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LES PIGMENTS DE L’INTESTIN

11 n’est point rare de trouver sur la muqueuse intestinale des particules noires, encre de Chine, ou grises, disséminées un peu partout, quelquefois localisées sur la muqueuse duodénale, les plaques de Peyer, les ganglions péripancréatiques et mésentériques.

Cette coloration est due à la présence de pigments d’origine diverse. Il faut en distinguer Vanthracose. Les expériences anciennes d’Œsterlein, de Mensonides et Donders, d’Orfila, de Ch. Robin, de Vi'llare't avaient déjà montré que le charbon pouvait être absorbé par l’intestin. Les faits récents de Calmette, de Vanstenber ghle et Grysez ont abouti à une conclusion semblable; ces auteurs en ont tiré une pathogénie nouvelle de l’anthracose pulmonaire. Réservant cette dernière question, une commission nommée à la Société de Biologie, pour vérifier les expériences antérieures, admit que dans des conditions opératoires convenables, il est possible de constater des particules de charbon à l’intérieur des ganglions mésentériques; on voit même parfois au niveau des villosités, dans les grandes cellules lymphatiques, des pigments divers et des particules de charbon incontestables. L’animal expérimenté avait été lé cobaye. On trouve également dans les villosités de cet animal du pigment ferrique (Lœper et Esmonet).

L’intestin s’imprègne de pigments qui dans cet organe comme ailleurs donnent la réaction ferrique ou ne la donnent pas.

L’infiltration des parois intestinales par le pigment ocre se rencontre notamment dans le diabète bronzé. A l’autopsie, sous l’influence des fermentations cadavériques, l’intestin peut être coloré en noir d’une manière intense. Ce pigment est l’hydrate ferrique, la rubigine de Auseher et Lapieque.

Dans les cas où il se fait une abondante destruction de sang locale ou générale on observe une sidérose intestinale. Les foyers hémorragiques, les infarctus donnent ici lieu comme partout ailleurs à des dépôts pigmentaires. Ceux-ci sont particulièrement évidents dans le purpura. Sutherland a observé à l’autopsie d’un purpurique, de petites pétéchies sur le péritoine viscéral et sur la muqueuse, et d’importantes hémorragies dans la paroi de l’intestin. Apert de son côté signale la transformation pigmentaire du purpura intes-

TUBE DIGESTIF

tinal. Il a même trouvé disséminées sur la face péritonéale du grêle, des taches et des petites nodosités fibreuses chargées de pigment oere. On a décrit une pseudo-mélanose des cadavres, caractérisée par la présence sur divers organes, particulièrement tout le long du canal intestinal, de taches ardoisées qui sont dues à la présence d’un pigment intra et extra-cellulaire qui donne la réaction du fer, et qui est formé en partie de sulfure de fer. La molécule sulfureuse serait représentée par l’hydrogène sulfuré engendré par la putréfaction de l’albumine, le fer étant fourni par l’hématine. A côté de ces granulations, il en est d’autres qui n’ont que les caractères du pigment ferrique. Ce détail’ joint à la disposition des dépôts, à la présence dans les cellules des petits blocs pigmentaires, a fait admettre à Neumann qu’il y a dans la pseudomélanose association d’un processus pathologique, la sidérose avec la putréfaction. Ernst a pu isoler des bactéries donnant de l’hydrogène sulfuré, jouant un rôle dé premier ordre dans la pathogénie de cette pigmentation et dont il a pu expérimentalement établir le pouvoir fermentaire et nécrosant.

Il est fréquent de voir sur les parois de l’intestin, muqueuse et paroi musculaire, de petits points noirs ou jaune brunâtre disséminés un peu partout, mais parfois localisés sur la muqueuse duodénale, les plaques de Peyer, les ganglions mésentériques ou péripancréatiqués. Sur les plaques, les grains de pigment entourent les orifices des glandes et donnent à l’organe un aspect de barbe rasée qui a été regardé comme pathologique par de nombreux auteurs. Dézirot, Boinet, Griffon et Lœper ont décrit des cas de maladie d’ A ddison où les plaques étaient particulièrement pigmentées : mais on ne peut actuellement tout au moins établir un rapport constant entre l’apparition des dépôts noirs et les lésions de l’appareil surrénal. Beaucoup d’entre eux résultent de processus pathologiques inflammatoires d’une durée suffisante : ils sont solubles dans l’alcool fort, l’éther, le chlor'oforme. Jaunes brunâtres, , ils appartiennent souvent à la série de ces pigments de déchet de Lubarsch, qui sont des pigments graisseux colorés en noir par l’acide osmique, en rouge par le Sudan 111. On les rencontre de préférence autour du noyau des eellules musculaires du cœur, de l’intestin. Comme un grand nombre de pigments, ils sont encore mal connus.

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