VAISSEAUX ET VÉSICULE BILIAIRES
eux-mêmes, les membranes hydatiques se rompent et se iVagmeiitent; elles sont situées dans un liquide opaque, épais, riche en sels de chaux, rendu ocreux ou rougeàtre par la présence des matières colorantes de la bile et du sang. Les échinocoques n'existent plus, ils se sont détruits et fragmenlés: tout au plus peut-on reconnaître encore des ciochets conservés dansée liquide. 11 est commun de trouver à l'autopsie de malades qui n'avaient présenté, au moins dans les dernières années de leur vie, aucun symptôme de maladie hépatique, de pareils kystes ayant la grosseur du poing ou davantage. Leur membrane fibreuse est revenue sur elle-même, et dans un cas que nous avons examiné, elle avait subi une véritable ossification avec des travées osseuses, de la moelle osseuse, des ostéoplastes, etc.
Une variété de tumeurs hydatiques du foie décrite dans ces derniers temps par Friedreich, Virchow, etc., consiste dans la tumeur hydatique mnltilocuhdre. M. Carrière en a donné une description dans sa thèse (18(i8} d'après un fait que nous avons également examiné. Ces tumeurs sont composées de petits kystes hydatiques disposés dans un stroma fibreux. Chaque kyste contient une membrane caractérisée par ses lames hyalines parallèles, et quelquefois on y trouve soit un échinocoque complet, soit seulement des crochets. Ces tumeurs ressemblent beaucoup au premier abord au carcinome colloïde avec lequel on les a confondues longtemps; l'examen microscopique lèverait immédiatement tous les doutes.
Les kystes hydatiques en voie d'accroissement, au lieu de s'atropliier et de se flétrir, peuvent arriver à un volume tel que la tumeur occasionne par elle-même des accidents qui exigent une intervention chirurtiicale. D'autres fois, ils contractent par l'intermédiaire de la surface du foie et par une péritonite limitée des adhérences avec le diaphragme, avec la paroi du ventre, avec le gros intestin, le duodénum, etc., et ils peuvent s'ouvrir dans la plèvre et dans le poumon, dans l'intestin, dans la vésicule biliaire ou les conduits biliaires, de telle sorte, par exemple, que les malades évacuent soit par les bronches, soit par l'intestin le contenu du kyste consistant en vésicules intactes ou déchirées. Ou a cit('' aussi (juelques cas de perforation de la veiiu' porte. Lorscjue l'ouverture a lieu dans le péritoine, il en résulte uiM' |>i''riliiiiitr niurlfllc.
VAISSE.\UX ET VÉ?ICrf-E BILIAIRES.
Inflammation. — L'inflammation catarrhale de la vésicule biliaire o&tsxirioui consécirtive à la présence des calculs biliaires qui agissent là comme des corps étrangers. Cependant il ne faudrait pas croire que les calculs déterminent toujours, ni même habituellement^ des accidents d'irritation sur la muqueuse de la vésicule : chez les femmes âgées de la Salpètrière, où les calculs sont si fréquents, la membrane interne de la vésicule est souvent intacte. D'autres fois elle est injectée et renferme une bile décolorée, muqueuse, filante, contenant des globules de pus. C'est ce qui a lieu surtout dans les cas d'inflanmiation concomitante des canaux biliaires. La muqueuse est épaissie, tomenteuse et œdén)ateuse, au lieu de présenter sa minceur ordinaire et sa surface finement veloutée. A un degré plus intense de la lésion, il se forme une ou plusieurs ulcérations de la muqueuse, surtout à la partie inférieure de la vésicule. Ces ulcérations, lorsqu'elles se produisent rapidement, à l'état aigu, par une infiltration puriforme du tissu conjonclif de la muqueuse qui gagne les couches musculeuses, peuvent déterminer des perforations du péritoine mortelles avec issue de calculs. Mais c'est là un accident extrêmement rare, et les ulcérations, lorsqu'elles existent, s'accompagnent simplement d'une ii-ritation locale du péritoine qui recouvre la partie externe de la vésicule dans li; point malade. Là se produisent de fausses membranes fibrineuses, ou un épaississement fibreux de la séreuse et des ailliéiences. Des péritonites localisées avec adbércnces ont permis des communications de la vésicule avec le duodénum, avec le côlon, et même des fistules biliaires comnmniquant avec lexléricur à travers la paroi du ventre, ot l'issue des calculs par ces diverses voies. Dans tous ces cas, l'inflammation [tropagée aux conduits cysti(|ue, hépafifiue et cholédoque, amène un ictère. Nous avons observé dans le service de M. Ilérard un fait d'ictère très-intensi;, avec tuméfaction appréciable |u'tidant la vie, au nivi'au de la M'sicule, et avec un épancbcnicnt pi-ritonc-al. La miiiadic se feriiiina par la mort caus(''(! par une ulcération de la vésicule a\ec péritonite à ce niveau. La présence des calculs, si «'Ile dt'terinine rarement ces accidents graves, atut-ne souvent un épaississement de la nuiqueuse, du ti^sii conjonclif et des fibres miiscnlaires conqtarable à rii\|tertnipbie de la vessie urinaire coiisiMiilive aux calculs.
INFLAMMATION DES VAISSEAUX ET DE l,A VÉSICULE BILIAIRES. 953
On observe alors des reliefs très-prononcés des faisceaux du tissu fibro-musculaire qui soulèvent la muqueuse, et qui sont séparés par des dépressions.
Des infiltrations de la muqueuse et des ulcérations à caractère gangreneux ont été décrites par Louis, Andral, Rokitaiisky, etc., à la surface de la vésicule dans le choléra, la lièvre typhoïde et l'infection purulente.
L'inflammation catarrhale des canaux cholédoque, cystique et des canaux hépatiques, est assez fréquente soit spontanément, soit à la suite d'une inflammation venue du duodénum, et elle produit alors l'ictère catarrhal ou ictère simple. D'autres fois elle est due à la présence des calculs biliaires venant de la vésicule, ou formés sur place dans les canaux hépatiques. Le sable biliaire ou la bouillie mêlée de petits fragments de calculs sont les causes les plus actives de cette inflammation (voy. p. 903). On l'observe à tous les degrés, depuis le gonflement du conduit cholédoque limité ta l'ampoule de Vater ou à la partie la plus voisine du duodénum, où elle arrête le cours de la bile, dans le cas d'ictère simple, jusqu'à l'inflammation aiguë suppurative. On comprendra facilement que le gonflement œdémateux de l'ampoule de Yater et du tissu conjonctif situé autour du canal cholédoque, à son extrémité duodénale, puisse être un obstacle au cours de la bile capable de produire un ictère, lorsqu'on voit tous les jours le coryza empêcher la respiration par les fosses nasales par suite du gonflement de la muqueuse. Il est vrai qu'il existe peu d'autopsies où l'on ait pu démontrer cette lésion dans l'ictère simple ; mais, cependant, celles rapportées par Virchow,et cellesque M.Vulpiana citées dans sou coursdel87/4, sont de nature à entraîner la conviction. On observe alors, avec la congestion, une exsudation muqueuse, un bouchon muqueux. Les inflammations plus intenses, liées à la présence de gravier biliaire, sont répandues à la plus grande partie des canaux biliaires dans le foie. La muqueuse des canaux est couverte d'un mucus transparent, ou rendue plus ou moins louche par la présence de cellules épithéliales desquamées, et par des globules de pus. Les canaux sont dilatés, leur muqueuse épaissie, ainsi que le tissu conjonctif qui les double ; c'est en pareille circonstance qu'on observe des dilatations ampuUaires tapissées [tar la muqueuse, et remplies soit de liquide muqueux, soit de liquide puriforme. Ces dilatations, qui ressemblent beaucoup à de petits abcès (voy. p. 90'i), siègent dans tout l'organe, sont tapissées par une membrane, et contiennent l)eaucoup de
cellules cylindriques, mêlées à des cellules lymphatiques et à du pigment sanguin ou à des grains de pigment biliaire. Certaines de ces petites cavités contiennent du pus. seulement, et sont creusées au milieu du tissu du Ibie sans membrane limitante, mais il est très-rare qu'elles ne montrent pas des cellules cylindriques.
Dans les intlaumiations les plus intenses, le contenu des vaisseaux biliaires très-dilatés consiste en un pus muqueux, opaque et blanchâtre, mais ayant une certaine viscosité due au mucus, comme dans les crachats muco-purulents. La quantité de ce pus est telle, que, dans certaines autopsies où l'on a fait une section du foie, on croirait au premier abord qu'on a alïaire à des abcès. Les éléments cellulaires très-nombreux de ce pus consistent dans l'épithélium cylindrique formé en grande abondance et dans des cellules lymphatiques. Dans tous ces fiiits d'inîlammation assez intense ou suraiguë des conduits biliaires, on observe pendant la vie des accidents fébriles, plus ou moins graves, à type intermittent. Ils peuvent aboutir à une suppuration ou à une perforation de la veine porte. Ces lésions peuvent amener des perforations, des péritonites, etc., lorsque la présence de calculs agit comme un corps étrangei" irritant en un point.
C'est probablement à la suite de ces inllammations intenses des canaux que se sont produits le-s rétrécissements et même les obliléiatioiis complètes des canaux hépatiques et cholédoques remplacés par un cordon libreux, comme cela avait lieu dans un fait rapporté par M. Andral.
On trouve quelquelois, mais rarement, des excroissances pa|)illaires de la nmqueuse des conduits à la suite de l'inllammation.
Lorsqu'un calcul vohimiiuuix s'est engagé dans le conduit cystique, puis dans le conduit cholédociue, il peut (Mre arrêté dans ce dernier, au niveau de son entrée dans le duodénum où le conduit se rétrécit. S'il é|)rouve (|uelque difticullé à passer, sa progression même, les cuiitraclions des conduits et de la vésicule, tbwMKMit lieu à la coli(|U(! hépatique. Mais il peut aussi en résulter des accidents inllammaloiics plus graves s'il séiomiie en mi piiiiit du canal iiii il s'enclialouiu'. La bile ne peut plus passer, d'où ictère ; et, de plus, l'inliammation de la muqu(M]se et du lissu s(ius-mu(|ueM\, qu'il détermine par sou ('onlacL se propage* au\ organes voisins, au pi'riloiue nulamnieut. Il en ré'sulle souvent des inllammations sujqxiratives ou né'crosiques liniili'es qui aboutissent a des perfiirali<ins. Si le calcul