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RÉSIDUS D’ORIGINE INTESTINALE

La paroi de l’intestin concourt à la composition des fèces, notamment lorsque, à la suite de phénomènes inflammatoires, elle est le siège d’une réaction plus ou moins vive dont on retrouve les traces dans les selles

1° Le mucus. — Après une préparation convenable, le mucus est généralement visible à l’œil nu. Cependant, il est quelquefois utile d’èmployer le microscope, pour en étudier les particules les plus fines et surtout les propriétés histologiques des produits muqueux.

A première vue, les flocons muqueux sont composés d’une substance fondamentale sans structure apparente. Cette substance transparente est sillonnée de lignes irrégulières, bordées de contours délicats souvent à peine reconnaissables. Les lignes sont l’expression de rides ou de fronce-

ments sur lesquels se déposent souvent des éléments figurés. Le mucus emprisonne des cellules épithéliales, des hématies, des parasites, des détritus alimentaires et des vésicules aériennes. A un faible grossissement, il apparaît incolore ou coloré par les différents produits biliaires, plus rarement par le sang (selles mueoso-sanglantes}.

Après addition d’acide acétique à la préparation, il se fait une sorte de précipité strié de la substance fondamentale, et les cellules incluses dans sa masse s’éclaircissent. Le mucus peut prendre un aspect réticulé qui le fait ressembler à de la fibrine.

Pour le colorer, il faut employer spécialement, le bleu de méthylène, le vert de méthyle ou mieux la thionine (H oyer). D’après cet auteur, les frottis préalablement traités par une solution aqueuse de sublimé, ou les membranes fixées par l’alcool à 80°, incluses dans la paraffine, passées au xylol, au chloroforme, à l’alcool à 90°, seront ensuite placés dans une solution de thionine. Celle ci donne une coloration élective du mucus qui devient violet alors que les autres tissus sont bleus. Pour la thionine, comme pour ■le vert de méthyle, le milieu doit être neutre, et le mucus pas trop mélangé de substances étrangères : graisses ou albumines,

Normalement, le méconium en contient, ainsi que les selles des nourrissons jusqu’à la deuxième semaine. D’après Nolhnagel, sauf les cas où les selles dures sont tapissées de mucus, la présence de eelui-ci indique une altération de la muqueuse intestinale. Lynch soutient que chez les individus sains, soumis à une alimentation rationnelle, jamais on ne trouve de mucus dans les selles, ni à l’examen macroscopique, ni à l’examen microscopique.

Les flocons muqueux plus ou moins mélangés aux matières, très riches en bactéries et en détritus alimentaires, ont une origine élevée (intestin grêle, partie supérieure du gros intestin); au contraire, les grandes membranes muqueuses, les grands dépôts recouvrant les matières ou intercalés entre les scybales, plaident en faveur de l’origine colique.

Toutefois, lorsque la traversée digestive est très accélérée, le mucus de i’intesfjn grêle ne se modifie guère et apparaît dans les matières sous forme de gros grumeaux, ressemblant ainsi à celui qui pourrait tirer son origine de la muqueuse du gros intestin.

La coloration par la bile n’est l’indice d’une origine intestinale élevée (intestin grêle) que si les grains de pigment ou les cristaux sont groupés comme s’ils étaient intra-cellulaires. La présence de cellules à demi digérées, de noyaux cellulaires à disposition typique mène à la même conclusion (Schmidt).

Plus les particules muqueuses sont riches en cellules et en eellules rondes, plus la lésion est accentuée; l’addition de globules du pus, d’hématies est en faveur de l’existence d’un processus ulcératif.

2° On peut dans les selles rencontrer différents types de cellules -épithéliales, Celles-ei se trouvent de préférence incluses dans le mucus, quelquefois à la surface des matières; il en est ainsi lorsqu’il s’agit de cellules pavimenteuses anales, mécaniquement entraînées. Cette dernière espèce cellulaire peut également provenir de la cavité buccale. Chez le nouveau-né, le nourrisson, les cellules pavimenteuses sans noyau ont comme origine, le vernix easeosa, le sein maternel.

Plus souvent, il s’agit de cellules cylindriques.

a) Quelquefois elles sont très reconnaissables, à peine modifiées. Généralement isolées, elles sont en d’autres circonstances, unies les unes auxautres; on a pu retrouver des glandes de Lieberkühn entières (choléra).

TUBE DIGESTIF

b) Il en est de très grosses, ayant près du double du volume normal, et souvent remplies de grosses gouttes de graisse.

c) Cellulesenvoiede désagrégation. Nothnageladécrit des cellules épithéliales altérées en forme de fuseau, ayant perdu leur aspect normal, petites, en voie d’atrophie, avec un noyau indistinct; dans les formes les plus prononcées, elles se présentent comme de petits fuseaux homogènes, sans noyau. Ce seraient des cellules ayant subi une sorte de dessiccation. On les rencontrerait dans les scybales dures. Kitawaga, qui les a trouvées dans les selles aqueuses, diarrhéiques et après la mort sur la muqueuse intestinale même, croit que ce sont des éléments ayant subi une dégénérescence, semblable à la dégénérescence hyaline de Recklinghausen, ou à la nécrose de coagulation de Weigert. Schmidt pense à une altération non encore décrite, une imbibition du protoplasma par des savons.

: d) Il y a enfin dès cellules plus ou moins détruites paraissant avoir subi l’action des sucs digestifs.

Dans le catarrhe de l’intestin, on trouve très souvent dans les selles des cellules épithéliales mêlées au mucus. Si l’on ne peut d’après leur . abondance conclure à l’intensité plus ou moins grande du processus inflammatoire, on peut cependant admettre dans le cas où le mucus évacué est pauvre en cellules, que l’hypersécrétion muqueuse est plutôt le fait d’un trouble nerveux que d’une inflammation (Schmidt). Ce serait le cas de la « colique muqueuse » de Nothnagel.

Les cellules isolées dans les selles, encore adhérentes entre elles, indiquent une lésion grave de la muqueuse et la rapide traversée du contenu (choléra). La présence de cellules à demi digérées, de grains biliaires en amas alvéolaires plaide pour une altération de l’intestin grêle (typhus, tuberculose intestinale). S’il y a en même temps des globules de pus, on doit songer à des ulcérations de la muqueuse.

3° Les globules rouges sont rarement reconnaissables. Ce sont simplement des « ombres » ou des amas sans forme. Leur constatation dans les selles se fait plutôt à l’aide des réactions convenables que par l’usage du microscope.

4° Plus importante est la recherche des leucocytes. Le pus abonde parfois dans les selles et peut être facilement reconnaissable, dans le cas par exemple de l’ouverture dans l’intestin d’une collection purulente. Mais il peut n’être reconnu, surtout lorsqu’il s’agit d'altérations muqueuses, que par l’étude histologique.

Parmi les leucocytes, on trouve, d’après Schmidt :

" a) Des formes bien conservées, mono ou polynucléaires granuleux, neutrophiles et éosinophiles, ces derniers s(observant souvent avec les cristaux de Leyden-Charcot,' lorsqu’il existe des vers intestinaux ;

b) Des formes augmentées de volume, souvent vacuolaires. Nothnagel en a observé dans la dysenterie et dans la tuberculose intestinale, où il les décrit comme des cellules géantes;

c) Des formes en désintégration;

d) Des formes en voie de digestion. Celles-ci se voient dans de petits amas muqueux.

Leur présence indique un processus inflammatoire, quelquefois des ulcérations. Mais dans ce dernier cas ils peuvent manquer, parce que 1 ulcère a un siège élevé et que les leucocytes ont pu être détruits par les sucs digestifs.

Nobécourt et Rivet ont étudié les réactions cytologiques des selles des

nourrissons atteints de gastro-entérite. Sauf dans les cas légers, la présence des leucocytes est habituelle. Ils abondent dans les entérites dysentériformes et cholériformes. Dans les entérites banales, ils apparaissent par poussées coïncidant avec la recrudescence des phénomènes infectieul, certaines tentatives thérapeutiques, ou une reprise prématurée de l’alimentation. Nous reviendrons ultérieurement sur ce point.

Enfin signalons la présence possible dans les selles de quelques débris histologiques anormaux : lambeaux nécrosés de la muqueuse, de l’intestin (invagination. intestinale), parcelles de tumeur, etc...

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