‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 3)Chapitre 29 sur 146 · CK · texte numérisé non relu

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Fijf. 2U8. — Section il U'avurs la |icii|ilifriu il'iiii fuIliiMile lun,iimti.|iie iloiil lo centre f^t converti en lin petit nlici's dans la lièvre lyplioi.le. A In pir'!.- fupi'-rienre île In llirnrc, on voit drs rai^eoaiix cii|iilluircs el lies ccllnlns lilires iluii? In Ciivité do l'abcès.

la couche suiterlicicllc îles \illiisili''s et des ^laudes (h> Mciicrkiilm, ce qui imiiilre liicii ipi il n'\ a pas eu de dcstiiiclinii iilci'-reiisc.

Assez S(nn ('.lit on juMit voir un nii plusieurs l'oHiciili's liiinsformi's en jielits al)ces, d'où l'im fait sdiiiruiie i^^uiillelelle (\ii pus st-reux en les ouvrant. Lors(|ue, sur (\c^ pièces dincies, on fait ntu' seclion passant à travers tni de ces pelils alites rolliculeux, je-i (•ItMiiciils du pus liquide son! eiiliaim'"; p:n' le inoile de préparation el il evisie alors tin espace vide an inilien du rollicnle : (•(?l espace est liinili' par des déduis formes de \aisseaii\ capillaires l'A de mailles fines de tissu réticule. La finesse des fibrilles

■inÈVKE TYPHOÏDE. ^k^

de ce tissu explique la facilité de sa destruction. La paroi de ces petits abcès l'olliculaires est un tissu conjonctil' dont les libres sont pâles et granuleuses : iuliltré de cellules lymphatiques, le tissu conjonctil iiéripliérique présente des rangées de ces mêmes éléments (Og. 298).

3° La troisième période ou troisième septénaire de la lièvre typhoïde comprend les progrès de l'ulcération des plaques qui se détergent par l'élimination de toutes les parties fortement infiltrées de cellules lymphatiques. Le tissu moins malade qui forme les parois et le fond des ulcérations est très-congestionné, formé de petits bourgeons charnus. La structure des parois vasculaires qui sont composées d'un tissu embryonnaire trèsfriable prédispose aux hémorrhagies. C'est en eft'et à cette pél'iode qu'ont lieu les hémorrhagies abondantes, et on peut A'oir à l'autopsie des individus morts à la suite de cet accident, les vaisseaux du bord ou du fond des ulcères qui ont versé le sang à la surface de l'intestin. Ils paraissent en elTet comme de petits points ecchymotiques lorsqu'ils sont petits, et leur ouverture est visible lorsqu'ils ont un certain volume. Il est plus rare d'observer des luplures vasculaires et des hémorrhagies pendant le second septénaire bien qu'elles soient possibles au début de la séparation et de l'élimination des parties mortifiées.

U" A la fin de la troisième période commence le processus réparateurqui se continue pendant le quatrième septénaire. Les parties ulcérées sont recouvertes d'un tissu irrégulier et inégal de bourgeons charnus de couleur rosée qui se mettent peu à peu de niveau avec les bords de l'ulcération. A mesure que ce tissu se condense, les bords se rapprochent et la cicatrice se forme. iMais la réparation cicatricielle complète est très-lente, si bien que dans des autopsies faites six semaines, deux mois et même bien davantage à partir du début du mal, on peut trouver encore de petites places ulcéi'ées. Pendant que la cicatrisalion a lieu, le tissu cicatriciel se pigmente en noir presque con^tannnenl et cette pigmentation persiste de telle sorte qu'après des aimées on [)eut encore reconnaître des phujues de l'eyer (jui ont été atteintes autrefois par des lésions typhiques. J)uns un cas de lièvre typhoïde dont la guérison remontait à trois mois, nuvis dont la convalescence avait été mar(iuée par les symptômes d'une rechute, nous avons vu à l'autopsie un catarrhe très-intense de tout le tube digestif : une des plaques n'était pas encore complètement cicatrisée. Les autres, irrégulièi'cs if leur surface et pigmentées, étaient cicatrisées. Sur

Sbk MALADIES DES ORGANES.

celles-cij l'examen histologique nous montra que toute la partie primitivement envahie par l'ulcération, c'est-à-dire toute la sui'face de la muqueuse au niveau des plaques, était remplacée par un tissu conjonctif à (ibres longitudinales parallèles séparées par une grande quantité de cellules rondes interposées entre elles. Il n'y avait pas vestige de follicules clos, de glandes, ni de papilles dans ces points. Les vaisseaux étaient i estes dilatés, volumineux, à parois embryonnaires, et, autour d'eux, comme à la surface de la muqueuse, il y avait du pigment noir. Si, dans les places cicatrisées, on trouve parfois des vestiges de muqueuse comme quelques villosilés ou des glandes, cela vient de ce que tous les éléments de la mn(|neuse n'avaient pas été primiti\ement envahis parla lésion; ainsi que nous l'avons vu, les plaques de Payer peuvent en ell'et être lésées partiellement et, bien que malades, elles peuvent ne pas s'ulcéier ainsi -que nous l'avons dit à propos des phujues réticulées.

Les ulcérations de la fièvre typhoïde ne donnent pas lieu à des rétrécissements consécutifs de Tintestiu.

Les ganglions lymphatiques du mésenlèie sont constannnent altérés et de la même manière que les follicules clos de l'intestin. Ils sont d'abord turgides, hypertrophiés et congestionnés, j)uis gris ou gris rosé lorsqu'ils sont inliltrés d'une quantité considérable de cellules lymphatiques. Lorsqu'on exanjine le liquide ol)tenu par le raclage de leur surface, on trouve en même temps que les cellules lymphali(j(U's rondes et assez grosses, de grandes cellules endolliélialcs luméliées qui présenlenl un ou plusieurs noyaux. Il n'est pas Mbsolimient rare de voir ces ganglions présenter une suppuration paitielle ou ayant envahi leur couche corticale. Sur les sections de ces g.iuglions examinés au microscopi-, on voit que leur capsule inlillrée de cellules lymplialicpies fait corps avec le tissu conjonctif péiipiiérifpie l'galenu'ut enllaminé et dans Ie(|uel le tissu celluloiidipeux est iem[)lacé |)ai' un tissu embrymiuaire. Les vésicules adipeuses y sont rares (!l |)res(|ue coiii|il(''lemeut résorbées. Au-dessous de la ca|tsule du gaugliou, les vaisseaux lymphatiipies alVi'M'ents sont remplis cl distendus par un coagulum librincux dont l(!s mailles enserrent des cellules l\nqdiatii|ues en quantité cousidi'rablc. Les follicules sont assez, volumineux et dans leur intérieur les arléiioles sont enloiM'i'es par des /.oiu's de prolifiMatinii ; cnfiu, autour du tissu des follicules, le tissu médullani' et les espaces lym|diatiqucs pirilidlicnlairos luontri'ut (il' giMiidcs cellules cudolliclialo pn^M'd.iut uii nif |ilusiein'S

FIÈVRE TYPHOÏDE. oUO

noyaux et qui remplissent les espaces lymphatiques. Les capillaires et les veinules sont lemplis de globules rouges. 11 s'agit là, comme on le voit, d'une véritable inflammation aiguë des ganglions, laquelle est de tout point comparable aux lésions des follicules intestinaux. Ce sont là, comme on le voit, des lésions inflammatoires comparables à celles des follicules. Nous avons vu aussi de ces ganglions typhiques du mésentère présenter des points caséeux après l'évolution de la dothiénentérie.

La rate, dont la lésion est constante, est hypertrophiée, gorgée de cellules lymphatiques, rosée ou rouge, le plus souvent pâle et molle. Les corpuscules spléniques sont tantôt invisibles, tantôt visibles, ce qui est en rapport avec l'état de décomposition cadavérique. Ces corpuscules sont généralement un peu hypertrophiés (voy. plus bas le chapitre Ratf.).

Nous avons déjà vu que le pharynx et le larynx étaient fréquemment altérés dans cette maladie : le gros intestin lest rarement; lorsqu'il est atteint, il présente ses follicules hypertrophiés et entourés par la muqueuse épaissie formant de petites tumeurs rondes ou des plaques, et ces lésions, comparables à celles de l'intestin grêle, siègent soit au cœcum, soit au côlon, soit au rectum.

Le /'o^> et les reins sont toujours ou presque toujours atteints d'une inflammation parenchymateuse, ainsi que cela se voit dans toutes les maladies fébriles infectieuses. Nous reviendrons sur ce point en étudiant les maladies des reins et du foie. L'urine présente assez souvent un peu d'albumine pendant le cours de la maladie.

Les muscles subissent très-souvent, sinon toujours, la dégénérescence graisseuse ou cireuse. Ce sont surtout les muscles des parois abdominales, les muscles droits par exemple qui sont atteints, et il en résulte quelquefois une rupture de ces muscles occasionnée par un mouvement brusque du malade lorsqu'on l'assied sur son lit.

Le muscle cardiarjue n'échappe pas plus que les autres à la flégénérescence granulo-graisseuse qui coïncide pendant la dernière période de la maladie avec un afl".iil)lissemenl considérable de ses contractions et avec des intermittences. Enfin notons les congestions et inflammations hyposlaliques qui peuvent se faire dans la plupait des organes, dans le poumon, dans le cerveau et ses enveloppes, dans la moelle et les enveloppes médullaires, etc.

Telles sont les lésions de la fièvre typhoide, qui, comme ou le

voit, est nno maladie totius subsfantiœ comme toute maladie infectieuse lél)rile, mais dont la lésion initiale est à l'intestin. Dans ses premières périodes, les lésions sont surtout congestives et inflammatoires, tandis qu'elles sont régressives et accompagnées de rémaciation et de l'anémie pendant ses périodes ultimes.

Lésions de l'intestin dans les hernies. — Nous ne décrivons pas ici les différentes espèces de hernies qui rentrent moins dans l'histologie pathologique que dans l'anatomie paliiologique descriptive, mais nous devons donner i)rièvemenl le résumé de ce qu'on connaît sur les lésions de l'intestin dans les inflammations et les étranglements herniaires. Ces lésions ont été bien étudiées en France par Malgaigne, .lobert, MM. (iosselin, Broca, Labbé, et résumées dans la thèse de doctorat de .M. Nicaise.

Dans les hernies engouées ou oiflammées, le sac peut ne pas renfermer de liquide : dans d'autres circonstances, il contient lin liquide séreux tiansparent ou de couleur rosée ou même sanguinolent, noirâtre, et dans lequel existent des fausses membranes fibiineuses. La séreuse intestinale est tantôt presque normale, tantôt très-rouge, de couleur vermeille, comme dans la péritonite aiguë. Alors elle montre parfois des papilles vasculaires, une opacité blanchâtre ou des fausses membranes. L'élude de la mu(]ueuse en pareil cas n'a pas été faite d'une façon suivie et complète, mais il est proba])le qu'elle présente comme la séreuse une inllammalion plus ou moins intense; on a noté l'cxislenco de petits abcès entre les membranes intestinales, dette inflammation du sac et de l'intestin se termine, si la hernie n'est pas réduite, par des adhcTences libreuses entre le sac et l'inteslin, par l'épaississement du sac et des membranes intestinales.

Dans les ii(!rnies étranglées, la cimleur de la surface séreuse de l'inteslin est d'un rouge |»lu>! foncé (|ue dans linlIanuDalion ; elle est ecchymoti(|ne, luune, liranl sur le violet ou sur le noir. L'anse lierniée est tendue, beaucoup plus giosso (ju'à l'é'lal normal, ce qui lient au li(|uide et aux i;az qu'elle renferme dans h's pi-emiers lenqts de l'élranglenicMl ; plus tard, lorsqu'il y a perforafimi ou mcn.ice de ganLirènc, elle immiI au conhaire s'alVaisscr.

La séreuse *i'sl leudue, el prc'senle des ('raillurcs ou des érosions au niveau des pallies élran^'b-es : le ti>su cellulaire stuissi'tcuv est le si(''j.'e d'infillialions saULiiiines el d'ccthvmoses.

LÉSIONS DE l'intestin DANS LES nERNlES. 8^7

Plus tard la séreuse présente une exsudation fibrineuse, et le sac contient un liquide inflammatoire plus ou moins coloré par le sang.

Le contenu de l'anse étranglée consiste en un liquide mu- (jueux assez abondant, souvent rougi par le sang ou tout à fait héinorrhagique; les gaz y sont en petite quantité, et il y a trèsrarement des matières fécales : c'est le liquide exsudé par suite d'un catarrhe intestinal très-intense.

La muqueuse est en effet très-congestioiinée dès le début; bientôt elle présente les signes anatomiques d'une inflammation intense étendue à toutes ses parties. Les villosités trèscongestionnées sont tuméfiées, ramollies, friables et moins longues; elles peuvent même s'unir les unes aux autres sous une pseudo-membrane. Les follicules clos isolés et agminés dans les placiues de Peyer sont hypertrophiés, infiltrés de suc et ils s'ulcèrent à leur centre.

Ces lésions sont surtout prononcées au siège de l'étranglement et en particulier à l'union de l'anse étranglée avec le bout supérieur de l'intestin. Ce dernier est dilaté, distendu par les matières intestinales et surtout par les gaz. L'inflammation de la muqueuse et de la séreuse se propagent sur l'intestin au bout supérieur, et dans certains cas il en résulte une péritonite générale. L'intestin qui fait suite au bout inférieur est diminué de V(dume, rétréci, mais il est aussi le siège de lésions intlammaloires de la muqueuse et de la séreuse moins prononcées toutefois qu'au bout supérieur.

Lorsque la conslriction au niveau de l'anneau persiste, la gène ou l'arrêt de la circulation dans le point comprimé détermine une destruction progressive des membranes intestinales ipii se produit par une sorte d'élimination moléculaire aux extrémités de l'anse étranglée, au niveau des portions les plus résistantes et les plus fibreuses de l'anneau. Cette destruclion s'efiectuc sans qu'il y ait de gangrène autour da la solution de continuité, et toutes les tuniques semblent coupées mécaniquement (Cosselin). L'altération débute par la couche superlicielle de la muqueuse et envahit progressivement le tissu sous-muqueiix, les couches musculaires ramollies et enfin la séreuse (Nicaise). La section, sauf des cas exceptionnels, marche de dedans en dehors. La peifoiation est tantôt trèspi'til»,', dilficile à voir, tantôt au coiitraii'e elle intéresse la plus grande partie de la circonférence de l'intestin.

Un autre accident terminal de l'étranglement intestinal^

beaucoup plus rare que le précédent, c'est la gangrène qui se fait par plaques superficielles ou qui envahit d'emblée toutes les couches de l'intestin. La gangrène peut siéger en un point quelconque de l'anse étranglée, tandis que la section des tuniques dont il vient d'être question ne se montre qu'aux points étranglés.

Les lésions de l'intestin qu'on observe dans les ftr'iiiijlemi'nts par Unis, par des bi'ides, par des anneaux, par l'accaumlation de matières fécales, par le volvulus, etc., sont les mêmes d'une façon générale que celles dont nous venons de parler à pi'opos des hernies. 11 s'agit toujours d'une inflammation de la muqueuse et de la séreuse au point étranglé avec rétrécissement faisant obstacle au cours des matières, avec ballonnement et distension de l'intestin au dessus de l'obstacle et resserrement du tube digestif au-dessous. Dans le volvulus, une partie supérieure de l'intestin grêle ou du gros intestin pénètre dans la partie qui lui fait suite, de façon qu'il y a invagination d'une portion supéi'ieure dans l'inférieure. L'intestin grêle peut ainsi entrer dans le gros intestin. 11 en résulte une tumeur dans laquelle la première enveloppe intestinale est en rapport avec la seconde par sa muqueuse, tandis <|ue la moyenne est en rapport avec l'interne par la séreuse. L'inllammalion péritonéale qui a lieu là, qui se connnuniiiue au mésentère ou au mésocôlon et qui englobe toule la masse, [iroduit une tuméfaction et un resserrement do l'intestin en ce point. On voit queli[uefois, surtout chez les enfants, des polypes nniquenx êlre par leur poids et par leur tendance à desceiulre, la cause de pareilles invaginations, l'ne invagmation peut guéi'ir par l'expulsion de l'i'agmenls plus ou moins longs de l'intestin gangrené, el par la cicatrisation bout à bout de l'intestin après celte ex|)ulsion ; mais celte maladie peut aussi (Mre suivie de perforation dans le péritoine, de péritonite, d'adhéi'ences vicieuses de l'inleslin et presque toujours, loisipi'elic i;u(''ril, d'un rétrécissement cicatiiciel (le l'inlestin.

Dans certains cas de constipation o|iiniàlre el de réienlion c<inqilèl(î (les matières fécales dures ou mêlées de calculs iiitestinauv, tels <|u'on en ohserve cluv, les \i('illar(is, le ventre bal- Joniu'r au plus haut point monire à l'autopsii» l'inleslin grêle et le gros inleslin eoiisidérablemeiil dislendiis. Lors(|ue la maladie a (lur('' |teiidaiit lrès-l(»n;:lenqis avec îles allernatives diverses, l'inleslin dilali' , au lieu d'êlre aminci, pr(''senle nu Coiitrair(! une hxperirophie eonvidérahle de sa paroi. Cette UUg-

FISTULES RECTALES. 849

mentation d'épaisseur de la paroi coïncidant avec la distension du canal intestinal paraît être due uniquement à l'épaississemont liypertrophique des tuniques musculeuses intestinales. 11 y aurait là un fait analogue à l'hypertrophie des plans musculaiies de l'estomac consécutivement au l'étrécissement du pylore.

Fistules rectales. — Les fistules qui s'établissent à la suite de la périproctite, c'est-à-dire de l'inflammation du tissu conjonctif qui entoure le rectum, peuvent être distinguées au point de vue de leur siège en deux variétés : 1° celles qui siègent dans les fosses ischiatiques et dans l'espace pelvi-rectal inférieur et qui succèdent à l'inflammation suppurative du tissu adipeux si riche de cette région. Elles sont presque toujours complètes, c'est-à-dire qu'elles s'ouvrent d'un côté dans le rectum au dessous du muscle releveur, tandis qu'après un trajet plus ou moins long et compliqué, elles viennent s'ouvrir de l'autre côté à la peau; 2" les fistules peLvi-rectales supérieures (Pozzi) sont presque toujours borgnes externes, c'est-à-dire qu'elles s'ouv4-ent à l'extérieur et non du côté du rectum. Elles présentent habituellement une ampoule ou poche supérieure qui sécrète du pus et qui se trouve placée au-dessus du muscle releveur de l'anus. Elles succèdent à une inflammation suppurative du tissu cellulaire situé dans cette dernière région, et la poche persistante qui s'y trouve ne possède pas un écoulement facile en raison du muscle qui est situé au-dessous. Ces fistules remontent toujours très-haut, à 10 ou 1.5 centimètres au-dessus de l'anus, le long du rectum dont elles sont séparées par un tissu conjonclif induré.

Ces fistules possèdent comme caractère commun d'être creusées au milieu d'un tissu conjonctif induré par l'inflammation chronique, possédant des faisceaux de tissu conjonctif sans cellules adipeuses, faisceaux séparés par des cellules tuméliécs de tissu conjonctif et par des cellules lym[)hatiques. Les trajets fisluleux eux-nu^niies, lorsqu'ils sont très-récents, sont constitués par des clapiers ou des trajets irrégulieis limités par des bourgeons charnus sup|iuiants. Lorsqu'ils sont plus anciens, les conduits fisluleux sont tapissés par une nuiqueuse à cellules pavimenteuses. Ils possèdent des papilles plus ou moins nettes, parcouruespar des vaisseaux et recouvertes par des couches d'épilhélium stratifié représentant absolument la structure de la muqueuse anale, c'est-à-dire que les cellules eu rap-

port avec le tissu embryonnaire des papilles sont cylindriques, implantées perpendiculairement, que les couches moyennes sont pavinienteuses et que les couches superficielles sont aplaties i)arallèle)nent à la surface libre de la membrane muqueuse de nouvelle formation.

Les fistules coïncident souvent avec la tulterculose intestinale.

TuBERCLLosE DE l'intestjx. — Lcs lésious tubcrculcuses de la muqueuse intestinale ont, comme celles de la fièvre typhoïde, la partie inférieure de l'intestin grêle comme siée:e d'élection, mais elles n'y restent pas confinées et s'étendent habituellement dans une grande étendue de liléon, du jéjunum et du gros intestin jusqu'au rectum inclusivement.

Ces lésions sont caractérisées par des granulations tuberculeuses, et des inllammations caséeuses et ulcératives des follicules lymphatiques isolés ou agminés avec inlillration et destruction du tissu conjonctif voisin. De la muqueuse qui est leur point de départ, elles s'titendent aux couches profondes de l'intestin en envahissant le tissu conjonctif sous-séreux et les vaisseaux lymphatiques de l'intestin aussi bien que ceux qui de l'intestin se lendenl aux ganglions lymphatiques du mésentère.

Nous déciùvons ensemble ici les granulations tul)erculeuses et les inllammations tuberculeuses des follicules clos, parce que ces deux variétés du même processus marchent presque constamment de pair; les inllammations tuberculeuses des follicules précédant même quelquefois les granulations.

Les gianulations tuberculeuses de la nauiueuse intestinale débutent par de petits grains arrondis semi-transparents saillants à sa surface et (jui peuvent siéger soit dans le tissu conjonctif situé au niveau du cul-de-sac des glandes de Lieber kùlin, soit dans le tissu conjonctif des villosités. M. Ohauvean. dans ses cx|tériences où il i)rovo(|ue dans l'espèce bovine la tuberculose par l'ingestion de ponnums tuberculeux, a vu des granulations tuberculeuses tout ù fait à leur déi)nl à la surface (h' i'inlesiin ; parmi celk's-ci il en a vu débuter dans une \illosité intcsiinah' Inniéliée et inlilliée de |)eliles ccliuh's rnudes. .Nous avons observé de noire côté des grannlalions 1res petites débulanl par la sui faccde la nni<|ueuse et par une aitiralinn des villn.silés.

Lorsqu'on examine une section mince de la mn(|iu>nse passant par de pareds Inliercules tiès-snperliciels, on Mtit deux, trois ou un plus giand noinlirc de viMosilcs qui sont remplies de pelitiîs cellules rondes siégeant dans leur tissu conjonctif

TUBERCULOSE DE l'iNTESTIN. 851

réticulé. Ces \ilIosités sont unies les unes aux autres par leur base et par leur partie inférieure, tandis qu'elles sont encore distinctes les unes des autres par leur extrémité libre. Elles sont épaissies, aussi bien à leur extrémité libre que dans les points où elles sont confondues. De leur union et de leur infiltration par de petites cellules lynipliatiques il résulte une excroissance solide de la portion la plus superficielle de la muqueuse, ayant à l'œil nu et au microscope la forme et la structure d'un nodule tuberculeux. I-es glandes en tul)e, comprimées et étouffées par cette néoformation qui les environne, montrent d'al)ord leurs cellules cylindriques normales : ces glandes sont déviées ou déformées ; elles ne peuvent plus, à un moment donné, verser leur produit de sécrétion à la surface de la muqueuse. Plus tard le centre de la granulation tuberculeuse devient opaque et caséeux, et ses éléments s'atropbient en se remplissant de fines granulations, et les cellules provenant des glandes de Lieberkiihn subissent le même sort.

Lorsque la granulation tuberculeuse débute par la coucli.e plus profonde située au-dessous des glandes en tube, la nodosité est l'ecouverte par la couche des glandes et par les villosités. Celles-ci sont, comme dans le cas précédent, le siège d'une hy[)ertropliie et d'une augmentation de leur diamètre transversal dues à une formation nouvelle d'éléments dans leur intérieur. Les glandes de Lieberkiihn sont aussi allongées et remplies de cellules cylindriques entre les villosités qui se rapprochent les unes des autres et ont de la tendance à se réunir dans un tissu de bourgeons charnus. Quant à la granulation elle-même, elle ne dill'ère pas là de ce qu'elle est partout et il est inutile de dire que les vaisseaux sont oblitérés au centre de la néoformation.

Les inflammations spéciales des follicules clos dans la tuberculose ne dilVèrenl pas au début de la psorentérie simple ; mais bientôt le follicule devient de plus en plus considérable et présente à son centre une opacité blanchâtre ou Jaunâtre. Les follicules ainsi hypertio[)liiés sont [dus gros, moins denses, moins durs que les granulations tiiherculeuses lors(|u'on cherche à les écraser. Souvent, en les pi(iuanl avec la pointe d'une aiguille, on t;n fait sortir un peu de liquide plus ou moins loucbe, blauchàlre ou jaune, consistant en lellules lymphatiques plus ou moins grainileuses et en cellules splu''ri(jues assez volumineuses contenant deux ou trois noyaux et des granulations graisseuses. Litrsquon examiiu^ ces petites tumeurs sur des coupes obtenues

COUMI. ET nANVIEB. 48

852 MALADIES TiES OKGAXES.

après leur durcissement, on peut voir que leur limite périphérique est plus nettement sqiarée du tissu voisin que les tubercules, et enlin on observe quelquefois sur ces préparations le contenu du follicule transformé en un petit abcès : alors le liquide puriforme coagulé par l'alcool se détache tout à fait de la paroi du follicule.

Ces petits abcès folliculaires, saillants dans la cavité intestinale, pos- èdent de ce côté une paroi mince qui finit par se rompre, et, le contenu se vidant peu à peu, il en résulte une ulcération qui va s'agrandissant. Plusieurs follicules altérés siégeant soit sur une plaque de Peyer, soit sur un autre point de la muqueuse, entourés le plus souvent par une inflammation difl'use du tissu conjonctif sous-muqueux et en même temps par une iutlamnmlion des villosités et des glandes, se réunissent pour former une plaque saillante qui s'ulcère bientôt en un ou plusieurs points au niveau des follicules les plus malades. C'est de cette façon que se forment les ulcérations de la mu(jueuse dans la tuberculose. Lorsqu'on examine les bords de ces ulcérations au microscope, sur des sections minces perpendiculaires à la surface de la muqueuse, on trouve à peu de chose près les mêmes lésions des villosités et des glandes «ju'à la surface des plaques tuméfiées de la fièvre typhoïde. Les villosités sont en elTet en partie effacées par la tuméfaction de leurs sommets et par l'union de leurs bases. Elles sont infiltrées d'éléments eml)ryonnaires et transformées en de gros bourgeons qui s'unissent les uns aux autres. Les glandes de Lieberkiilin sont modifiées dans leur fornu', comprimées en certains points, tandis qu'elles sont tiilatées en d'autres points, surtout au niveau de leurs culs-de-sac. Klles sont remplies de cellules dépitbélium cylindiique et en général [dus giosses iju'à l'état normal. Sur les bords de certaines ulcérations en pleine suppuration, on voit les villosités transfoi-niées en de très-gros bourgeons charnus liès-vascnlaiies, séparés las uns des autres par des enfoncenu'nls pr(d'(uids, vestiges des glaiules, enfoncements tapissés par (II' l'épilliéliiim cjlindri(|iH' bien conservé.

!,orsque les gi'anulalioiis tuberculeuses sont coiilluentes eu un point doniH' de l'inleslin, elles s'enlomcnl, connue les follicuhîs enllainnii's, des niènu's lésions irritalives de la nniqucuse el de la sous-inu(|ueuse, et uiu' ulci'ralion apparail liientôl dans les poiiiis prirnilivemenl envaliis où la circulation «•si arr^'lée. L'ulc(*ralioti a lieu le [dus souvent par le mécanisme di' la gangrène uioITm nlaire.

TLBliRCULOSE HE l'i.NTESTIX. 853

De quelque façon que se soit formée l'ulcéralion, qu'elle reconnaisse pour cause première des granulations ou une inflammation tubeiTuleuse des follicules, son aspect, son développement ultérieur et ses conséquences sont les mêmes.

Les ulcères tuberculeux de l'intestin grêle siègent le plus ordinairement à la partie inférieure de l'iléon sur les pla*^ues de Peyer; elles affectent une forme ronde oir allongée, soit dans le sens longitudinal lorsqu'elles siègent sur des plaques de Peyer, soit dans le sens transversal. Celles qui siègent en

Fi^'. 299. — Section ù travers un vaisseau lymphatique tuberculciuc de la surface de l'intestin, n, cavité du lymphatique qui est remplie de cellules lymphatiques et qui est rétrécié; c, tissu coiijoui-tif sous-përitoiical au milieu duquel passe le lymphatique dont les parois sont très-épaissies par le développement du tis!-u tuberculeux; /, tissu tuberculeux dont la zone e.xterne est formée de cclhdes arrondies pins volumiiienses que celles de la zone interne, lesquelles sont caséeuses ; v, vaisseaux capillaires; n, couche des fibres musculaires lisses longitudinales; m, couche des fibres musculaii es transversales de l'intestin.

dehors des plaques de Peyer, dans le jéjunum, dans le gros intestin ou même dans l'iléon, sont le plus oniiiiairement transversales. Uiiidfleiscli regarde cette forme transversale pré- (lominanle comme étant due à ce fait que les granulations envahissent de préférence les parois des vaisseau.x sanguins et lymphatiques, ce qui est parfaitement vrai, vaisseaux dont la direction générale est en ellet perpendiculaire à la direction tic l'inlesliii. Les bords de ces ulcères, sinueux, plus ou moins irrégulieis, scrpigineux, sont saillants, et présentent, soit des granulations tuberculeuses, soil des follicules altérés, caséeux à

85^ MALADIES DE? OKGANES.

leur centre, et entourés des lésions inflanimaloiresdesvillosités et des glandes ci-dessus décrites. Leur fond est également parsemé de nodosités grises ou blanchâtres qui sont pour la plupart des granulations tuberculeuses en voie d'élimination. Klebs considère toujours ces grains blanchâtres comme des vaisseaux lymphatiques, et il est de fait que ce sont souvent des vaisseaux lymphatiques dont la paroi est le siège de granulations tuberculeuses.

On a la preuve évidente, même à l'œil nu, de la participation des vaisseaux lymphatiques à la tuberculose intestinale, et du grand rôle qu'ils y jouent. Lorsque, en effet, on examine la surface péritonéale qui répond à l'ulcèie de la mucjueuse, on voit toujours un certain nombre de granulations tuberculeuses fines, semi-transparentes, ou un peu opaques à leur centre, faisant saillie à la surface de la séreuse. Les vaisseaux lymphatiques qui émergent à ce niveau et de là se rendent aux ganglions mésentériques, apparaissent comme de gros cordons noueux de couleur blanclie ou bliinc jaunâtre. Ils montrent à leur surface, de distance en distance, le relief de granulations tulterculcuses qui se sont développées dans leur paroi, et, lors- <]u'on les sectionne, on en fait sortir souvent un contenu blanchâtre, caséeux, semi-liquide. Ce coagulum de l'intérieur des vaisseaux lympliatiques est composé de cellules endothéliales gonflées, granuleuses, et de corpuscules lynqdiali(iues. Ces divers éléments sont souvent granulo-graisseux, d'où résulte l'opacité de la masse. En faisant, sur des préparations ctuivenaulement durcies, des sections minces de ces vaisseaux en didérenls poiuts, on voit (jue la |)aroi vasculaire est inlillrée de cellules rondes, et de distance en distance la section passe à travers une ou plusieurs granulations développées à côté les unes des autres dans la paroi qui, là, est considérablement hypertrophiée. On i»eut étudier Ions les détails liislologitiues (h's granulations (iibeiruleuses de la par(»i, giaïuilalions entourées (le vaisseaux sanguins injectés, dont le centre est granulograisseux, et dont les élémenis all'ectent la di^^position déjà connue et décrite iilusieins fois. Dans ces mêmes points, la lumière du vaisseau l\mphaliqiu' i'>( le plussousenl Irès-amoiii dric, irri'giiliêrc : flic a la forme d'une fente ;illougée ou d'un o\oide, cl (die e<t lemplie là de ( elliiles l\ mpiialicpies granuleuses.

Les di\crses couches de (issu conjniKlifde \,i p.iioi inleslinal(! sont le sii'ge des gramilalions qu'un |ienl liou\er, par

TUMEUriS ET ULCÉRATIONS 5YPni:.lTIQUES DE l'iNTESTIX. 855

exemple, entre les deux couches musculaires ou daus le tissu soiis-muqueux profond, ou dans une couche musculaire dissociée par la néoformation.

L'ulcération s'effectue, par conséquent, en déterminant dans les couches profondes de l'intestin des modifications inflammatoires et des poussées de granulations tuberculeuses qui arrivent jusqu'au péritoine : ces tissus modifiés, qui ont sur le fond de lulcère la structure d'un tissu de bourgeons cliarnus, sont très-aptes eux-mêmes à subir la suppuration ou la mortification éliminatfices : aussi, l'ulcère gagnant toujours, peut-il aboutir à la perforation complète de l'intestin, lésion assez rare d'ailleurs, parce que les lésions pulmonaires ou les inflammations tuberculeuses des grandes séreuses déterminent la mort avant que les altérations intestinales soient arrivées à leur terme.

Quelquefois l'infiltration inflammatoire et tul)erculeuse de la muqueuse s'accompagne d'un épaississement de la paroi tel qu'il peut y avoir, en un point donné, un rétrécissement de l'intestin. Nous avons vu une fois cet accident survenir par suite du gonflement de la muqueuse de l'intestin grêle à la fin de l'iléon. Ivlebs relate un cas analogue de rétrécissen^.ent tuberculeux de la valvule iléo-cœcale, dans lequel des calculs intestinaux s'étaient formés au-dessus de l'obstacle par suite du séjour des matières.

Des ulcérations tul)erculeuses du rectum peuvent siéger au niveau de l'anus, de telle sorte que les granulations tuberculeuses envahissent le tissu conjonctif de la région anale.

Il est inutile d'ajouter que, dans tous les faits de tuberculose de l'intestin, la nnujueuse est le siège d'un catarrhe plus ou moins intense avec hypersécrétion de liquide et diarrhée.

Les ulcérations tul)erculeuses que nous venons de décrire sont consécutives aux tubercules ulcérés du poumon, et peutètie sont dues surtout à ce que les malades avalent leurs crachats. Ces lésions occasionnent des tubercules des lymphatiques qui rampent sous le péritoine. Mais les tubercules primitivement développés dans le péritoine ne donnent que rarement lieu à la tuberculose et aux ulcérations intestinales.

Tiiinrars rt ulcirations syphilitiques:. — Les ulcérations de l'intestin (jui succèdent à des gonunes syphilitiques ne sont pas beaucoup plus fré(|uentcs tpie celles dé l'estomac. 11 existe ccl>euilaul, (lans la science, [ilusiems observations bien concluantes rapportées par Cullerier, Ktersler, Meschede, Wagner,

856 MALADIES rii:s organes.

Ebeiih et Rlebs. Dans le cas d'Eboith, il y a\ait du pemphigus, des goaimes du Ihviuus et du poumon : les anses de l'intestin grêle étaient soudées par des adliérences libreuses au milieu desquelles il y avait des nodules caséeux. Dans le fait rapporté par Klebs, il s'agissait d'un homme de trente-six ans, mort avec des ulcérations syphilitiques de la peau, du larynx, des gommes du poumon et du foie, des ulcères de l'estomac, de l'intestin grèle et du gros intestin. A la valvule iléo-cœcale existait une ulcération de la longueur d'un pied. Dans l'intestin gi'èle et dans le grosiiitestui, des ulcérations isolées plus petites mesuraient de 1 à 2 centimètres. La plus inférieure siégeait un peu au-dessus de l'anus.

Ces ulcérations sont caractérisées par leur bord épais présentant parfois des nodosités caséeuses à leur centre, par leur fond qui donne peu de pus, et qui est constitué par un tissu dense, gris jaunàtrC; de consistance tibreuse, et qui répond à un épaississemeut libreux cicatriciel et saillant du côté de la séreuse.

A l'examen microscopique du tissu induré (jui existe autour et au fond de l'ulcération, on trouve un tissu tibreux inliltré de petits éléments cellulaires arrondis. On n'a pas précisé le siège du début de ces lésions : elles ont pour siège, dans l'intestin grêle, les follicules lymphatiques des plaques de !\'yer, mais si elles débutent, ce (jui n'est pas sûr, par les follicules isolés du gros intestin, elles envahissent bientôt le tissu conjonclif voisin. Les lymphatiques, (pii de l'imeslin se rendent à la surface séreuse, sont altérés et noueux.

Les ulcérations étendues du rectum, (|ui s'accompagnent d'mu' induration du tissu cniijonclil de celte |»arlie de linteslin et d'un ii'lrécissemeul (jnebpiefois cnusidéralyle, ne seraient pas caiaclèrisli(iues de la syphilis, d'après l'opinion de (iosselin, |{ar('iisi)rung, Leudet et Lancereaux. Ces uicéralioHs, cpii commencent à «juelques ceiilimèlri s au-dessus de l'amis. se Hiuih-nl à leui' partie su|>érieure par un ixird taillé à |>ic : elles donnent lieu à une abondante sécrétion de pus. Ces ulci'ralions (lillVrcnl de celles de la d\sentéi'ie chronique m ce (|u'elles soni limitées à un aniu'au peu (''leudii , cl en ( c qu'elles occisionnenl mi rélré'cissenu'nl, lainlis qu au couhaire on observe |ilub'il mit> dilalalion du rccluni dans la d\senlt'>rie. Plus fr(''qu('n!cs < he/. la h'innn' t|ue thcz l'honnne, elles siuu'èdènl, soit à (les ( hiincres de l'anns, soil à des plaques um<|ueuses, soil i des condvli'mit's, accidfuls si rrt'M|U('nl> dans celle région.

ADÉNOMES JiE l' INTESTIN'. 857

Fibrome. — Les fibromes développés à la surface de la muqueuse intestinale sont rares : on tiouvo de petites productions fibreuses sous forme de polypes dans les formes chroniques de la dysenterie, autour des ulcérations du rectum et à l'anus, où ils revêtent la forme de papillùmcs.

Une production de tissu tibreux s'associe à l'adénome dans certains polypes muqueux qui présentent un développement de papilles à leur surface.

Fibi'o-myùme. — Il existe quelquefois à la surface séreuse de l'intestin de petites tumeurs sessiles ou pédiculces composées de tissu fibreux et de tourbillons de faisceaux de muscles lisses. Ces tumeurs ne diffèrent pas de celles que nous avons étudiées à la surface de l'estomac.

De petits lipùmcs peuvent faire saillie sous la muqueuse intestinale, ce qui du reste est très-rare.

Tumeiir^s rusnilaires. — La dilatation dos veines ou phlébectasie est assez fréquente dans le gros intestin, surtout dans le plexus hémorrhoïdal au pourtour de l'anus. Toutefois, on peut trouver des varices de l'intestin grêle faisant saillie sous la muqueuse. Les causes de ces dilatations sont toutes celles qui déterminent une stase sanguine dans les branches afférentes de la veine porte, la cirrhose, les maladies du cœur, les tumeurs abdominales, l'augmentation de volume de l'utérus dans la grossesse, les efforts de l'accouchement, la constipation et les efforts dans la défécation, etc., toutes causes qui 'empêchent le cours du sang contenu dans les veines hémorrhoïdales.

Les hrmorrhoides consistent, au début, dans une dilatation simple des veines qui se trouvent au bord de l'anus, et qui y font une légère saillie. En même temps, les veines situées sous la muqueuse rectale, au-dessous et au-dessus du sphincter, sont dilatées. Plus lard, ces dilatations s'accusent sous Ibrnu» de gros paquets vasculaires qui se distendent dans les efforts que fait le malade pour aller à la selle. La rupture en un point de ces veines dilatées, l'hémorrhagie- qui en est la suite, l'irritation calarrhale de la partie inférieure de la muqueuse rectale sont les consé(juences les plus habituelles d'un pareil état. Les parois des veines altérées subissent les nuunes lésions qui ont été étudiées à propos des varices (voy. p. 575). I^e tissu conjonctif interposé aux veines peut s'épaissir, et il en résulte (piè les parois des veines voisines sont unies les unes aux autres par du tissu conjonctif induré. La section de ces tumeurs ressend)le

alors à celle d'une tumeur sanguine. Toutes les cavités ne lomniuniquent pas directement avec les vaisseaux principaux hémorrhoïdes aveugles). On a vu aussi des transformations calcaires de la paroi des veines malades.

Adénomes. — Ces tumeurs, produites par une iiyperlrophie de la couche glaudulaii-e, se rencontrent rarement dans l'intestin grêle, mais elles sont très-tiéquentes au contraire dans le, rectum, où elles forment les imlypes muqueux, très-fréquents chez les enfants. Leur type, comme structure à l'œil nu et au microscope, est le polype de l'estomac déjà décrit; comme ce dernier, le polype intestinal est composé par du tissu fibreux, des glandes hypertrophiées, et quelquefois par des dilatations kysti({ucs de ces mêmes glandes; mais ici ces difVéreutes parties sont ordinairement disposées avec plus de régularité que dans le polype de l'estomac.

Si on fait une coupe intéressant toute la tumeur, on trouve d'abord à sa surface la couche des cellules épithéliales semblal)les il celles de l'intestin, puis une couche épaisse, formée par les glandes, présentant un volume double ou triple de celui des glandes normales; celles-ci sont augmentées en longueur, et munies souvent de plusieurs culs-de-sac secondaires partant de

lii!. lIOll. — Sui'tiiin II trovum iiii pcllt mli'uiruno pr>ly|>mi!i ilr rinlc-lm ^ri>lo.

(.r.iîi.iHhrlilrlil lie -iO clilllllftli».

leur II md : CM lin, h- ccni rc c^l occiip»' pur du liv^u miii\ cnl assez dense, qui l'onsliluc mw pailic notable de la liiini'ur. (les polypes pcuvciil êlic la cause d'une invagiiialion du gros intestin. Inrsqu'ils dcxieMiienl s.iillanis à revlt-riein', p.n* IduNcrlure

LYMPHADÉNÔMES DE l'iNTESTIN. 859

anale, la couche épithéliale qui les revêt ou plutôt la couche qui revêt la partie en contact avec l'air extérieur, change de nature ; les cellules superficielles, qui étaient cylindriques comme celles de l'intestin, deviennent aplaties et pavinienleuses, et la surface du polype prend tous les caractères de la peau, mais en demeurant plus rouge. Cette particularité s'ohserve aussi pour d'autres polypesdevenus saillants à l'extérieur, comme ceux de l'utérus, lorsqu'ils font saillie dans le vagin.

Les lymphddénômesde l'estomac et de l'intestin ont été étudiés déjàdans la première partie de ce manuel (page '257). Les observations qui ont été publiées depuis, et qui se trouvent analysées dans la thèse de M. Démange, ont confirmé la description que nous en avons donnée. C'est surtout dans la portion inférieure de l'intestin grêle, au niveau de la valvule iléo-crecale, que ces tumeurs ont été observées, mais elles peuvent siéger sur toute la longueur du tube gastro-intestinal. On a vu la valvule de Bauhin former un véritable bourrelet obturant son ouverture. Dans les deux cas de MM. Picot et Rendu, la néoformation de tissu adénoïde, qui avait, suivant toute probabilité, son point de départ au c;pcum et à l'appendice vermiculaire, avait envahi toutes les couches de l'intestin, le mésentère, et il en était résulté une tumeur énorme. Dans l'observation de M. Ivelsch, il y avait une dizaine d'ulcérations dans la partie inférieure de l'iléon, l'une d'elles ayant 5 centimètres de hauteur, et eml)rassant toute la circonférence de l'intestin; entre cette ulcération et la valvule de Bauhin, dans une étendue de 30 centimètres, la muqueuse était tuméfiée par une néoformation de tissu adénoïde sans ulcération. Ces lésions de l'intestin et de l'estomac coïncident le plus ordinairement avec d'autres néoplasies lymphatiques des ganglions, de la l'ate, du péritoine, du poumon, des os, de la peau (mycosis fongoïdc ou lymphadénie cutanée décrite dans les observations de MM. Gillot, Larïdouzy, Debove et Démange). Les lésions de l'intestin paraissent avoir existé seules dans une o])servation de M. lîéhier-.

Les ulcérations et tumeurs lymphadéniques de l'intestin ressemblent, à l'd'il nu, à des productions encéphaloïdes : elles doiment du suc au raclage de leur section, et leur étendue, leur épaisseur, l'envahissement progressif des tissus voisins, des tuni(|ues intestinales et du [)éritoine, la dégénérescence des ganglidus lymphaticiues les rapprochent des tumeurs (1u'(M1 appelait autrefois cancéreuses. Uien (ju'elles puissent débuter

par les follicules clos préexistants et par les plaques de Peyer, les infiltrations et ulcérations lymphadéniques diffèrent absolument, à l'œil nu, de celles de la fièvre typhoïde, parce qu'elles ne restent pas limitées aux plaques de Peyer, et qu'elles s'étendent au conliaire indifféremment à toutes les parties de la muqueuse : elles sont habituellement transversales, tandis que les lésions de la hèvre typhoï le sont longitudinales suivant la direction des plaques de Peyer. Elles ne peuvent pas non plus être confondues avec les ulcérations tuberculeuses, |iarce qu'il existe toujours sur ces dernières ovi à leurs bords des nodosités tuberculeusesou des inflammations des oraaneslymphoïdes dont le centre est caséeux. Déplus, à la surface péiitonéale des ulcérât ions tuberculeuses, on trouve toujours de petites granulations semitransparentes qui font défaut dans la maladie <|ui nous occupe.

A l'exanien microscopique, il serait plus diiticile qu'à l'œil nu de différencier les plaques de Peyer tuméfiées de la fièvre typhoïde d'avec les productions leucémiques. Dans les deu?: cas, en effet, avant l'ulcération, la surface des tumeurs, examinée au microscope, montre une infiltration des villosités par les cellules lymphatiques, les glandes en tube allongées, comprimées, bosselées, contenant un épilhéliuni muqueux ou granuleux, et, dans le tissu conjonctif sous-muqueux, un tissu réticulé dont les mailles sont remplies des mêmes éléments. Ce qui dinV'iencie les deux processus, c'est donc moins la lésion anatoiuiijue considérée en elle-même que l'évolution de la lésion, limitée dans sa forme et dans son extension, é\oluant ra[)ideiiient dans la fièvre lypiioïile. chioiii(|ue au contraire et ayant de la leiidaiice à renvahissemeiil et se compoitanl comme une tumeur dans la lym[)hadénie.

-Nous n'axons jamais vu de sdinniio primitif ou secondaire de l'intestin : loiitefois il en existe des faits très-rares rapportés par itokitansky, \ ix, etc.

('niciiii')iiir. — Le carciiK'ime piimilif de riiiteslin est incompaiablement plus rare que cehii de l'estomac, mais il affecte absnhimcnt les mêmes l'urmes dans ces deuv portions du tube di^^r.-lif. Il est assez souvent secimdairc à un carcinome déveloplM' dans les pal lies voisines, péritoine, utérus, vessie, etc.

I.cs pallies U' phis souvent all'i'cli'es parle carcinome sont le lecliim, le côlon liansvcrsc, l'angle du ctMoii en raitpoit avec II' fuie; If circiim, h' dundcmim cl le jcjumim son! très-rarement alleinis.

ÉPlTIIliLlÔME DE l'intestin. 861

Le squirrhe et l'encéphaloïde se rencontrent au rectum, le premier plus souvent que le second; ces tumeurs se développent, soit au niveau du sphincter, soit à 8 ou 10 centimètres au-dessus; elles débutent par le tissu conjonctif sous-muqueux. L'infiltration sous-muqueuse s'étend en anneau à toute la circonférence de l'intestin en ce point, et détermine un rétrécissement plus ou moins étendu en hauteur. — L'apparence bourgeonnante de la muqueuse, son ulcération, l'extension aux couches profondes, l'hypertrophie des couches musculeuses du rectum, la propagation aux ganglions lymphatjques, sont de tout point comparables à ce qui se passe pour le carcinome stomacal.

Les auteurs signalent la fréquence du carcinome muqueux au rectum. 11 est certain que les tumeurs ayant une apparence colloïde du rectum et du reste de l'intesiin sont assez communes, et nous en avons observé plusieuis fois; mais il ne faudrait p,as croire que toute tumeur colloïde à grands alvéoles remplis d'une matière gélatiniforme appartienne au carcinome. Nous avons déjà dit i)lusieurs fois que l'épithéliùme à cellules cylindriques pouvait subir cette altération, et, par conséquent, il faut rechercher dans les parties de la tumeur les plus jeunes quelle est sa structure intime avant de se prononcer sur sa nature. Habituellement le carcinome primitivement développé sur la muqueuse ollre ime tumeur unique qui s'accroit dans tous les sens, qui détermine un ou plusieurs rétrécissements, rétrécissements qui peuvent, à l'exemple de ce qui se j>asse au pylore, disparaître par les progrès mêmes de l'ulcération. La tumeur ulcérée peut arriver à détruire en un point toute la paroi intestinale, et il en résulte une perforation, accident moins rare dans le cancer intestinal qu'à l'estomac.

Exceptinnnelleuient le carcinome peut se manifester à l'intestin par des tumeurs multiples. C'est ainsi que nous avoas vu, dans le service de M. Hérard, une série de tumeurs cdIloïdes carcinomateuses sur toute la longueur de l'intestin grêle, tumeurs ovoïdes non ulcérées, saillantes dans l'intestin et développées aux dépens de la muqueuse et du tissu conjonclif sous-nuiqucu\.

Les nodules secondaires (U'veloppés à la suite du carcinome intestinal envahissent le péritoine par voisinage, et généralement aussi le foie, avec mie prédilection marquée. On peut les trouver aussi dans d'autres organes, daiis le pomnoii, h> jein, etc. Les ganglions les j»lus voisins sont toujours d ^générés.

ÈpithcliOme. — L'épithéliome à cellules cylindriques est l'une des tumeurs les plus communes de l'intestin grêle, du gros intestin et du rectum. 11 atTecte absolument la même forme, le même aspect à l'œil nu et à Texamen microscopique que dans l'estomac. Comme dans l'estomac, il débute par une hypertrophie des glandes en tube ; à un moment donné, il y a dcstruc-

yis. 301. — (jiiqio d'un 6|>itllélil^ul^; ù cellnlcs ovlimlnqucs du ifios irile«liii. Ui'os.-^i^scoiout do 4U diainétivs.

Ili Si «-'"uclie «le.- glandes de Lifboïkûlin li vi>erlropliices de lu uiui|UCnso. Ces ulandcs snnt déti'iiituii ft la droite du dessin i|ui uuri'uspoiid à une naitio uk-éroe ; li, h. caviti-s tapK^séc» d'c|iilliidiuin ryliiidriiiuo ol sur la paroi dftsuiuelii'S vi>i,'éti'iit des papilli'-. ji l'galo uieiit couvertes des mêmes cellnirs. Sur la ]inrlie idcérèe à droite ilii de>siii, les pa pilles ;> sont tiès-lor.guos ot courorteg do eollnles eYliiidrii|UOs.

lion de la couciie nuisculeuse de la muqueuse, el les culs-desac pénètrent dans le tissu sous-niu(|ueii\, où ils forment des cavités tapissées de cellules c\lindii(|iu's, et de la paroi desquelles végètent des vaisseaux également recouverts de cellules cvliiidriciues. Des traînées et des expansions de culs-de-sac pénètrent eiisuitt' dans les couches iimsculeuses de l'intestin. Il subit souvent pailiellomeni ou dans sa presque totalité la dégénérescence ((dloide.

L'épilliélirune il (■(•lliih"^ piviiiieiili uses et à ;;lid>es épidei niique>< s'idiserve quelqiiernis à l'anus, dont la iniiqiieiise re.>seiiible, ainsi que nous l'avons mi, à la peau, par sa slrucluiv iutitnc

DU KOIE. 863

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