DYSENTERIE AIGUË
sensation de brûliife à l'anus, constituent le signe caractéristique de la dysenterie. Au bout de peu de jours existent déjà des ulcérations petites, taillées comme à l'empoite-pièce, ou des pertes de substance irrégulières et peu profondes. Ces pertes de substance sont le siège de mucus transparent ou louche, et elles sont rendues en apparence plus profondes q.u'elles ne sont en réalité, par le bom-geonnement et l'épaisseur de la muqueuse non ulcérée qui les avoisine. Ces lésions sont très-limitées dans la forme de dysenterie simple qui se guérit assez rapidement dans notre climat.
L'examen microscopique des parties de la muqueuse boursouflées montre les faits suivants :
t" Dans la couche glandulaire, les vaisseaux très-turgides sont entourés d'un tissu conjonctif infiltré de cellules lymphatiques, et les cloisons interglandulaires sont accrues en longueur aussi bien qu'en épaisseur par cette inflammation. Les glandes de Lieberkiihn subissent dans ce cas, comme dans les lésions relatées déjà dans l'estomac (voyez page 783 et suiv. ) une élongation, ou une compiession avec des rétrécissements alternant avec des dilatations partielles sur un même tube ou sur d'autres glandes. Les cellules épithéliales des glandes sont conservées à leur place; elles sont généralement hypertrophiéts et cupulilormes. Ouant aux cellules d'épitlu'lium de la surface, il sérail, ainsi que nous l'avons dit, l)ien inutile de les chercher vingt-quatre heures après la mort, mais on peut être sur qu'elles sont partiellement au moins en desquammation pendant la vie, car on en trouve, ainsi que nous le dirons bientôt, dans les selles dysentériques du début de la maladie.
2" Dans la couche la plus superlicielle du tissu conjonctif de la muqueuse, située immédiatement au-dessous des glandes de LiebL'riviihn, là où les vaisseaux constituent le plexus d'où partent les capillaires, les cellules lymphaticjues sont extrêmement nombreuses autour des vaisseaux. Il y a une inliltralion inllanimatoire, accompagnée d'épaississement du tissu ci>nj()nctif, audessous des glandes de IJeberkiihn et autour des follicules clos. Ces derniers sont tuméllés également et renqdis de cellules l\in|)hali(iues, et ils font saillie à la surface de la muqueuse. Ln ramollissement central par suite de l'abondance des éléments cellulaires qui engorgent les mailles réticulées des follicules peut se produire alors, et aboutir à leur perforation à la surface de la muqueuse, et leur suppuration est suivie alors d'un ulcère folliculaire.
Dans les points où l'exsudat inflammatoire très-abondant, composé de cellules lymphatiques et de liquide contenant de la fibvine, infilti-e le tissu conjonctif au point de comprimer les vaisseaux, il se produit une véritable mortification de la partit» de la muqueuse où ces derniers se rendaient. C'est ce qui a lieu piécisément dans la couche de tissu conjonctifsous-jacente aux glandes de Lieberkùhn, et autour des follicules clos. Alors des lambeaux plus ou moins étendus de la couche glandulaire sont détachés par la suppuration qui a lieii au-dessous d'eux et sont expulsés par fragments plus ou moins grands, plus ou moins reconnaissables à l'œil nu ou à l'examen microscopique. Un les trouve dans les évacuations diarrhéiques. Lorsque la moitification comprend une porlion de la couche glanduleuse, il en résulte une ulcération plus ou moins étendue à fond plat, siégeant en général au sommet d'un pli et irrégulière. Lorsque l'eschare a intéressé un follicule lymphatique et le tissu qui l'entoure, il en résultera, après son expulsion, un ulcère plus profond, petit et de foime circulaire.
Les ulcérations, une fois formées, continuent à s'étendre par la fonte suppurative des parties infiltrées de cellules lymphatiques et, même circonscrites, elles donnent du i)us à leur surface pendant tout le temps que dure la dysenterie à l'état aigu.
Celle-ci peut se guérir par la réparation de perte de la substance, par la végétation d'un tissu de bouigeons charnus et par la cicatrisation (|ui en est la suite, ou bien elle passe à l'état chroni(|uc.
Tel est le (h'gré le plus léger de la maladie qui, dans certains cas, est (rès-limitée.
La dysenterie aigiié uiarf, qu'eUe s'ol)seive à l'élat spora- (lique dans les pays chauds, ou à l'élat (''|ti(lémi<|ue, consiste dans les mêmes phiMiomènes, mais ayant une inlensilé l)eaucoup plus grande en même temps que les lésions se généralisent à la plus grande partie nu à la totalité du gros intestin. Il peut même y avoir des lésions catarrhales plus ou moins profondes du côlé de l'intestin grêle dans cette maladie.
A l'autopsie des individus morts pendant la période aiguë de la dysenterie grave, on trouve les ulct-rations, di'crilcs précé- ( édeminent, brancoiqi plus étendues, plus profondes, et réparties sui' presque toute la surface du gros inle>tin, depuis le rfi'cum jusqu'à l'anus. La surface des ulcéiations est lant«M recouverte de dt-bris iuliltn's de pus et non encore dt'tachés de