‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 3)Chapitre 26 sur 146 · DYSENTERIE CHRONIQUE · texte numérisé non relu

DYSENTERIE CHRONIQUE

cutifs à la vicialion du sang de la veine mésaraïque (voyez plus bas à propos des lésions du foie). L'intestin grêle présente souvent les traces d'un catarrhe plus ou moins intense et profond; d'autres fois, il est atrophié par inanition de même que l'estomac.

Dysenterie chronique. — La dysenterie chronique succède à la dysenterie aiguë, ou s'établit chroniquement d'emblée. Les diarrhées chroniques des pays chauds qui, par certains caractères symptomaliques et parleur marche peuventètre distinguées de la dysenterie clu'onique, n'en dillerent pas au point de vue anatomo-pathologique. Ce n'est qu'au bout de plusieurs mois, souvent de plusieurs années à partir du début de la diarrhée, que la mort arrive. A l'autopsie, la muqueuse est boursouflée par places et congestionnée, très-rouge surtout sur les parties saillantes qui limitent des enfoncements simulant au premier abord des ulcérations. Dans certains points en effet, là où l'on croit par l'examen à l'œil nu à de véritables pertes de substance, on trouve les glandes de Lieberkûhn conservées et le relief des parties voisines, dû tout simplement au bourgeonnement du tissu coUulo-vasculaire qui sépare les glandes allongées, simule seul celte apparence d'ulcérations. Dans d'autres cas, il s'agit bien en réalité de pertes de substance et d'ulcérations véritables, que ces ulcérations ne compromettent qu'une portion de la couche glandulaire, ou qu'elles pénètrent jusqu'au tissu cellulaire situé au-dessous d'elle. La surface de ces ulcérations est brune ou ardoisée, et, sur elles, on voit à l'œil nu des oriûces plus ou moins réguhers, qui conduisent dans des dépressions folliculaires situées plus profondément au milieu même du tissu conjonctif sous-muqueux. De ces petites caxités qui mesurent de 1/2 à 1 et 2 ou 3 millimètres de diamètre, qui existent en nombre plus ou moins considérable soit sur une même ulcération, soit sur plusieurs ulcérations, on fait sortir par la pression un mucus concret semblable à du frai de grenouille.

Le mucus gélatiniforme, tiré des ulcères foUiculeux, examiné à l'état frais, montre des cellules cylindriiiues, la plu[)art cupuli formes, (hsposées à la périphérie de la gouttelette où elles sont parallèles les unes aux autres ; le centre de la masse semiliquide contient des cellules fusiformes ou allongées, ou ovoïdes, ou sphéri(|ues, devenues colloïdes, (|ui sont des cellules cylindriques ou des globules blancs modiliés. Le mucus

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traité par l'acide azotique ou par l'acide acétique donne un précipité opaque.

Les sections de la muqueuse convenablement durcie, comprenant à la fois le bord des ulcères, les ulcères eux-mêmes et les cavités pleines de mucus, montrent les faits suivants.

1° Dans les parties de la muqueuse tuméfiées, congestionnées et boursouflées («,tjg. "291) qui séparent les ulcérations, les glandes de Lieberkiilin i(j) sont très-longues et très-volumineuses; elles sont séparées par le tissu conjonctif où cheminent des vaisseaux distendus par le sang.

Au-dessous de la couche glandulaire, la couche musculeuse superficielle de la muqueuse est normale, et le tissu conjonctif est simplement hypérémié en même temps que ses cellules sont plus volumineuses qu'à l'état normal. Les sections des follicules offrent tantôt une foi me ellipsoide dont le grand diamètre est parallèle à la muqueuse, tantôt une forme circulaire.

FiL'. 2','!. — Sortioti piM'pi'niliriiiiiiii» i"i lu snrfuci- de rintestiii Mil niveau d'une iilcoratiMn dvFt-nt^riqiiP. Il, a, parties faillantus ili; lu miiqiieuço nvi-c les ^Inniiufi en tiiWe (/ ; tu, m, glanJes en liiUe» située:' fnr lu partie uloérée di' lu innipieuse et réijniles A leurs eiilf-de-sai' ; b. h, pei'teii de siilistiinee remplies de niiiciw et ic collnles eylindriipies (pii s'onvi-ont pnr un orilieo étroit l'i lu surface du la luiiqucuiie ; il, piiroi et edineiiu de la peite de KiiLiitanec ; e, vuinsuniix. Grossissement de 30 diumétrcs.

2° .\n niveau des parties ulcérées et (b'primées. la surface de la miiqiiei.se ne présente |dus que th's vestiges des glaïuk's en Inbe 'm, tv, fig. '2*)1 ; qui sont réduites à h'in- p;ii lie iiiléi ieure, à leur Imid, à un (ieis environ de leur loii;;iieiir. i-t (pii même manquent alisoliiment par places. Les culs-de-sac apparleiiant à ces glandes en tiibtî en grande jiarlie dctiiiites cttnliennent des C(;Ilules cylindrifines, itour la plupart ciipiiliforines. Ils soni séparés les uns des antres par un tissu conjonclif infiltré de

DYSENTERIt: CHRONIQL'E.

globules blancs et qui se continue avec le tissu conjonctif e'^alement alleré de la coiicbc sous-glandulaire. Il semble que sur ces parties ulcérées la couche superticielle de la muqueuse ait été rasée, et le tissu ilbreux qui sépare les glandes est détruit en même temps qu'elles. Dans les points oii les glandes en tube n'existent plus, le tissu conjonciif en rapport avec le contenu intestinal ne parait pas i evètu de cellules épilhéliales.

3" C'est^ toujours sur les parties ulcérées que viennent s'ouvrir les dépressions folliculaires ou peites de substance visibles à l'œil nu et remplies de mucus. Leur forme générale est elliptique ou sphérique ; leur grand diamètre est toujours parallèle à la surface de la muqueuse dans le premier cas. Elles s'ouvrent à la muqueuse par un orifice circulaire plus ou moins large, souvent très-étroit et bien régulier (6, (ig. 29 1). [.a couche nmsculeuse de la muqueuse est interrompue à leur goulot [a, tig. 292),

ng. 2J-. — Seotion perpendiculaire à la surfaoe de lintestiu ulcéré, dans un point où les glandes en tubo ont été complètement détruites par liilcération

h, perte de substance remplie de mucus et de cellules cvlindriques ; «, oiifico' ou "oulot de la perte de suh.lan.c ouvert à la s.u-face de l'intestin ; </, couche musculeuse s^uper- Ucielle de la muqueuse interroin!.uo au niveau de l'orifice a: e, tissu eonionctifr, vaisseau. Grossissement do iO diainéties,

mais on la suit au-dessus de la petite cavité, entre elle et la surlace de la nnKiueuse. Tantôt on a alïaire à une cavité unique (d, fig. 291), tantôt à plusieurs loges complètement ou mcomplelemeiit séparées les unes des autres par des tractus lil)rou\ {h, hg. 292\ La cavité unique ou les loges multiples sont remplies de mucus limité à sa périphérie par une couche de cellules cylindriques; ce contenu muqueu.v se détache liuile-

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ment de la paroi fibreiise; il présente des plis et s'enfonce dans les dépressions ou irrégularités de la perte de substance. Le mucus se rétiécit en forme de bouchon au niveau du goulot de la cavité folliculaire, puis il s'évase et forme à la suiface de la muqueuse un rentlement (voy. en (/, fig. 292). Au premier abord, le mucus concret, ses plis, ses dépressions et ses saillies simulent dans leur ensemble une glande en grappe.

La paroi des cavités précédentes est formée par du tissu conjonctif entre les faisceaux duquel existent des cellules plates devenues turgides et des globules blancs. Sur des sections très-

l'ig. 293. — Scclidii jierjpi-iiiruMilaire l'i la !-iiif:ue ilo l'iiik'slin un niroaii .i— » (l'une ■ili'i'intidii.

j, tipciioiiibryoïiiiiiiro innauiinntoirc ilniis ltM|iicl cxistoiil ili's ^'liiiidcs en tiiho dilntt'-i's irr/'piilk'rciiKîiit r; «, trnimle cavili- nu pi-rli! tic ^uIisIuikm! i\ ImiiU iv!?ulipi> <'t cplir-

iiipiUK ilolil lu piiioi /' esit ta|.i«!..-f iii c-iTtain'» \w\\\\-< '\'\w .'l illfli v 1....I. ..,!..■ i

lirndhiii'i-niont ili- 100 (linuièlios.

minces on vnil, à la liniilc iiilciiie de la paroi, lanlôl un revètenieiil cornpU'l de cellules cNlindriques ini|>lanlt'('s perpendiculaircMii'iil coninie sur une nMi(|ueiiso, lanlTil nn ri'\èt('Mienl inconipli'l, Ainsi, dans la ligure 'J!>:i, If revètenicnl épillielial de la prarulc cavih* »( ii'evisle (|ue dans la portion f do sa parui ((iK.*i93elli;i.'iy'i)- L('sc<'lluli'scvliiidrii|ues qui lapissent la paroi

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