TUMEURS DE LA VÉSICULE BILIAIRE
était arrêté près du duodénum, la mortification d'une partie de la muqueuse et de la paroi de ce dernier pourra avoir pour conséquence heureuse le passage du calcul dans l'intestin ; mais si la perforation se fait dans le péritoine, il en résultera une péritonite mortelle.
Les canaux biliaires, et en particulier les petits canaux interlobulaires, subissent dans beaucoup de maladies du foie des lésions dues à la maladie hépatique ou à une irritation de voisinage. Telles sont les altérations que nous avons décrites dans la cirrhose (p. 921 et suiv.), dans l'atrophie jaune aiguë (p. 890) ; telles sont les irritations inflammatoires que subissent les canaux de tout volume compris dans les masses cancéreuses ou situés dans leur voisinage; telles sont les irritations catarrhales légères qui ont été signalées par 0. Wyss dans l'empoisonnement par le phosphore et dans les hépatites parenchymateuses, et qui existent à plus forte raison dans les hépatites suppuratives. Dans les hépatites parenchymateuses de la fièvre puerpérale, de la variole, etc. ^ nous avons vu une infiltration du tissu conjonctif périvasculaire par des cellules lymphatiques et en même temps un catarrhe des petits canaux compris dans le tissu enflammé.
Ces lésions inflammatoires des canaux biliaires qui aboutissent aune sécrétion muqueuse abondante, et à la formation de cellules qui les remplissent, ont certainement pour effet dans tous les cas d'empêcher la bile sécrétée dans les cellules hépatiques de parvenir jusqu'au canal cholédoque. Elles s'unissent dans les tumeurs hépatiques à la déviation, à l'aplatissement et à la compression des canaux biliaires pour produire la rétention complète de la bile et l'ictère.
Un autre accident de l'inflammation des conduits biliaires qui est assez rare, c'est l'hémorrhagie se produisant à la surface de leur mu({ueuse soit dans la cirrhose, soit dans le cancer du foie ou l'inflannnation simple (Quinquaud, thèse de Fcrray). Des hémori'liagies accideiitellos peuvent se produire aussi à la suite des abcès du foie: dans un cas rapporté par Lebcrt, elles succédaient à la rupture d'un anévrjsnie de l'artère hépatique dans la vésicule hiliaiie.
Tumeurs ijK la vésicule rii.iaire. — D'après Rokitansky, on trouve, Irès-raiement il est vrai, une néoformation de tissu adipeux dans le tissu conjonctif sous-péritonéal de la vésicule biliaire dans la polysurcie.
Les tiimeurs de la vésicule développées dans la tunique muqueuse sont des carcinomes ou des cpitliéliômes à cellules cylindriques.
L'histoire du carcinome de la vésicule est de date relativement récente, et cependant ce n'est pas une afïection absolument rare, car chaque année on en présente plusieurs faits à la Société anatomique. Il peut être primitif ou secondaire, et dans ce cas il succède à un carcinome du foie, de l'estomac, de l'intestin ou des ganglions voisins. Le carcinome primitif de la vésicule est le plus souvent un carcinome colloïde ; d'autres fois il a l'aspect de l'encéphaloïde, et plus rarement il appartient au squirrhe. Sa forme anatomique se rapproche par conséquent beaucoup de celle de l'intestin. Le plus ordinairement, sinon toujours (1^ fois sur 15 observations de carcinome et d'épithéliôme analysées dans la thèse d'un de nos élèves M. le docteur L. Bertrand, 1870), la vésicule contient un, deux ou un nombre variable de calculs d'autant plus gros qu'ils sont moins nombreux. La bile est quelquefois décolorée, d'autres fois elle est épaisse et brune ; elle peut contenir des fragments détacliés de la tumeur. La surface de la vésicule dans le point malade est inégale, bourgeonnante, car les néoformations révèlent la forme villeuse dans la vésicule biliaire, de même que dans la vessie urinaire. La tumeur en\aiiit suit une partie, soit la totalité de la surface muqueuse dont l'épaisseur est accrue, et qui, sur une surface de section, montre un tissu colloïde ou un tissu l)lanc inliltré de suc laiteux, suivant la l'dinie de carcinome à la(|uelle on a affaire. La lésion de la nuKuieuse et du tissu conjonclif sous-inuqueux peut se propager au tissu nnisculaire, (jui est loujoins plus ou moins n'démaleux et hypertrophié. La cavité de la vésicule est généralement accrue ; cependant elle a été vue diminuée. La tunieui' se [loursuit souvent dans le canal cystique et dans le cholédo(|ue, dont la nni(|ueuse est dégénérée, bourgeonnante, et dont le calibre est rétréci en ce point, de telle sorte «lu'il y a rétention de la bile dans les canaux bé|)atiques et dans les canaux biliaires interlobulaires. Des kystes hiliaires [teuvent être la conséquence dv cet étal qui s'acconi|)agiu' toujours d'ictère. La règle la plus générale, c'est (juc le tissu ht''pali(|ue soit luiinêm(! envahi par uin> pLopie de caicinônie dans le |)oint oii il est en contact avec la M'sicule altc'rée, et <|ue tout le l'oie soi! parsemé de nodosités re|)roduisant la l'orme du carcint'^me primititdela vt'sicule. hans eerlaines autopsies, en examin.inl le