‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 3)Chapitre 28 sur 146 · CHOLÉRA · texte numérisé non relu

CHOLÉRA

des excroissances polypeuses constituées par du tissu conjonctif ou par des polypes lihro-muqueux.

Les selles observées pendant le cours de ces diarrhées et dysenteries chroniijues sont très-variables : tantôt, lorsqu'il existe un état aigu, elles deviennent muqueuses, contiennent du sang ou un peu de pus; le plus ordinairement elles sont séreuses, abondantes, de couleur jaune ou verdàtre, ou brune. La diarrhée n'est pas absolument constante pendant toute la durée du mal : elle peut se suspendre momentanément p(>ur revenir ensuite.

Choléra. — Le choléra, maladie infectieuse dans laquelle la plupart des organes sont altérés, a pour maniléstalion première les signes d'un catarrhe intestinal, qui correspond à un état pathologique de l'intestin grêle. C'est pourquoi l'anatomie pathologique de celte njaladie a sa place marquée dans le chapitre consacré à l'intestin.

A l'autopsie des malades qui succombent dans la période de cyanose, on trouve la muqueuse de l'intestin grêle très-congestionnée dans toute sa longueur, mais surtout au niveau de l'iléon. Elle présente une coloration lose, lilas ou rouge : les sommets des plis sont particulièrement colorés par la réplétion des vaisseaux capillaires et des petites veines. La muqueuse est épaissie, turgide, œdémateuse au premier abord. L'intestin est distendu par une grande quantité de liquide blanchâtre, louche, sans odeur, dans lequel sont suspendus de petits flocons opaques (selles riziformes), analogue au liquide rendu pendant la vie.

L'épithélium sui)ernciel des villosités et de la muqueuse est naturellement des(}uamé après la mort par son contact avec ce litjuide ; mais les selles cholériques examinées pendant la \iene conlirment pas que l'épithélium cylindrique de l'intestin soit desquamé en al)ondance pendant l'attaque cholériforme. L'étal trouble du li(iiiide est dû non-seulement à des cellules lymphali<iues, mais surtout à ime (|uantité considéral)le de prolo-organismes, comme on les rencontre dans les liquides eu putréfaction.

.MM. ilayeu) et Uaynaud ont, dans la dernière épidémie cholérique (I8()3), vérilié le fait avancé par l^acini, Davaiue, etc., de la présence d'infusoires en grande (luanlilé dans les selles tlioléii(|ues, mais sans trouver d'inlusoire ou de végétal spécial au choléra parmi les dix espèces au moins qui y végètent. Ce sont des variétés des trois genres bactérium, vibrio, l)actélidie (Davaine).

On trouve en outre des chapelets de spores très-nombreux l'orniant à eux seuls la plus grande niasse des flocons blanchâtres, et (|ui probablement répondent à ce tjui est désigné par les auteurs allemands sous le nom de mirrococcus, et qui paraissent ne pas diflërer de la levure de bière. Tous ces protoorganismes existent dès les premières selles rendues pendant la vie.

Le poids spécifique de ces selles, comparé à celui du liquide intestinal obtenu par le procédé de Thiry, est très-faible; il donne l.OOi, 1,006, jusqu'à 1,013 dans certains cas. taudis que le poids spécifique indiqué par Thiry est de 1,011.

L'analyse chimique montre que les matières organiques y îont peu abondantes: toutefois il y a jusqu'à 3 et U pour 1000 d'albumine (Becquerel). On y trouve de l'urée ou son produit de décomposition, le carbonate d'ammoniaque, ce qui rend le liquide alcalin. La proportion des chlorures alcalins et des sels est sensiblement la même que dans le liquide intestinal considéré comme normal. Les selles cholérifornies se rapprochent l)eaucoup, au point de vue de l'analyse cliimique, du liquide obtenu par M. A. Moieau dans ses expériences citées plus haut.

Très-rapidement après l'invasion du choléra et le début de la période algide, les follicules clos de la nniqueuse de l'intestin grêle, surtout ceux de la partie inférieure de l'iléon, sont tuméfiés et se présentent comme de petits grains perlés saillants de couleui' gris rose ou grise.

Les altérations de la muqueuse et du tissu conjonclif sousmuqueux, étudiées au microscope, s(Uit beaiu'(»u[t plus profondes et phis intenses qu'on ne pourrait le supposer à Ici-il nu. tlles nul été décrites par MM. Kelsch cl J. Henaut dans l'épidémie de 1H73.

Le tissu conjonclif de la imiqucusc est inlillré de cellules i^mpiialiques Ires-nombreuses et les libres du lissu sont |)eu dislinttes. (lelle néo-formation a lieu dans les cl(ii<t)ns libieuses qui si'parent les glandes en tubes el au-dessous d'elles: elle ne se limite pas à l'iiilesliti gr^le, mais elle occupe toute la longueur du tultc intestinal, depuis le pylore jus(|u'à l'anus. Klle existe (•;:al('meut à un degré variable dans les \illiisili''s intestinales. Les glaudes d(> Liebeikiihn ne |ii-('-seutenl généralement <l'ëpitliélium que dans la partie inférieure de leur culde-sac (léhioii en |tartie radavi'iiipu') et elles sont souvriil distendues par du mucus. Les vais>eau\ sanguins qui cMsIeut dans lu

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partie superficielle de la muqueuse sont distendus, remplis de sang, et leurs parois sont constituées par un' Lissu embryonnaire.

Il en est de même des vaisseaux du tissu conjonctif sousmuqueux. Les vaisseaux lymphatiques sont reniplis soit par des cellules rondes, soit parleur endotliélium gontlé, desquamé, et situé dans leur cavité.

Les follicules clos présentent les altérations étudiées plus haut à propos de la psorentérie : leur centre otïre une certaine tendance au ramollissemeut et leurs éléments cellulaires y sont infiltrés de granulations graisseuses.

La tunique musculaire est normale, mais le tissu conjonctif sous-séreux est hypérémié et infiltré de cellules lymphatiques. 11 peut même y avoir en pareil cas une irritation de la séreuse, qui se traduit par de minces fausses membranes fibrineuses exsudées à sa surface.

A un stade plus avancé de la lésion, lorsque l'autopsie a lieu pendant la période de révulsion d'une attaque intense de choléra, on trouve (pielquefois des ulcères folliculaires siégeant soit au niveau des follicules isolés, soit sur les plaques de Peyer. La mu(|ueuse est moins congestionnée, bien qu'on observe à certains points une hypérémié persistante et quelquefois même, au niveau des plis de l'intestin grêle ou irrégulièrement sur le sommet des plis du gros intestin, des ulcérations superficielles. Ces ulcérations peuvent envahir les tissus profonds jusqu'au point d'amener la perforation (Hamernyck)- Dans d'autres cas, l'intestin est aminci, comme lavé et atrophié.

Les caractères physiques du contenu de l'intestin sont complètement dilVéïents de ceux observés dans la première période. Il n'y a plus de li(|uide riziformc privé de gaz, connne cela a lieu au début : le liquide intestinal est coloré par la bile ou de couleur brune ; assez souvent il e^t fortement coloré par le sang. Le gi'os intestin renferme des matières dures, ou bien au contraire des matières diarrhéi(]ues.

Les altérations du sang dans le cludéra sont poitées à un très-haut degré pendant la premièie période ou l'algidilé. Le sang est privé de sérum, poisseux, si bien qu'il ne circule pas librement dans les vaisseaux et (pu- même il s'arrête complètement. H résulte de cette dimiiuition considérable du sérum .sanguin cpio le chilTre des globules rouges, pour une même quantité de sang, est deux ou trois fois plus grand qu'à l'état

normal. Le chiffre des globule? blancs augmente daùs la même |noportion. Lcs'globules rouges sont visqueux, diflluents ; un grand nombre d'entre eux présentent un volume de beaucoup moindre qu'à l'état normal, de 3 à U (x, par exemple.

Il ne parait pas y avoir, du reste, de proto-organismes spéciaux dans le sang des cholériques.

Cette viscosité du sang de la période algide, due suivant toute probabilité à la grande quantité de sérum qui passe dans l'intestin, parait être la piincipale cause de la lésion rénale, qui consiste dans la diminution des urines qui contiennent de l'all)umine et des cylindres, ou même dans la suppression complète de l'urination coïncidant avec un état granuleux des cellules des tubuH (voy. plus bas les lésions du lein). Les cellules du foie sul)issent une altération analogue.

Lorsque s'étal)lit la réaction, le séi'um revient progressivement à sa quantité normale, et le chiIVre des globules diminue brus<]uement. La quantité notable d'uiochi'onu^ trouvée alors dans les urines fait supposer qu'un grand nombre de globules rouges sont détruits. Le sang contient toujours à ce moment une quantité anm inale d'urée ou de carbonate d'ammoniaque. C'est ainsi que Chalvela trouvé jusqu'à 3 grammes d'urée pour 1000 dans le sang.

C'est pendant celte période qu'on observe des lésions multiples dans divers organes, lésions qui sont en partie sous la dépendance de l'urémie. Telles sont les congestions nulmonaires, les bronchites, laryngites, la pleurésie, qui parfois est purulente, la congestion et l'œdème ou les eccliymoses de la pie-mère; dans des cas [dus rares, la suppuration de la parotide, la cyslite, la . pyélo-népbrile, etc.

Kn résumé, le choléra, alfecliou essenliellonu'ul infectieuse, a pour prcmii'i'e localisalion l'inlestin et présente connue lésion anatomique un catarrhe inlesliiial poilé au plus haul degri- el ac((im|>agné d'une iiillainmalion de la nuiqueuse assez profonde. Les altéiatious du sang. <|ui |iaraissenl être cnnséculives au calarrbe inleslinal, licunenl siui- leur diqu'iidance tous les autres accidents de la maladie.

l i.<;i iiATHiNs riii.viu.nr.s. - il se <ié\el(ippe quciqiu lois, dansle ^'ros intfslin. 1res larenu'iil à la partie inb-rieure de liulesliii grille, des iilc(''ralions décrites par 'ireitz el rapporU'os à l'urémie. Klle< siinl précédt'-es par un calarrlie et des s(dles li(|uidcs i|ui sont alcalines cl ctinliennenl d'assez furies pro|>orlions de

oarbonale d'ammoniaque. Avec le début des ulcérations coïncident des selles contenant un peu de sang et des débris de la muqueuse. Les ulcérations en effet sont consécutives à une mortification par places de la muqueuse et à l'expulsion des eschares. C'est une sorte de dysenterie gangreneuse dans laquelle la muqueuse intestinale n'est pas notablement épaissie ni congestionnée, mais présente des ulcérations escbarotiques. Ces ulcérations, qui ont pour point de départ les follicules clos et le tissu qui les entoure, s'étendent de façon à acquérir jusqu'à plusieurs centimètres; elles sont généralement dirigées suivant la longueur de l'intestin, et en nombre variable. Elles peuvent se cicatiiser en laissant des cicatrices ardoisées, superficielles, à surface lisse.

Fièvre typhoïde. — Los lésions intestinales de la fièvre typhoïde siègent à la partie inférieure de l'intestin grèlc ; il est assez rare de les voir envahir le gros intestin. Ou leur distingue quati-e périodes qui sont : 1" la période catarrhale; 2° la période de gontlement et d'ulcération des plaques do Peyer ; 3" celle d'élimination, et W celle de cicatrisation, qui correspondent plus ou moins exactement aux quatre septénaires que dure une fièvre typhoïde de moyenne intensité.

1" Dans la première période, qui dure ordinairement de quatre à cin({ jours, la muqueuse est congestionnée et ell'e sécrète une plus ou moins grande quantité de liquide diarrhéique; les follicules clos isolés et les plaques de l'eyor, surtout celles qui siègent à la partie inférieure de l'iléon, sont tuméfiées dès le début de la maladie, comme ils le sont par exemple dans le choléra (psorentériei : les follicules isolés forment de petites saillies perlées, rosées et semi-transparentes, les plaques de Pover sont tuméfiées et forment déjà un léger relief.

2" L'hy|)ertiophie des follicules et des plaques de i'eyer augmente. Dans des autopsies de lièvre typhoïde que nous avons faites au cin(|uièmeou sivième jour delà maladie, dans sa forme grave et délirante d'emblée il est vrai, nous avons vu les follicules isolés à l'état de lioutons saillants et coniiiues, durs, ayant de ','> h h millimètres de diamètre de leur sommet à leur base, et les phniucs de Peyer étaient épaissies de la nu'Mne fa(;on. Il s'agissait, dans ces faits, de la lésion que Louis a décrite sous le nom de plaques dures, qui parait répondre aux formes cliniques les plus graves.

Pendant le second septénaire, les plaques de Peyer les plus voisines du Cfccuni, c'est-à-dire les premières atleintes et celles qui le sont au plus haut degré, commencent déjà à s'ulcérer partiellement, en un ou deux points sur une même plaque, tandis qu'en remontant dans l'iléon, on les voit tout à fait lisses , à leur surface et non ulcérées.

Lorsqu'on sectionne avec un scalpel un follicule isolé, on voit qu'il est constitué par un tissu de couleur blanchâtre, gris ou légèrement rosé, ayant une consistance molle, analogue par ces caractères au tissu des ganglions lymphati(jues. On lui a donné aussi le nom de tissu médullaire en le comparant à la substance grise du cerveau : ce tissu donne une petite quantité de liquide louche quand on le racle. Eu regardant avec attention la surface de section, on ne voit pas de limite tranchée entre le centre du follicule et la muqueiise, soit à la surface de l'intestin, soit au pouitour du follicule, de telle sorte qu'on peut supposer au premier abord que l'intlllration pathologique porte à la fois sur le follicule clos et le tissu adénoïde (jui l'entoure.

Les plaques de Peyer présentent des lésions analogues et qui ne sont autre chose que la répétition de ce que présentent los follicules clos isolés. Sur les plaques seulement l'iulillratioii est généralisée, parce que tous les follicules ou une grande partie d'entre eux sont altérés à la fois, ainsi que le tissu conjonctif qiii les entoure.

Le nombre des plaques altérées est très-variable : tantôt il n'y en a que deux ou trois, et ce sont alors les plus voisines de la valvule iléo-ca;cale, tantôt on en peut compter 21), 30, jusqu'à 50. Dans les cas où la lésion est le plus intense, ia pbujue est tout entière liyperlrophiée et Irès-i'paisse ; elle fiil par exenqilc une saillie de 2 à 3 millimètres, quelquefois mèuie davantage, et elle pri-senle sur uiu» section ce même tissu gris, succulent, que les follicules iscdés. Les plaques Imnéliées et hy|»erlrophi('('s à c(^ degré ont été appelées plivinvA diii-rs par Louis. Lors(|iu' la lésion est moitis intense, les follicules cl(»s et lt> pl;i<|Mes ne l'uni pas un aussi gratul reliel : le-; pla(|nes ne sont |»as tnmt'liées dans leur totalité et ne le sont qne particllenuMil, un petit nombre de leurs follicnles seiili>nient étant malades (plaqiM's nudles de Louis).

Les pla(|iu>s dures etJes rdlliciilcs Ircs-amniinés (|ui ressemidenl giossièicment à l'u-il nn à des Ixmlons île vaiiole de la |ieau sont les pins favoiabies pour l'evamen microscopi<pie.

Il ni' fandi;iil pas < lirrclicr à miIi I'i |iillii'linm su|)erliciel en

place sur les villosités ou sur la surface des plaques ; l'autopsie étant faite \ingt-quatre heures après la mort, les cellules cylindriques sont toutes détachées et forment le li(iuide nuiqueux, opaque, puriforme, qui recouvre la surface de la muqueuse.

Lorsque sur une surface de section de la substance grisâtre des plaques, on enlève par le raclage avec un scalpel ou avec des ciseaux minces de petits fragments qu'on examine dans le picro-carmin, on voit une quantité considérable de cellules lymphatiques, les unes possédant un seul noyau, les autres plusieurs noyaux plus petits. Il existe en outre dans ce liquide une assez grande quantité de cellules plus volumineuses sphériques, polygonales, à angles mousses, plates ou tuméfiées, a protoplasmkgranuleux et contenant un noyau ovoïde ou deux ou trois noyaux. Ces grandes cellules ne sont autres que les cellules endothéliales du tissu réticulé de la muqueuse et des fuUicules Ivmphatiques, cellules tuméfiées et enflammées. Ces éléments sont semblables a ceux qu'on observe dans les productions leucémiques de la rate et dans les lymphadénômes.

Ces cellules, qui ont été appelées cellules typhiques et regardées comme spéciales à la fièvre typhoïde, n'ont en réalité rien de caractéristique.

- Pour étudier in situ les modifications que subissent les diverses parties de l'intestin, on fait durcir des lambeaux de la partie malade dans l'alcool absolu ou dans le liquide de Muller, la gomme et l'alcool, après les avoir étendus sur une plaque de liège.

Les coupes minces pratiquées sur ces pièces dans le cas de plaques non ulcérées ofiVent les détails suivants :

{(i) Les nllositrs, au lieu d'être longues et l)ien nettement séparées les unes des autres, s'hypertrophient en largeur, en même temps (ju' elles paraissent plus courtes, et elles tendent à se rap|)rocher et h se confondre les unes avec les autres par leur base : cette modification de forme est due à ce que le tissu des villosilés est infiltré par de petites cellules rondes ou cellules lymphatiques.

Cet en'acementdes villosités est tel que la surface des plaques examinée au microscope paraît à peine ondulée et (ju'à l'œil nu elle seml)le tout à fait lisse.

(Ij) Les glandes en tubes ou glandes de Lieberkiihn augmentent en longueur et en largeur à mesure qu'on les observe en allant de l;i partie normale de la muqueuse à la surface de la pla<pie malade.

838 MALADIES DES OUGANES.

Les deux figures ci-contrc, dont l'une A représente la surface de la muqueuse uonuale, lautre H la muqueuse au niveau d'une plaque de Peyer hypertrophiée, dessinées au même gros-

Fis. 295. — Portion norinale lie lu U)r,i|ueuEe iii|p?tiiiale nu voisinage il'unc iilaquo do rovcr. Grossifseinoiit île iO iliauRtror-.

sissemcnt, montrent bien la dlflérencc qui existe dans ces deux parties. Dans lapremicro, les villosilés sont bien distinctes et

l'iR. :!<,M!. — l'iiilimi lie lu iiiiii|iii<ii^u iuli'Htlniilii silii^o l'i lu mirriici' li'iiiie pliuriiu dr l'i-MT li>|M.-i'tiii|>liiiio liiiiiK lu lii'vrc t.V|<li»iili'. l.v» relliiti'ii (l'6|,ii||i limn i'vliiuli'ii|iiOh pnnl rniiiii<rv/M'(i i-l tr^K-voliiiiiinoiiitno (liiiii' Ion frliiiicli-n l'ii liilii-. (Irossis^cinniit di" 10 dMiiii'trcfi.

les ^iliiiidcs pi'lih'S ; dans la mm uiidc, le» v illoMio ■>!• i niirnnih'hl rn lin nirinc lissu cnihrxdiiiiairc, et elles sniil à peine disliiicles par h'iii- cxlii'-initt's ; h's ^landes de ijclMikiihii sont alloimées

du double ou du triple et leur diamètre transversal est accru dans la même proportion.

Les cellules d'épitliéliuni cylindrique des glandes hypertrophiées sont plus longues que dans les glandes normales. La lumière des glandes présente des cellules lihies et rondes ou des cellules cylindriques délormées.

Le tissu conjonctif, situé entre les glandes et au-dessous d'elles, est infiltré d'éléments ronds et petits et se continue directement avec le tissu des villosités altérées de la même façon . ,

Ces lésions des villosités et des glandes sont les mêmes, soit au niveau des plaques de Peyer, soit au niveau des lollicules isolés.

(c) La couche profonde de la muqueuse, qui forme la plus grande partie de la [daque dure, parait au premier aspect homogène lorsqu'on en examine une section. Elle est parcourue par des vaisseaux qui sont considérablement distendus et remplis par des globules rouges et des globules blancs. Ces derniers eu beaacou|) plus grand nombre qu'à l'état normal.

Lorsqu'on traite par le pinceau des préparations obtenues après le durcissement dans l'acide picrique, on chasse le contenu des vaisseaux et la plus grande quantité des cellules lymphatiques dont nous avons parlé tout d'abord. Ces cellules étaient contenues dans les mailles du tissu réticulé des follicules lymphatiques et du tissu adénoïde qui les entoiu-e et qui constitue, comme on le sait, la couche profonde de la nmqueuse.

Le tissu, ainsi nettoyé des éléments libres qu'il contenait, montre de larges espaces circulaires |»lus clairs qui, par la disposition du tissu réticulé central et des couches périphériques condensées, laissent facilement i-econnaitre des follicules lymphatiques.

Le tissu conjonctif et le tissu réticulé périphérique aux follicules sont également infiltrés d'éléments lymphatiques ou embryonnaires (1). Ils sont spécialement disi)osés en cercles concentriques auloui' des vaisseaux. Les veinules sont très-dilatées ainsi que les capillaires et remplies de sang.

Telle est la structure des plaques hypertrophiées dans la fiè\re typlioïde ; on voit qu'elle consiste essentiellement en une prolifération du tissu adénoïde (villosités, follicules clos et tissu adénoïde profond) et du tissu conjonctif de la muqueuse, et que les glandes en tube de la surface sont eu menu; teni|)s hyper-

ivophiées. Cette lésion des glandes de Lieberkùhn nous paraît tout simplement consécutive aux altérations du tissu conjonctif tjui les entoure et à celles des villosités.

Pendant cette seconde période de la maladie, l'ulcération débute toujours par les plaques et boutons les plus rapprochés de la valvule iléo-csecale.

Dans le cas de plaques dures, il est facile d'observer à l'œil nu le mécanisme de l'ulcération qui se fait par la mortification d'une partie plus ou moins étendue, soit d'une plaque, soit d'un follicule isolé. C'est la partie la plus saillante du follicule ou de la plaque qui se mortifie et qui prend une teinte jaunâtre due à limbibition du liquide intestinal. La partie mortifiée dfins laquelle la circulation ne se fait plus se circonscrit bientôt du reste du tissu morbide par un liséré d'abord, puis par une rainure, et elle est éliminée par petits fragments ramollis. A côté d'une de ces petites eschares encore en place, on en voit d'autres qui sont presque complètement expulsées, dételle sorte qu'il existe à leur place une ulcération dont le fond se déterge peu à peu.

• Les plaques dures présentent successivement de nouveaux points es'^iarifiés et l'ulcération totale se fait ainsi par petits ilôts pris les uns après les autres.

Les follicules isolés présentent au début de ce processus ulcéreux une petite e.schare à leur partie la plusacuniinée : celle-ci expulsée, il en résulte une ulcération qui occupe uniquement le centre du follicule cl qui s'agrandit pi-ogressivenient en envabissant foute la partie malade. Ces ulcéralions ont souvent une grande tendance à progresser en piolbndeur, et bien qu'ayant un failtle (fiamètie, elles peuvent arriver jusipi'à i)erforer les parois niusculeuses et la séreuse inleslinale.

Lorsqu'on examine la poilion du péritoine inteslinal qui est en rapport avec une phuiue dure, (Ui voit (|u'elle est rouge à ce niviîau ; Ions les vaisseaux, et en |»arli(ulier les |)etites veines, y sont dilatés et renqdis de sang. Au niveau des plaques eu voie d'ulcéralio?!, un \oit (|uelquel'ois la nuMiilirane séreuse épaissie et pri'scnlanl di's taciies giises ou biaiicli.iires, opaqiu's, ù peine saillantes, (pi'à l'u-il nu on pourrai! prciidn' pour des granulations tnbcrculeusi's.

L'inflainmalion de la nniquruse cl de s(in li^su cellnlaire sc prn|i.'igi> vu ellel lrcs-pr(iriinilt''na>nl et on lrouvt> une inlillralion de cellules h nqdialiq(n-> dans le (issu conjonctif (|ui st'pare les deux coucln's nnisculaircs cl même dans le tissu sous-séreux.

FiftVRE TYPnoïiu:. 861

Sur les coupes minces de l'intestin perpendiculaires à la surface du péi-itoine, on voit en elTet que le tissu conjonctif du péritoine montre une grande quantité d'éléments embryonnaires qui se continuent dans la couche de fit)res musculaires longitudinales. A la surface même du péritoine il existe au niveau des taches blanches visibles à l'œil nu une agglomération

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:ùV^

Kiï. 207. — Section de la coiiclie musculaire superficielle et de la eouelie péritonOale de l'intestiu p;ri^lp au niveau d'une plaijuo de Peyer hypei'tioplii<^e dans la fièvre typhoïde: A, nooforniation à la surface du péritoine; b, tissu conjonctif sous -péritonéal infiltri' (le celluU's lymphatiques; o, tissu museulairo également altéré. Grossissement de 80 diamètres.

de cellules embryonnaires dans une substance fondamentale amorphe. Cette inllanmiation superficielle du péritoine, qui ressemble, au [)remier abord, à des tubercules, s'en distingue parce qu il n'y a pas de nodules distincts ni de dégénérescence caséeuse centrale. D'après les préparations que nous en avons faites plusieurs fois, cette néoformation siège surtout à la surface même du |)éritoine et elle est immédiatement recouverte par les cellules plates du péritoine; eUe semble due à une prolifération de la couche endolindiale elle-même.

11 est certain <|ue cette iuiiltration (U' toutes les tuni(iues intestinales par des cellules, que le ramollissement, la friabilité des faisceaux libreux qui en est la conséquence sont des conditions qui favorisent l'ulcération, sa marche ei"» profondeur du côté de la séi-euse périlonéale et la perforation qui peut en être la consé()ncnce.

F.espla(|ucs molles et les follicules hypertrophiés qui les accompagnent s'ulcèrent habituellement de la même manière que les pla(|ues dures; seulement les eschares sont moins visibles

el il y a là une destruction et une élimination moléculaire des parties superliciellos plutôt qu'une destruction en masse de portions plus étendues.

La résorption et l'atraissement partiel du néoplasme au niveau des plaques molles peuvent même s'efl'ectuer sans qu'il y ait une véritalde ulcération. Les follicules primitivement tuméfiés contenant un liquide mélangé de cellules lymphatiques, ce liquide serait repris par les vaisseaux sanguins et lymphatiques restés perméahleset les folliculess'afFaisseraient de manière à produire les plaques réticulées (Louis). A la surface de ces plaques, les parties dépiimées correspondent aux follicules atrophiés de la façon qui précède et les hords élevés du réticulum seraient formés par le tissu conjonctif encore infiltré de cellules qui entoure les follicules. Sur des sections de ces plaques réticulées dans la période de réparation des ulcères, on trouve dans

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