‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 3)Chapitre 20 sur 146 · CHAPITRE HI. — DE L'ESTOMAC · texte numérisé non relu

CHAPITRE HI. — DE L'ESTOMAC

§ i. — Histologie normale «le Testoniae.

L'estomac présente à considérer trois tuniques qui sont : la membrane muqueuse, la musculeuse et le péritoine, réunis par du tissu conjonctif. Ce dernier est le plus abondant dans la couche muqueuse, entre la couche glandulaire superficielle et la tunique musculeuse.

La muqueuse de l'estomac est pâle à l'état ordinaire, rosée ou rouge pendant la digestion; plissée en long dans l'état de vacuité, elle est unie, lorsque l'estomac est distendu, elle présente souvent des rides, des mamelons ou des plis irréguliers dus pour la plupart aux contractions des fibres lisses. Son épaisseur est d'autant plus grande que du cardia on se rapproche du pylore, région où elle atteint son maximum.

Une section perpendiculaire à la surface de la muqueuse montre la couche des glandes, qui est de couleur grisâtre uniforme, plus épaisse également au pylore qu'à la grosse tubérosité.

Les glandes de l'estomac sont de deux ordres : les unes, glandes muqueuses, occupent toute la région pyloi'i(jue et se rencontrent également, mais en moindre quanlité, au niveau du cardia; les autres, qui occupent tout le grand cnl-de-sac et la région moyenne de l'estomac, sont les glandes à pepsine. Les premières sécrètent le nuicus stomacal et les autres le suc gastrique.

Lorsqu'on examine au microscope des sections minces, perpendiculaires à la surface, sur des fragments d'estomac de chien durcis dans l'alcool pur, on vnit (|ue partout les glandes en tnhe, parallèles les unes aux auties et perpendiculaires à la surface, viennent s'ouvrir dans des di-pressinns de la sin'fai-e. Chacune de c(>s déiiressions lecoil ralmuchenienl de deu\ onde plusieurs tubes parallt'les. Ces petites excavalion»^ siqierficielles sont s(''(tan''es par (lesreli<'rs circulaii'es delà nniqiieuse cpii, sur les sections, ap|iaraissenl connue aiilani d'i-levincs (-(unparables ■ides papilles pen t'-leM-es el cnniqnes. Ces saillies et ces diqu'OSsioDs sont tapissées partout p.U' nn<' cniiciie uni<pie el non interrompue île cellules cylindriqnes ciipiilirormes de 20 ft de loii'.:neur, adlii-reiile-i ,'1 l:( ciniclie sii|ierli('ielle Imniogènc (Ic la

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muqueuse. Ces cellules de revèteaient ou délomoiphes (Rollet) présentent un protoplasma et un noyau situés à leur point d'implantation, tandis que le reste de l'élément, exc'avé en calice, contient un mucus transparent qui se continue avec la couche mince de mucus qui d'habitude se trouve étalée et et adhérente à la surface de la muqueuse. D'autres fois l'extrémité libre de ces cellules, au lieu d'être creuse, est fermée par une membrane extrêmement mince.

Le mucus qui tapisse la surface de ces cellules possède la réaction acide du suc {gastrique (Bernard).

Cette couche superficielle de cellules et le tissu de la muqueuse sous-jacent s'altèrent avec la plus grande rapidité après la mort, sous l'influence du suc gastrique qui dissocie les éléments, les rend transparents et les dissout par une digestion cadavérique. Aussi ne peut-on voir aucun des détails histologiques relatifs à la muqueuse stomacale chez l'homme, si ce n'est chez les individus suppliciés.

Les glandes à pepsine sont formées par des tubes cylin* driques qui se terminent dans les dépressions signalées plus haut, et qui de là gagnent la profondeur de la couche glandulaire : elles mesurent en longueur 0""',^ à 1°"" l/"2, et0,060 en largeur. Elles n'ont pas de membrane anhyste isolable, mais leur limite avec le tisSuconjonctif voisin est formé par une couche de cellules aplaties du tissu conjonctif. Elles possèdent deux ordres de cellules : les unes sont les cellules à pepsine décrites par Kolliker, et qui consistent en une masse sphéroïde, granuleuse, obscure, au centre de laquelle on voit un petit noyau rond. Ces cellules, dont les granulations sont formées de substance protéique, siègent tout le long du tube glandulaire et près de sa limite extérieure, de telle sorte même qu'elles font saillie à la surface des glandes en y déterminant de petits renflements. Ces cellules se colorent fortement par le carmin et par le bleu d'aniline soluble dans l'eau. D'autres cellules existent aussi dans les glandes à pepsine, où elles ont été décrites par Heidenhain : ce sont des cellules cylindriques coni- <iues finement grenues dans toute leur masse, intimement unies, et dont la base siège à la limite de la glande, tandis que leur extrémité se trouve au centre du tube, il résulte de cette disposition que, sur une section transversale d'un tube glandulaire, on voit à la péripliérie de la surface circulaire, deux ou trois ou un plus graïul uuml)re de cellules rondes granuleuses, tandis fjue le reste est renq)li par les cellules cylindriques dont

les bords rayonnent de la périphérie au centre de la section en V laissant une lumière centrale circulaire très-étroi'e.

Chacun des tubes est entouré par une zone étroite de tissu conjonctif dont les fibres suivent la même direction que la glande, mais les quatre ou cinq tul)Os glandulaires qui s'ouvrent dans la même dépression de la surface muqueuse, sont isolés des groupes voisins analogues par une plus grande épaisseur du tissu conjonctif.

Les glandes muqueuses de la région pvlorique sont aussi des glandes eu tube composées, ressemblant comme disposition générale aux glandes à pepsine, à cette diflY'rence près qu'elles sont plus volumineuses, que les tubes en sont plus larges et qu'elles ne contiennent qu'une seule variété de cellules, des cellules cylindriques. Ces cellules se rapprochent de la structure de celles de la surface, mais leur extrémité libre n'est pas habituellement creusée en cupule et elle est seulement limitée par une mince cuticule. Elles sont très-longues et étroites et leur noyau est ovoïde et effilé; la lumière centrale qui limite leur cavité est beaucoup i)lus grande que celle qu'on observe dans les glandes à pepsine.

Les glandes que nous venons de décrire composent la plus grande partie delà couche superficielle ou couche glandulaire de l'estomac. Elles sont séparées les unes des auties par des faisceaux cntielacés de tissu coiijonclif auxquels s'adjoignent des fibres musculaires lisses au niveau de la partie inféiieure des culs-de-sac (couche musculeuse de la membrane muqueuse). Ces fibres nmsculaires pénètrent nuMue entre les glandes jusqu'au voisinage de la surface stomacale. 11 existe en outre à la surface, dans les plis saillants, mie substance conjonctive amorphe. Ce tissu conjonclif est parcouru par des vaisseaux capilhiires très-nombreux et très-ténus (|ui s'élèvent verticalement du (issu sous-muqueux entie les glandes, s'anaslomosanl transvei'salemcnt autour d'elles, (les ca|>illaires iormciit un réseau Mi|HMli(iel aulniii' de l'orilice des glandes et an sommet dci' plis (]ui limitent b's dépressions de la smlace muqiu'use à la suilace de l'estomac, imuu'diatemeut sous It-iiilbélium. Les capillaires de ce rc'-seau superficiel c()mmuui(pieiil les uns avec les autres et sont |)lus gros «[ue les capillaires verlicauv ; c'est (le là que naissent par des radicules nmltiples les veines assez larges et ébùgnées les unes des autres, (jui gagiuMil direclemi'ut le ri'scau veineux .sous-muqueu\.

Les arlériok's (|ui l'oiniiisseiil les capillaires à la muipieusc

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