‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 3)Chapitre 33 sur 146 · ABCÈS BILIAIRES · texte numérisé non relu

ABCÈS BILIAIRES

l'îlot et les veinules plus volumineuses de la veine hépatique étaient également distendues et remplies ; de plus, leurs parois étaient infiltrées de cellules lymphatiques. Il y avait donc à la fois phlébite et thrombose de la veine hépatique. Les branches périlobulaires delà veine porte étaient normales, comme contenu et comme contenant. Il en était de même de l'artère hépatique. Si l'on admet, ce qui est probable, que la lésion initiale des abcès a été la même que celles des parties voisines, on reconnaîtra pour cause de ces abcès une thrombose des capillaires de Fîlot et des veines hépatiques, suivie de latrophie des cellules hépatiques et de la fonte suppurative de toute la partie ainsi privée de circulation.

Dans cette description des abcès du foie où nous avons pour but d'arriver à l'étude des grands abcès des pays chauds que nous ne connaissons pas très-bien, ni pratiquement, ni par les descriptions histologiques que nous avons lues, nous avons commencé par décrire d'abord ce que nous pouvons observer nousmêmes en France, c'est-à-dire les abcès miliaires métastatiques, les phlébites et les abcès particuliers qu'elles déterminent. Nous allons maintenant étudier les abcès dus à V inflammation des voies biliaires et nous terminerons ensuite parles grands abcès du foie.

5" Abcès biliaires. — La cause presque unique de l'inflammation de la muqueuse des voies biliaires est la présence de calculs biliaires plus ou moins volumineux dans leur intérieur. Les tout petits calculs semblables à du sable fin ou à du gravier, calculs qui sont irréguliers, anguleux, formés de pigment, de cholestérine et de sels calcaires, petits graviers et sable qui existent dans les canaux hépatiques et dans les branches interlobulaires, paraissent avoir avant tout le privilège d'exciter le catarrhe de ces canaux.

L'inflammation catarrhale des voies biliaires dans le foie est plus ou moins intense ; tantôt elle se borne à la sécrétion d'un mucus légèrement louche coloré par la matière biliaire et elle s'accompagne d'un certain degré de dilatation des canaux qui présentent assez souvent des ampoules plus ou moins volumineuses. Ce liquide contient des cellules lymphatiques, des cellules cylindriques plus ou moins reconnaissables, du pigment biliaire et du sable fin. C'est précisément dans les inflanunalions de ce genre qu'on trouve le plus souvent des abcès biliaires dans le foie.

Dans d'autres faits, l'inflammation des voies biliaires esttvèsintense et les canaux dilatés sont remplis complètement et uniquement par un liquide épais, blanchâtre, opaque, analogue au muco-pus ou au pus. On s'attendrait à trouver dans ce liquide uniquement des globules de pus, mais il n'en est rien, et les cellules rondes y sont beaucoup moins nombreuses que les cellules cylindriques des voies biliaires, cellules cylindriques possédant un plateau et des noyaux ovoïdes, (^es cellules sont souvent modifiées, infiltrées par un liquide muqueux, déformées ou contenant plusieurs noyaux.

Dans certains foies ainsi altérés qu'on examine sur une section, à voir la coupe de ces canaux hépatiques pleins de pus et souvent gros comme le doigt, on croirait au premier abord avoir affaire à des abcès développés dans le parenchyme , tandis qu'en ouvrant méthodiquement les voies biliaires on s'aperçoit que le pus n'a pas franchi leurs limites.

C'est, nous le répétons, dans l'inflammation plus légère et plus lente plutôt que dans ces derniers cas d'inflammation intense que nous avons vu les abcès biliaires. Ils sont constitués par des dilatations des conduits biliaires et ils sont remplis soit de mucus, soit de muco-pus, soit de pus. Leur paroi est tantôt lisse et formée par la muqueuse du conduit; tantôt ils sont limités par du tissu conjonctif de nouvelle formation, la paroi itrimitive du conduit ayant été détruite par une indnnimation suppurative en même temps que le tissu conjonctif voisin s'infiltrait de cellules lymphatiques.

Le liquide qu'ils renferment présente toujours, avec des cellules lymphati<pies et du pigment biliaire plus ou moins sablonneux, des cellules cylindriques en quantité variable, mais généralement assez considérable. Ce sont précisément ces cellules cylindriques libres au milieu du liquide des abcès qui leur donnent leur caracléristirpie. Dans les abcès purulenis proprement dits, en eflet, on peut bien trouver des cellules hépaliiiues plus ou moins atrophiées, granuleuses et fragmenfées, mais il n'y a pas de CCS cellules cylindri<|ues.

Un auhe caractère! anal(trni(|ue de ces abcès, c'est qu'ils communiqueut avec les canaux biliaires.

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