KYSTES DU PANCRÉAS
ictère, etc. La propagation aux ganglions lympiiatiques dégénérés et tiès-\oluniineu\ pourra avoir pour eiïet la com[)ression de la voine poite: la dégénérescence du lissu conjoiictif sous-péi'ilonéal aboutira à la compression et au l'étrécissement de l'aorte. Il est très-rare que l'estomac soit atleint consécutivement par la tumeur. Dans une observation de carcinome colloïde [)rimitif du pancréas. Klebs et Liicke ont observé une dilatation tiydropique el kystique consécutive de l'épiploon qui repoussait i'ortement par en bas le côlon transverse. Cette tumeur formée par le péiitoine avait été ponctionnée pendant la vie.
Le carcinome secondaire du pancréas vient par propagation d'un carcinome des parties voisines, de l'estomac, du duodénum, du foie, des ganglions lymphaliijues. 11 se monlie rarement sous forme de nodules bien isolés, à moins qu'il ne s'agisse d'une fumeur mélanique ; le plus souvent la production nouvelle du pancréas se continue directement avec la niasse cancéreuse primitive : c'est presque toujours aussi la tèle du pancréas qui est envahie la première, et il est rare que tout l'organe soit dégénéré.
h'cpithéliomc à cellules cylindriques du pancréas a été vu une fois par- E. \Vagiier. 11 est protable qu'il succédait à un épithéliôme de la muqueuse du duodérrum également altérée.
Le s«/TÔ/ne ne s'y est montré que sous la forme de tumeur mélanique.
Kystes. — On ne connaît dans le pancréas, en fait dekystes, que ceux qui résultent de la dilatation plus ou moins génér-ale et considérable des conduits excréteurs de la glande. Qu'une tumeur telle qu'un caircer de lalète du pancréas ou du duodénum, ou un calcul biliaire enclràtonrré, oblitéiant l'aiirpoule de Vater et ayant délernriné une irrdinafion inflammatoire de tout le tissu corrjonctif voisin, ou que des concrétions pancréatiques obturent en un poirrt le conduit e.vcréieur du pancréas, on aura des dilatations de ce conduit en arrière de l'obstat le. Ces dilatations sont plus ou moins régulières avec des bosselures le lorrg du conduit [uincipal, et elles présenterrt la for'rne de dilatations saccifornies ou sphériques dans les corrduits secondaires qui pénètrent jns(|u'à la sur lace de la glande. Il en résulte que la partie gauche ou nroyerrne du parrcr'éas peut préseniei' à sa surface des lun)eur's saillantes qiri paiaisserrt être des kystes absolument s[)liériques et limités de toutes paris par
une membrane. Mais, en les ouvrant, on reconnaît habituellement avec latilite la communication d'une pareille dilataiion avec le conduit principal par un trajet plus ou moins étroit. Les dilatations saccit'ormes, de même que la dilatation plus ou moins irrégulière et moniliforme du canal de W'ii sung contiennent soit un mucus crayeux blanchâtre et rendu opaque par les sels qui y sont contenus, soit de véritables concrétions en général friables et blanches.
Ces kystes par rétention et ces calculs ne sont pas absolument rares. L'un de nous en a vu deux cas. Dans le fait le plus récenuuent obseivé qui prov.enait d'un malade de .M. Lépine, lesgriis canaux excréteurs dilatéscontenaient une liouillie opaque, épaisse, blanclie, ainsi que des calculs IViiblcs, blancs et irréguliei'S constitués par du plinspliate et du cail)onate calcaires. La face interne des canaux était tapissée par une couche unique de cellules [)lales très-minces à l)t)rds irréguliers, nmiiiesd'un noyau ovitlaiie aplati. La pai'oi des canaux était épaisse, formée par des couches superposées de tissu conjonctif lamellaire qui étaient séparées les unes des aulies par des cellules plates pourvues de noyaux. Ces modifications de la structure de la paroi et de la forme des cellules épitliéliales étaient évidemment dues à la compression exercée par des concrétions solides. Dans ce cas on ne voyait plus trace à la'il nu des acini glandulaires : le lissu séciéloire du pancréas était remplacé par du tissu cellulo-adipeux. Au microscope on reconnaissait seulement dans les cloisons fibreuses de ce tissu les petits canaux excréteurs non altérés et munis de leurs cellules d'épithélium cubique.
I>e volume des concrétinns panciéati(|ues est très-variable; ainsi Hecklinghausen a linuvé lun à côté de l'aulre deux calculs, l'un de 3 centimètres de diamètre, l'autre de /j cenliinèlres de long sur 1 cenlimèlre de large; le plus souvent les calculs sont beaucon[» |tius |)etits. Us peuvent comme conséquence déterminer une iiiliammalion aiguë et même la formalion d'un abcès.