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CHAPITRE V. — DU FOIE

§ 1. — Histologie normale du foie.

Le foie est composé de lobules dans lesquels les cellules hépatiques sont mises en rapport avec le sang de la veine poite. Grande vasculaire sanguine destinée à élaborer le sang de la veine porte dans^son liajet entre les intestins, la rate et le cœur, le foie sécrète en outre la bile, et présente tout un appareil de conduits excréteurs. 11 est entouré par une membrane fibreuse, la capsule de Glisson, qui est recouverte elle-même par le péritoine et qui accompagne partout les vaisseaux en pénétrant entre les lobules hépatiques.

Bien que les lobules hépatiques ne soient pas tous absolument égaux par leur forme et par leur étendue, ils se rapprochent tellement les uns des autres par leur structure intime, qui est identique, qu'on peut prendre le lobule comme type de la description du foie, et considérer l'organe tout entier comme suffisamment connu lorsqu'on a étudié un de ses lobules.

Structure du lobule hépatique. — Les lobules ou ilôts hépatiques présentent une forme sphérique ou polygonale par pression réciproque ; leur diamètre est de 1 millimètre à 1 millimètre et demi; ils sont apperulus aux divisions de la veine hépati([ue comme des lobules glandulaires à leurs conduits exci'éteurs.

Des branches principales extralobulaires ou interlobulaires de la veine liépalique partent des branches plus petites à très-court trajet (|ui entrent chacune dans un lobule, et qu'on appelle veines lu!pali(]ues intra-lobulaires ou veines centrales du lobule. Arrivée au centre du lobule, la veine se résout en capillaires qui rayonnent de l;i à la périphérie du lobule par des capillaires ladiés anastomosés les uns avec les auti'es par de courtes branches transversales. Ces capillaires, dont le diamètre est de 1 0 |!ji, et qui sont séparés par une distance de 15 fx en moyetme, forment un réseau à mailles allongées dans le sens des capillaires radiés. (;onununi(|uant au centre du lobule avec la veine centrale, ils reç^'oivenl à la périphérie de l'iiot, le sang de la veine porte, et se continuent directement avec les veinules portes intcrlol)ulaires. Ces dernières cheminent en eil'et dans les espaces prismatiijues (|ue laissent entre eux les îlots hé|>ati(|ues, et pénètrent dans les ilols par leur surface, de (elle coun;i. kt uanviek. 4'J

SaU MALADIES DES ORGA.NES.

sorte que chaque îlot reçoit ses capillaires de quatre ou cinq branches de la \eine porte.

Dans les mêmes espaces prismatiques interlobulaires qui reçoivent la veine porte, cheminent les branches de l'artère hépatique et les canaux biliaires interlobulaires entourés par du tissu conjonctif en continuité avec la capsule de (Uisson. Les capillaires de l'artère hépatique sont surtout destinés à la nutrition des parois de la veine porte et des canaux biliaires interlobulaires. Ils existent surtout à la périphérie des Ilots, où ils s'anastomosent avec les capillaires de l'ilot lui-même.

Les ilôts sont donc au contact les uns de* autres, séparés seulement par les ramifications de la veine porte, des canaux biliaires, et de l'artère liépatique interlobulaire, accompagnés d'un peu de tissu conjonctif; ils sont appendus à la veine hépatique, dont une division les pénètre, et leurs capillaires sont intermédiaires entre la veine porte et la veine hépati(iue.

Dans l'ilot, les espaces laissés entre les mailles des capillaires sont entièrement comblés par les cellules hépatiques.

Les cellules hépatiques sont de petits blocs de substance granuleuse molle possédant un ou deux noyaux de 9 à 12 u de diamètre, londs ou ovoïdes : la forme de ces cellules est très-facilement modillable parla pression qu'elles supportent de la part des vaisseaux capillaires et des cellules voisines. On les obtient il l'état d'isolement en raclant la surface d'une section du Ibie , et elles se montrent alors aplaties, polygonales, à (juatre, cin(| ou six pans ou à bords irj'éguliers ; l'une de leurs faces est généralement excavée, parce (ju'elle est eu rapport avec un vaisseau sanguin. Evamiiiées en place sur des sections Irès-minces du foie, les ceHuk>s hépatiques se touchent toutes, et cliacune d'elles est en conlacl avec cin<| à sept ou davantage de ses voisines, el huiche à iiii on plusieiiis c;ipillaire!< sanguins.

La masse protoplasmique griuuileuse, (i('mi-li(|ui(k', des cellules lu'palit|iu'.s contient souvent (h; Unes gramilalions jaunes de pigment bihaire ou des granulations c(dorées en rouge |)rovenaiit du pi^^menl siinguiii. lOlles renferment aussi (k's gnuiulalions gl\citg(''ni(|ues ipi'on peut réussir à colorei' avec la teintui'e dinde iii<hn('e et ];i niîilieie fermeiilesciblc nécessaire pour Iransfoiincr ru ghcosc la snhslance ^ly(og(''ni<|ue. Ilabiiiicliement aiis>i, priidanl la digesliDn, les cclliiles de la péripJK'rie (le I ilnt pic^cnlrnl qiirlqni's Liramilaliuns graissenses.

Les celiiilf^ ne possèdent p,i> (!<• mfiiibr.ine d i'n\i'l(i|qu' iso-

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lablc ; tout au plus peut-on dire que leur substance granuleuse se condense au niveau des canalicules biliaires que nous décrirons bientôt, et forme là une cuticule mince qui sert de paroi à ces canalicules.

Considérées dans leurs rapports réciproques au sein du lobule, les cellules hépatiques ont paru à Eberth former des séries ou travées radiées du centre à la périphérie et anastomosées transversalement. Ou comparait alors ces réseaux ou tnibécules de ailules hépatiques à des tubes contenant des cellules hépatiques, comme cela se voit dans certaines espèces animales (poissons, reptiles). Ces apparences de trabécules sont dues tout simplement à la configuration générale du réseau capillaire, ainsi que Héring et Ivolliker l'ont démontré; il n'y a ni chez l'homme, ni chez les manmiifères voisins, de membrane comparable à un sac glandulaire qui enfermerait les cellules hépatiques et les séparerait des capillaires; les cellules sont, au contraire, en contact direct avec les capillaires. Chez le lapin, en particulier (Hering), les cellules hépatiques adhèrent aux capillaires, et ne s'en séparent pas même lorsqu'on a placé un fragment du foie dans l'alcool ou l'acide chromique, réactifs qui font contracter les éléments, tandis que, chez le chien et chez l'homme, l'action durcissante de ces liquides sépare les cellules de la paroi des capillaires.

On doit donc considérer le lobule hépatique simplement comme une masse continue de cellules creusée par le réseau caiiillaire, les cellules prenant une disposition et des formes en rapport avec la forme des mailles vasculaires.

Les vaisseaux l)iliaires naissent dans le lobule hépatique par un réseau de lins canalicules formant des nuiilles étroites, et en Contact avec toutes les cellules hépatiijues. Ce réseau est une émanation des canaux biliaires interloiiulaires qui accompagnent les branches de la veine porte. (Biidge, Andréjevié, Mac-Gillavry, Eberth, KôUiker, etc.)

Les canalicules ou capillaires biliaires intralobulaires ont un trajet rectiligne et régulier; leur diamètre est de 1,5 pt, et les mailles du réseau ont de l/i à il fi chez le lapin. Us ne fi'éseiitent pas de cellules à leur intéiieur, et leur paroi est formée unifpuMncnt par la coiidensafion eu cuticule de la surface des cellules hépali(iues. Les mailles des canalicules biliaires sont nu peu allongées dans le même sens que celles des capillaires, Les canalicules courent au nlilieu des faces des cellules hépalifiues qui se louchent, au |Mjiiil de réunion de leui-^ ^unuuels

en contact, et par conséquent ils ne rencontrent pas le système capillaire sanguin, dont ils sont distants au moins de la moitié de la face d'une cellule hépatique. Les mailles de ces canaliculessonti)olygonales suivant la forme des cellules hépatiques.

Ji/çi^^K-

Fig. 302. — Sectioh du foie dont les vaisseaux biliaires intrulobulaire» sont inji>ctrs.

A, vaisseaux capillaires sanfruins ; II, vnissi'aux biliaires; C, noyaux dos oeiliilos liopii-

ti(|aes. (Figure euipruatéo à KOlliker).

Cha(|ue cellule est par c()nsé(iu(Mil en contact avec le capillaire sanguin d'un côté et pai' [tlusieurs de ses faces ou sommets opposés avec des capillaires l)iliaires.

A la périplu'rie de l'ilot, les capillaires l)iliaires s'unissent pour former des rameaux un peu moins étroits, et se jettent dans les canaux biliaires périlolmlaires.

(>es dernieis ont une structure toute didereute : ils sont forni('s par une ntince mend)rane d'('nvelop[)e à l'inlérieur do l;ii|iieMe se lrou\e un l'evèlemcnt coinph'l de cclliih-s épiihé-r liali's ( nl»i(|ues munies d'un noyau rond nu ovcnde. Au centre du canal existe une lumicic l'Irdite pour rt'Cduleinent des produits sé( ii'li's. Leur diiimètic vaiii' (Milic liOfx et ')() jui. (le sont là de véritaldcs rnuduils <'\tr('leurs complets ipii icçoiveiit les capillaires biliaires dt''|)ourvus cux-niémcs de lout revêtement cellulaii'e dans leur inli-iieui'. (le miuI, en elVet, les cellules lii'pati<|ue,s qui i epn'.'ieulcul le- cellules seeréloires de la bile;

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