‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 3)Chapitre 15 sur 146 · DE LA BOUCHE ET DE SES ANNEXES · texte numérisé non relu

DE LA BOUCHE ET DE SES ANNEXES

niées et le liquide muqiieux chargé de globules blancs qui s'accumulent dans les dépre^^sions crypteuses constituent une masse pultacée qui apparaît à leur orifice sous forme de points gris. En pressant sur la glande avec le bout du doigt on peut fare sortir ces productions qui sont molles et d'une odeur fétide.

Si l'inflammation est plus profonde, l'amygdale est beaucoup plus tuméfiée et le liquide exsudé avec de jeunes cellules dans le tissu sous-muqueux se collecte en un abcès qui s'ouvre trèsfacilement de lui-même.

Les angines catarrhales répétées chez les jeunes sujets lymphatiques amènent presque toujours une hypertrophie persistante du tissu lymphoïde des amygdales qui sont de plus très-irrégulières et déchiquetées à leur surface.

L'inflammation diphthvritique caractérisée par une fausse membrane grise, mince, assez dense et adhérente à la surface de la muqueuse non ulcérée (voy. p. 69 et 89) n'existe guère sur la muqueuse de la bouche que sur les amygdales et sur le voile du palais. On voit apparaître des cuticules superficielles qui se détachent difficilement, s'unissent en une plaque dure et adhérente. La première fausse membrane étant enlevée ou détachée artificiellement, il s'en produit bientôt une nouvelle, ou bien il y a des stratifications de ces plaques diphthéritiques, les plus anciennes étant repoussées par les nouvelles à mesure que celles-ci se forment à la surface de la muqueuse. La luette est souvent recouverte ainsi par ces productions qui l'entourent ; les amygdales en sont plus ou moins atteintes et la maladie peut s'étendre, soit du côté des fosses nasales, soit du côté du larynx. On voit môme quelquefois des plaques diplithéritiqucs survenir consécutivement sur la muqueuse des joues et des lèvres. Dans cette maladie infectieuse qui revêt quelquefois la plus grande gravité, les ganglions lymphatiques du cou sont toujours hypertrophiés et enfiannnés. il n'y a généralement pas d'ulcération au-dessous des pla<iues diphtliéi'ili(]ues.

La rjamjn'nr de la bouche [ntma] succède aux maladies infectieuses telles que la rougeole, la variole, la gangrène du poumon, etc., et après avoir débuté parles couches profondes de la muqueuse buccale, elle peut envahir progressivement les couches sous-jacentcs et se terminer par des fistules des joues ou par des destruclinns suppuratives qui compromettent même

les vaisseaux delà région. C'est ainsi que de grandes masses de l'amygdale et du tissu conjonctif voisin ayant été détruites, ou bien l'ulcération gangreneuse quoique petite ayant de la tendance à s'étendre en profondeur, il a pu s'ensuivre une érosion avec perforation de Tartère carotide externe.

La gangrène se montre primitivement aux lèvres et aux amygdales dans l'anthrax charbonneux, maladie infectieuse au premier chef et causée par la présence de bactéries dans le sang suivant Davaine.

Ces diverses angines, et tout particulièrement l'angine diphthéritique, s'accompagnent quelquefois de paralysie du voile du palais, suivie elle-même de paralysie plus ou moins étendues à d'autres parties du corps. D'après l'observation de Charcot et Yulpian, les tubes nerveux des nerfs moteurs du Voile du palais sont altérés et présentent une dégénérescence granuleuse de leur myéline dans cette paralysie.

Tumeurs. — L'hypertrophie persistante de parties limitées de la cavité buccale n'est pas absolument rare. Telle estl'hypertro- [tliie des lèvres et de la bouche qu'on observe chez les sujets lyn> [diatiques, et scrofuleux, chez les crétins; tels sont les hypertrophies du voile du palais et de la luette. L'hypertrophie des Ixivres (macro-cheilie) et l'hypertrophie de la langue (niacroglossie) consistent dans un épaississement avec néoformation des éléments du tissu conjonctif en même temps qu'on observe un développement très-iemarquable des espaces caverneux lym[»hali(iucs. Ces espaces tapissés par un ondotliélium à cellules aplaties sont remplis |tar une séi'osité contenant de nombreux corpuscules Iynipliati(|ues (N irchow, Hillrolh). Ce sont là des lésions qui lépoiideiit exactement aux tunuuns lympliati(|U('s de la peau et en particulier à celles du tissu cellulaire du cou. Dans im cas de macro-cheilie oiiéré récemment par M. Dolbcau, M.(irancher, (|ui en a fait l'examen microscopique, a constaté une transformation Uitreuse du lissu conjonclif sousinuqueu.x (|ui présentait aussi îles ilols de tissu embryonnaire. Dans le lissu conjonctif hypertrophié existaient de grandes lacmu's lymphatiques dont qiiel(HU!s-unes étaient renq)lies de lii)rine librillaire avec de grandes cellules endolhéliales gonhées.

>()us avons observe- , dans ini cas provenant du service de M. Desnos, une liNperlrophiiMlu \oile du palais, qui recoiinaissuit pour cause une néofornialimi de lissu conj(Uiclif accoin|)agiice

Page 1