‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 3)Chapitre 11 sur 146 · PLÈVRE · texte numérisé non relu

PLÈVRE

qu'elles ; ces parties peuvent mémo avoir disparu par l'ulcération. A la périphérie, au contraire, les granulations sont jeunes et semi-transparentes. Mais de même que dans les tumeurs précitées, il ne vient pas à l'esprit que les masses récentes soient d'une nature différente de la partie centrale affectée par des métamorphoses régressives, de même, dans le cas de tuberculose, il est illogique de supposer que les parties anciennes n'aient pas présenté à leur début les mêmes caractères que les parties récentes.

D'après les développements anatomiques qui précèdent, on voit que nous subordonnons les lésions inflammatoires variées, les diverses espèces de congestion, de pneumonie lobulaire ou lobaire, caséeuse, colloïde, interstitielle, etc., à la granulation tuberculeuse, tout en reconnaissant que pneumonies et granulations appartiennent à une même maladie générale.

Nous ne pouvons par conséquent souscrire à l'idée du dualisme de la tuberculose soutenue par beaucoup de médecins français et étrangers, en particulier par Virchow, d'après lequel les granulations tuberculeuses d'une part, la pneumonie d'autre part, constitueraient deux processus absolument distincts. La fréquence relative de la pneumonie que Virchow appelle pneumonie scrofuleuse, et que nous venons de décrire sous le nom de pneumonie tuberculeuse, a été exagérée par les anatomistes qui ont souvent regardé comme une pneumonie simple des tul)ercules confluents en dégénérescence caséeuse, et qui de plus décrivaient conmie pneumonie toute lésion 'dans laquelle la néoformation siégeait au milieu des alvéoles pulmonaires.

Les travaux les plus récents publiés en France par MM. Thaon, Lépine et (irancher consacrent Tunité de la phthisie pulmonaire telle (ju'elle avait été conçue par Laennec. Les recherches expérimentales faites par M. Viilemin sur l'inoculabilité de la phthisie à certaines espèces animales (voy. p. 200), expériences continuées par MM. Chauveau, Vulpian, Béhier, etc., donnent un nouvel appui à la conception unitaire de la phtliisie en montrant que l'inoculation de la pneumonie caséeuse donne naissance aux mêmes productions que l'inoculation des granulations tuberculeuses.

§ «. -- Plèvre.

Nous avons suffisamment développé (voy. p. 456 à lil\) l'histologie patbologiqae générale des nu'mbranes séreuses, [)our

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n'avoir pas à. répéter ici le détail de ces lésions microscopiques à propos de la plèvre. Presque tout ce que nous avons dit, en eflet, lelativemenl aux séreuses en général, s'applique à !a plèvre, et nous n'aurons à rapporter ici que ce qui lui appartient en propre. .Nous verrons que, dans la plupart des cas, les lésions de la plèvre sont subordonnées à celles du poumon, et leur empruntent tout ce qu'elles ont de spécial.

Congestion; ecchymoses; pleurésie hyperplastique d'emblée. — La congestion de la plèvre viscérale s'observe toutes les fois que le poumon est lui-même congestionné. Les vaisseaux capillaires qui appartiennent à la mince couche de tissu conjonctif tiansparent, qui forme la plèvre viscérale, sont remplis et distendus par le sang. La plèvre viscérale laisse voir par transparence les cloisons interlobulaires du poumon parcourues par les vaisseaux sanguins et lymphatiques. Les espaces polygonaux qui forment à la surface pleurale la base des lobules pulmonaires, sont en eflet limités par une traînée blanchâtre ou pigmentée en noir cliez les sujets âgés, et l'œil nu reconnuit très-facilement dans ces bandes les vaisseaux sanguins plus ou moins remplis de sang et les vaisseaux lymphatiques, au moins aussi volumineux que les veines interlobulaires, quisont très-superficiels, transparents, dont les parois sont minces et aplaties.

Lorsque la congestion pulmonaire est très-intense et qu'il y a eu de la dyspnée, qu'il s'agi-se d'une maladie du cœur ou du poumon ou d'une aspliyxie due à t;)ut autre cause nialadies de la trachée ou du larynx, submersion, strangulation, etc.,) on trouve à la surface de la plèvre paiiélale des petites ecchymoses poncliformes ou ayant un ou plusieurs millimètres de diamètre, (les ecciiymoses sont caractérisées par une e\tra\asati(tn des glol)ules rouges dans le tissu conjonctif de la plèvre à la suite de la distension des capillaires. Ces eccinmoses, lorsipi'elles sont récentes, laissent même suinter un liipiide sanguiiioiiMit à la surface libre de la |ilèvre, oii elles forment un b'-ger relief. IJicntôl après leui- foiination, les globules sanguins sortis des vaisseaux se modilient, se transfoiinenten granulations pignu'utées rouge-i»run et noires, et la saillie de l'ilot, rouge dabonl, s'an'.iisseen nu'-nie temps qti'il devient brun ardoise-, puis linalcmerit noir.

Il est rare i|uc dans les autiqtsics de malades morts par lo crrur oti avec un em|»liysènM' et une dyspnée inIcMises, on ne trouve pas dissi'riiiiii'es sur la |dèvre viscé-rale une grande (piantiti' de

ONGESTION.

ces petites ecchymoses dont les unes sont rouges et récentes, les autres brun foncé, les autres noires ou ardoisées.

En même temps alors on constate les eflets de la congestion chrcndqvo de la plèvre qui consistent surtout dans un épaississemenl plus ou moins marqué de la membrane et dans des productions végétantes, de petits bourgeons ou villosités constitués par du tissu conjonctif et souvent aussi dans un hydrothorax. La plèvre est ])lanchàtre, d'un aspect louche ; elle a perdu sa transparence ; cet état est du reste peu prononcé, et il faut avoir une certaine habitude pour le reconnaître, parce que la plèvre viscérale ainsi altérée est généralement très-peu épaissie et elle a conservé sa souplesse et son poli. L'opacité de la plèvre est due alors à l'épaississement de ses faisceaux fibreux, en même temps qu'à la tuméfaction des cellules plates du tissu conjonctif et à leur prolifération.

En regardant avec soin la surface de la plèvre, surtout au niveau des bords antérieurs des poumons et du bord tranchant des lobes, on reconnaît souvent en pareil cas de petites saillies analogues à un petit bourgeon rouge et charnu, ou des villosités plus longues, ou des filaments qui font adhérer les bords ou les faces des lobes en contact les uns avec les autres, La structure de ces bourgeons et des adhérences filamenteuses est celle du tissu conjonctif; ils sont parcourus par des vaisseaux et couverts d'épithélium pavimenteux (page /j65). Ce sont des lésions lentement produites , qui appartiennent à la pleurésie chronique d'einl)lée plutôt qu'à la congestion ; mais cependant on ne pouvait les rapporter à une pleurésie pendant la vie parce qu'elles ne donnent pas par elles-mêmes d'accidents notables. De plus, ces lésions dérivent d'une congestion avec irritation chronicjue et on peut s'assurer même que les ecchymoses peuvent devenir le point de départ de productions fibreuses. Il existe en ell'et quelquefois à côté de petites ecchymoses les unes rouges, les autres ardoisées, de petites saillies blanchâtres de même forme et de même dimension, qui ne sont autres que de petits fibromes à lanu'llcs plates de (issu conjonctif. Ces productions (jui ont été appelées tubercules fibreux et bien distingués, |)ar Amiral, des gramilalioiis tuberculeuses, n'ont en efiet aucune analogie do siniclui'e avec ces dernières. Elles ressemlilent exactement au\ indiu'atioiis analogues de la capsule fil)reuse di^ la raie, et répoudciil à la description que nous avons doimée page 155. Elle;» ont quelipielois l'apparence cartihiginil'oi'nu'.

Celle congestion (•hroiii(pio, ces inochlic ations intlanunaloirei»

survonues lentement peuvent s'accompagner d'un épanchement pleural li({uide, d'un hydrothorax plus ou moins abondant, mais en général restreint à la partie inférieure de la cage thoracique. Là où existe l'épanchement, les fausses membranes fibreuses qui unissent la plèvre pariétale au poumon, sont œdémateuses ellesmêmes ; leurs vaisseaux sont très-distendus ; les libres du tissu conjonctif sont écartées par le liquide, et dans ce dernier qui

Fil:. 281. — Itrides filnmonlciisoii ilo la iilùvio l'pcoiivrrtp» ilo loiir 6|iitbi''liuui, A, II, vaii<Heniix iinii|;uiiiH ; ioiprùgimtinn il nrifvnt, Gro»sixiu>inont lia 80 iliaiiièiro».

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l'i.i ritr.«ir. i nniiM'.rsK. — Dans lunlc inlI.iinMiaiinn ai'jin"' (h'

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