‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 3)Chapitre 39 sur 146 · ÉTAT PES CELLULES HÉPATIQUES DANS LA CIRRHOSE · texte numérisé non relu

ÉTAT PES CELLULES HÉPATIQUES DANS LA CIRRHOSE

on peut observer un contenu vert foncé dans les petits canaux intralobulaires, en même temps que les canaus extralobulaires offrent une teinte jaune verdàtre plus pâle. En examinant à un fort grossissement une section mince de ces îlots, on voit dans leur intérieur des canaux droUs ou anastamosos, ou des sections circulaires contenant de petits fragments cubiques, durs et réfringents, colorés en vert intense. Nous croyons que ces canalicules ne peuvent être autre chose que des canaux biliaires intralobulaires contenant de petits calculs de matière colorante déposée très-probablement dans des cellules. Quant aux canaux interlobulaires, leurs cellules cubiques sont quelquefois colorées faiblement en vert, ce qui est dû à une imbibition cadavérique, caries cellules des canaux biliaires incolores pendant la vie chez les animaux s'imprègnent de bile après la mort.

État des cellules hépatiques dans la cirrhose. — Les cellules hépatiques présentent des altérations très-variables et évidemment secondaires à la lésion du tissu conjonctif. Cette dernière, en effet, est toujours de la même nature, tandis que les cellules hépatiques sont tantôt normales ou seulement un peu granuleuses ou aplaties par compression et atrophiées ; tantôt elles sont infiltrées de bile et présentent des granulations biliaires ; le plus souvent elles sont remplies et distendues par des gouttelettes huileuses. Elles peuvent présenter du pigment rouge ou noir, ou avoir subi la dégénérescence amyloïde. Un mot sur chacun de ces états.

Les cellules hépatiques peuvent être trouvées normales, nonseulement dans la cirrhose au début, ce qui indique bien que leur rôle est minime ou nul à l'origine de la lésion, mais môme dans des cas de cirrhose atrophique très-avancée et très-intense. Dans ce cas, beaucoup d'entre elles, il est vrai, ont disparu, et certaines sont isolées, seules ou en petits groupes, dans le tissu conjonctif sclérosé. Mais celles-là mêmes peuvent être normales avec leur protoplasma et leur noyau. En s'atrophiant, par suite de la compression qu'exerce le tissu conjonctif périlobulaire et intralobulaire, elles conservent souvent leur forme primitive et elles diminuent dans tous les sens. Les réseaux de cellules qui se louchent forment des i)oyaux plus minces qui ont été bien décrits par Klebs. Dans d'autres cas où la compression s'exerce seulement dans un sens, elles s'aplatissent les unes contre les auties. On connaît la facilité de l'aplatissement des cellules et des lobules entiers du foie sous l'influence de la compression,

changements de forme sur lesquels nous avons insisté déjà (voy. p. 870 et suiv.).

Lorsque les îlots sont colorés en vert, ainsi que cela s'observe dans la rétention de la bile et l'ictère généralisé qui accompagnent quelquefois la cirrhose atrophique et assez souvent la cirrhose hypertrophique, les cellules hépatiques contiennent du pigment biliaire sous forme de petites granulations et même dans certains cas le protoplasma de la cellule tout entière est coloré en jaune clair. En faisant agir avec ménagement l'acide nitrique sur la préparation, on colore davantage la cellule qui prend une teinte jaune verdàtre : on obtient le même résultat avec la solution iodée. Dans ces cellules colorées, il peut y avoir en même temps qu'une infiltration de bile, une accumulation de gouttelettes huileuses qui les distendent plus ou moins. Les gouttelettes d'huile ne sont pas colorées, mais la portion du proloplasma cellulaire qui entoure la graisse, à peu près comme cela a lieu dans la cellule du tissu adipeux sous-cutané, est colorée par la bile. C'est dans ces cas de rétention biliaire qu'on trouve des canalicules biliaires intralobulaires remplis des petites concrétions vertes que nous avons décrites précédemment (voy. |). 925).

L'altération la plus commune des cellules dans la cirrhose est la dégénérescence graisseuse : elles renferment des gouttelettes de graisse ou une grosse goutte unique qui les distendent, et en numie temps il y a des cellules plus ou moins infiltrées de pigment biliaire ou sanguin. Ce sont ces lésions qui donnent à l'îlot tout entier la couleur jaune fauve ou brunâtre regardée comme caractéristique.

Le pigment sanguin rouge est souvent [irédinuinant. Les cellules contiennent alors des granulations l)iuiu's d'hématine en plus (lu moins grauile ([uanlité, et les li)lmh>s présentent une couleur brun-acajou, (^et état des cellules liépali(iues est anal(tf;ueàce (pi'on observe dans le foie noix de muscade du à l'aug- Micnlalinii de pression du san^ d.ins les cavité's dr( itcs du cti'ur et dans la veine sus-hépatii|ue.

On trouve (|uel(|uefois diius la ciiiliose des |»aities colorées en NOM'. Il fau' toujours se défier des alli'rations ('adav)''rii|iu>s liarl>^ l('s(pit'llt's le pigment rouge se; Iranslornic assez facilcuMMil <-n pi^'uicnt noir a|ir*'s la mort, et, dans la di'-couiposition cadavt-rique, (•(.•rlaincs parties, la surface surtout, |)rennenl \ine triiilc ardoisi'e ou ;;risàtre. Mais lorsfpic l'autopsie est faite en iiisi't, \in^'(-i|uutri' lienres après la inorl, lorsqu'il n'y a pas de

DÉGÉNÉBESCENCES DU FOIE.

signes de décomposition cadavérique visibles, ou peut tenir compte du pigment noir qu'on rencontre. C'est dans ces conditions que plusieurs anatomistes ont mentionné et que nous avons vu également du pigment noir, soit dans le tissu conjonctif, soit dans les cellules hépatiques elles-mêmes, que les suj(!ts aient été atteints ou non de fièvre intermittente pendant la vie. Ainsi que nous l'avons dit plus haut, le pigment, dans l'impaludisme chronique, se trouve surtout dans les globules blancs du sang et dans le tissu conjonctif plus ou moins abondant qui entoure les vaisseaux.

La complication du foie cirrhose et de la dégénérescence amyloïde des cellules et des vaisseaux est assez rare. Elle peut se rencontrer toutefois dans l'une des maladies qui amènent la dé-

Fiff. 311. — Section ilii foie dont les cellules hépatitpies sont pigmentées : h, veine centrale de l'ilot; c, tiabi-cnles Je cellules hépatiques; e, granulations de pigment noir dans les cellules de la péiipliérie de l'ilot; v, ramesu de la veine porte. Grossissoniont de 40 diamètres.

générescence amyloïde dos viscères, et en particulier dans la syphilis, et dans les suppurations prolongées, quelle que soit leur cause.

La rate csi généralement hypertrophiée dans la cirrhose, quelquefois môme elle est indurée et atteinte d'une inflammation chronique portant sur le tissu conjonctif des trabécules et de la capsule spléni(|U('.

DÉGÉXÉRE5C.EXCES DU FOIE. — Nous avons étudié déjà les altérations des cellules hépatiques dans la dégénérescence graisseuse et dans la dégénérescence amyloïde. >.ous devons maintenant considérer ces dégénérescences dans l'ensemble du foie, en donner les ditTérentes variétés et décrire en quelque sorte la distribution géograpliique de la lésion par rapport à l'îlot hépatique.

Fip. ni2. — I . -. li' Il ;i eiico graisppuse du foii' (irnfurs los deiminp de M, do Sim'-ly). A, nue fi-llidi^ liirpati(|iio iiri-soiitant pliisioiir-i goiittidcllns i;rttissnisog h ot iIob pi'nnidn-<

tinn^ d(! iiiT'iiii^ iiiitnro', a, nuynii roiiscrvo du In rolliilù. GroKsissicmcnt do 300 di(|<

iiii-tren.

H, pri'pnration trniti'^o par l'nride osmiqiiQ dnns un cns de di^^i'-ni^rosconpo prnissouiifi îles

cidliili'K pnndnnl rnlliiiti-nicnt. Kcx rollido» a di) In pi'-riplii^rio du lolndo lii'piitiquo nonl

iinrninl<<s. Lb« rplliilc» du rpntrc du lobuln font louiplii's do pniitti'liMli'S h ri<l(ir^c!< OQ

noir pnr l'ar idn miniiipio; h, veine ccntriilu dos ili'ilH. Grnyiii<i<ionu<iit di< 40 diiuui'lros. f", Di'itrii/TniiroïK'o prainBouso limiti^o A In péripliorio d«f< l>d)uloii ; /i, voino oontraln;

]i, voriii! piirti-: '«, l'ollules du la poriplirrio on dritonoicBooiioo pniisHouse; n, rnllnioa

ncirniala» an indiuii diii loliulov. (■ro>siKi^onu'nt do 40 dianiolirii.

Dérjénérf'Xnenre (iraisxpusr. — I/accuninl.ilidii de la graiss(> dans Icfoii' n'rst |»as lii'-c au dt'vcloppcnit'iil du paiMiicuh' graisseux sdU'^-culant', ni à la pnlysnrcii', à niiMns(|u'il ne s'agisse de liiivtMHN : liiiit ,111 ( iiiili.iii c, \i'< iiidixiilii^ qui pn-senlenl à l'an-

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