‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 3)Chapitre 10 sur 146 · PNEUMONIE TUBERCULEUSE · texte numérisé non relu

PNEUMONIE TUBERCULEUSE

De ce que de grandes masses de pneumonie lobaire existent souvent sans montrer de granulations dans leur intéi-ieur, on a voulu en faire une forme de pneumonie scrofuleusc indépendante de la granulation tul)erculeuse qui est le tubercule vrai.

Mais quand on examine de près toutes les parties du poumon, on trouve toujours ou presque toujours des granulations bien nettes dans d'autres parties de cet organe ou sur la plèvre : quelquefois la plèvre viscérale n'en présente pas, et on en trouve sur la plèvre costale, ou dans le péritoine ou dans le;i autres organes ; mais nous ne connaissons pas de fait bien dé • montré de pneumonie caséeuse, telle que nous venons de la décrire, sans qu'on ait pu trouver de granulation tuberculeuse reconnaissable. La statisti(iue de faits très-nombreux examiné:; à ce point de vue par M. Thaon lui a donné le même résultat.

Pneumonie interstitielle. — Nous avons vu précédemmenj que la pneumonie interstitielle survenait souvent au somme'! des poumons autour de grandes cavernes tuberculeuses : on; peut trouver dans ces masses indurées, le plus souvent noireS et ai'doisées, des granulations tuberculeuses très-caractéristiques et qui probablement restent très-longtemps au sein de ce tissu sans subir de destruction.

Mais de plus il existe une forme de tuberculose dans laquelle les granulations, assez nombreuses cependant, et distribuées par îlots, sont entourées, dans tous les points des poumons où elles existent, par une pneumonie interstitielle pigmentée. Nous avons eu souvent occasion d'observer des exemples de ce genre, qui ont été bien décrits dans la thèse de M. Tiiaon (1). La tubei'culisation présente alors une marche plus ou moins rapide, mais elle n'a pas une grande tendance à déterminer de pneumonie lobulaire ou lobaire.

La distribution générale des lésions tuberculeuses du poumon est telle que ce sont toujours les sommets qui sont; envahis les premiers, et de la façon la plus grave, et (]ue généralement, surtout dans la forme lente de la tul)erculose, un des poumons est pris le premier longtemps avant que le second poumon soit envahi.

Ainsi on trouve, par exemple, dans le poumon droit, des cavernes considérables au sonmiet, avec de la pneumonie

(1) llcchcrches sur t'analomie palholorjique de la tuberculose, 1873.

interstitielle et une calotte pleurale très-épaissie el fibreuse ; le lobe moyen présente des noyaux étendus de pneumonie casceuse avec des cavernes en voie de formation à leur centre, et le lobe inférieur offre une masse de pneumonie lobaire à i)lusieurs degrés, sans quil y ait encore de cavernes. La plèvre de ces deux derniers lobes sera recouverte d'un exsudât iibrineux, et montrera des granulations tuberculeuses. De l'autre côté, il y aura quelques lobules de pneumonie caséeuse, une ou deux petites cavernes dans le lobe supérieur, et, dans le lobe inférieur, de la congestion et des granulations tuberculeuses : celles-ci seront très-nombreuses sur la plèvre gauche; c'est là un type commun, mais rien n'est plus variable que la forme et la distribution des lésions.

Au lieu de subordonner les lésions inflammatoires aux granulations tuberculeuses, ISiemeyer, Buhl et plusieurs auteurs allemands regardent la pneumonie caséeuse connue pouvant être la suite de toute pneumonie aiguë ou d'une bénuirrhagie pulmonaire. De plus, poiu" eux, les tubercules ne seraient autre chose (jue le résultat d'une infection consécutive à la destruction des foyers caséeux. Cette théorie supporte ditticilement l'examen, car il est des cas, où, de l'aveu même de Niemeyer et de Buhl, les recherches minutieuses faites sur le cadavre d'individus morts de phthisie granuleuse généralisée, n'ont fait découvrir aucun foyer caséeu.v. On est obligé alors de recomiaitre quelhypollièse d'une infection par résorption d'un l)rodnit caséeux d'origine inllammaloire ne s"apph(]ue pas à tous les cas.

D'un autre côté, dans la plitliisie chronique, il nous [tarait bien plus naturel, et nous pouvons même dire d'mu' évidence qui s'impose, (h- reconnaître an tubercule la uuMue marche r|u'ii toutes les tnnu'uis. Dans celles-ci, en elVet, (luelle (|ue soit leur naliM'e, sarcome, carcinome, é|»ithéliônu', etc., la tumeur s'accrnil par bi pt'riphérie, sons forme de petites niasses arrondies, imies à la tumeur primitive ou isolées, et la |>artie la pins centrale, la plus .inciemie de la tnnu'ur, a subi une évolution (li'jà avancée, |>eul niêMic être caséeuse ou ulcérée, tandis (pu' les masses p(''riphi''rii|ues sont jcMmes. j;h bien, dans le dévelM|ipcm('iif des tubercules, la nn^'uie marche s'observe : dans les parties les plus aiicieiinc<s, les granulal\ons tuberculeuses devenues jaun;\lres el caséeuses sont mal dislincles au milieu de iinennionics ayant siilii la même dt'';^t''né'rescellce

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