucléaires éosinophiles dans la portion sous-glandulaire du derme; plasmazeîlen, mastzellen, éosinophiles dans le derme interglandulaire; nombreuses plasmazeîlen dans le pédicule des villosités ; lymphocytes, éosinophiles, plasmazeîlen, macrophages dans le corps de ces organes. Les follicules clos font saillie à la surface où ils interrompent le trajet des villosités. Pyriform.es, ils pénètrent dans la celluleuse en perforant la musculaire muqueuse. Au niveau des plaques de Peyer, ils s’unissent par des bandes de tissu réticulé. Leur structure est celle des formations semblables de la râte et des, ganglions.
Les cellules lymphatiques circulent dans la muqueuse et traversent l’épithélium des villosités et celui qui recouvre la tête des follicules, en y créant des, cavités- désignées sous le nom de thèques. Cellules altérées nu vivantes, parfois le siège de figures karyokinétiques, elles apparaissent au niveau de l’épithélium en très grande abondance au-dessus des follicules, ou sur les- villosités,, soit au moment de la digestion, soit à l’occasion d’une irritation intestinale (Heidenhain). Les enclaves épithéliales ne proviennent
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pas des débris leucocytaires et seraient pour Nicolas des produits de sécrétion intra-protoplasmique.
La celluleuse faite de tissu conjonctiflâche sert de chemin aux vaisseaux et nerfs et contient le plexus de Meissner. Quant à la musculaire , elle est séparée de la séreuse péritonéale par du tissu cellulaire qui, sous l’influence de l’obésité ou d’inflammations chroniques, se surcharge de graissé et forme ainsi chez quelques sujets des franges, graisseuses plus- ou moins importantes.
De la celluleuse montent des artères dont les ramifications enserrent les glandes de Lieberkühn. Au niveau des villosités, le système vasculaire forme un réseau qui enveloppe les lymphatiques, origine du chylifère central. Les chylifères aboutissent au réseau sous-muqueux dans lequel tiennent également se perdre les vaisseaux des sinus lymphatiques. Les canaux issus de ce plexus se joignent à ceux de la couche musculaire et vont, par des troncs plus ou moins volumineux, aboutir aux ganglions mésentériques et à la citerne de Peequét.
Les vaisseaux de l’intestin grêle suivent un trajet annulaire, perpendiculaire à l’axe longitudinal de l’intestin.
Sur le gros intestin , la structure de la muqueuse très modifiée : on ne trouve ni valvules conniventps ni villosités. Tout le long dp la muqueuse, on voit une série de glandes de Lieberkühn, tou tes parallèles entre, elles. On n’y voit ni cellules séreuses .ni cellules de Paneth : ce sont des cryptes essentiellement muqueux. Dans le ehorion se disposent de nombreux follicules clos. La structure de Y appendice üéo-eœcal est également simple : la muqueuse est formée de follicules clos qui tantôt se touchent et tantôt sont séparés les uns des autres Entre eux cheminent des diverticules de Lieberkühn. Plus loin se retrouvent les couches celluleuses et musculaires.