‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 3)Chapitre 53 sur 146 · CHAPITRE I. — DE LA RATE · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — DE LA RATE

§ 1 . — Histologie normale de la rate.

La rate, glande vasculaire sanguine asymétrique, est constituée par une enveloppe libreuse, recouverte par le péritoine, par un parenchyme mou, de couleur rouge, contenant des corpuscules spéciaux, de couleur blanche, appelés corpuscules de Malpighi, par des vaisseaux et f»ar desnerfs. Les corpuscules et la pulpe splénique sont constitués par du tissu réticulé. La membrane fibieuse de la rate est très lésistante et plus ou moins épaisse; elle est formée de lames parallèles et de fibres de tissu coiijonctif et de fibres élastiques. Des cellules plates sont interposées entre ces éléments. A sa partie profonde elle possède, chez la plupart des mammifères, des fibres musculaires lisses. Elle se continue avec des trabécules qui parlent de sa partie profonde et forment une grande quantité de cloisons qui parcourent le tissu spléni(|ue. Elle accompagne aussi les vaisseaux, artères et veines en leur formant une gaine fibreuse. Les trabécules viennent s'insérer sur cette gaine, de façon à constituer la charpente fibreuse de l'organe. Les trabécules contiennent des fibres niu<culaii'es lisses, chez les animaux dont la capsule est pourvue des mêmes éléments. Chez l'homme, l'existeru^e des fibres musculaires lisses l'st affirmée par certaine histologistes (Meisner, Frey) et niée par d'autres (IvoUiker, Gerlach, Henle).

L'artère et la veine s[>léni(|ue entrent dans le hile de la rate entourés par la gaine fibieuse émanée de la capsule. Cette gaine est plus mince que la j)aroi artérielle, plus épaisse (|ue la paroi veineuse. Chacune des branches principales de l'artère splénique se divise en une tonde de rameaux qui ne s'anastomosent pas avec ceux des l)ranchcs voisines. Lorsque ces rameaux n'ont plus de ()""", U à 0""",2, ils se sé|iarent des veines cl ils présentent le long de leurs divisions des corpuscules de la rate ou corpuscules de Malpighi.

(^es corpuscules, de forme sphérique ou allongée, en forme

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de manchoii autour d'une artéiiole qui passe à leur centre, ont un diamètre qui varie à l'état normal de 0'""'.2 à O""",?. Us sont toujours en lappoit niiime avec une artériole qui passe à leui" centre ou en un point de leur surface, et qui envoie dans leur intérieur de petites artérioles et un réseau de capillaires. Los corpuscules de M ilpigtii sont t'nrmés d'un tissu réticulé absolument semblable à celui des Ibllicules clos de l'intestin Les mailles de ce tissu s'insèrent à la !;aine des artérioles et des capillaires, et, à la périphérie du l'ollicule, les mailles sont plus étroites, les fibrilles sont plus voisines, mais il n'y a pas Je véritable membrane qui le sépare de la pulpe splénique. Le tissu réticulé de celte dernière se continue avec le tissu réticulé du follicule.

Les éléments cellulaires contenus dans les mailles du tissu réticulésont descellules l\ mphaticpies, pelitesou grosses, munies d'un noyau: les plus volumineusesciuitiennent des granulations pigmentaires ou même des corpuscules rouges du sang.

Les Corpuscules de la rate ne renferment pis d(> veines, tandis qu'au contraire la pul|)c splénique est parcouiue par un réseau veineux très-serré et très développé. Sur une section mince de la pulpe splénique, on voit, en ell'ei, des coupes de petiies veines ayaid de 'li) à /jO millimètres, tres-rapprocliées les unes des autres, formant l'élément essentiel de la pulpe el séparées par du tissu réticulé, à mailles et à (iFamenls très-fins (cordons intervasculaires de Hillroth). Ces veines sont tlé|)onrvu.'s de paroi piopre et ne sont limitées que par un épaississement du tissu réticulé; elles sont tapissées par de grandes cellules apl.ilies.

Les éléments cellulaires eonlenus dans les mailles du réliculum de la pulpe splénit|ue soiil les mêmes que ceux du tissu réticulé des corpu-cules de Malpiglii. i> après ee qui pi'écède, on peu! assimiler absolumenl les corpuscules au\ follicules de l'intestiu el des ganglions lymphatiques, el l'on peut compaier la rate tout cnlicre à un ganghou lynqiliali'iue dans l(M|uel la substance tmMhillaire serait renq)laci''e par- un lissu cavcrueuv: les veines rcmiil.n inl dans la rate les espaces périlollii iilaires el les canaiiv h mphalii|iies îles ganglions. Il ne p. irait pas douteux que les cellules Iv iiiphatiques ne puissent [tiisser du tissu réticulé' dans le sang et re(-iproi|uemeiit.

i)n n'est pas encore absolumenl éililit' sur le mode de lounexion des aileri des des (•oipns(iiles ,i\ee le réseiu veineux de la pulpe. Les liisioid^'isles ne sont point ilaccord sur celte coin-

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munication,lesuns pensant que les artères se continuent directement avec les veinules (BillioHi, S\veigo:er-Seidel), les autres admettant l'evistence d'un réseau capillaire intermédiaire (Axel Key); et enfin d'autres avec W. Mûller, pensant que la communication se fait à travers les espaces délimités par les réseaux fibreux de la pulpe splénique.

Le sang de la veine splénique contient une plus grande quantité de globules rouges que le ^ang de l'artère (Malassez); par conséquent la fonction la plus essentielle de la rate serait la formation des globules rouges, bien que le pigment sanguin trouvé dans les cellules lymphatiques indique la destruction d'un certain nombre de ces éléments; la rate mérite donc bien le titre de glande hémato-poiélique.

Les lymphatiques de la l'ate humaine sont fort peu nombreux ; les uns siègent dans l'enveloppe pariétale, les autres dans lapiofondeui- de l'organe, où ils acconqmgnent les artères. Il est probable que ces lymphatiques des gaines artérielles pénètrent jusqu'aux corpuscules de Malpighi, mais on ne connaît pas bien leurs relations avec le tissu réticulé splénique.

Les nerfs de la rate, constitués par (pielques tubes larges et par de nombreuses fibres de Remak, proviennent du plexus splénique et pénètrent dans l'organe en accompagnant les artères. On peut les suivre jusque sur les artérioles en pinceau des glomérules, et ils se termineraient d'après Ecker en présentant des extrémités hbres.

v^ 3. — IBistolo^ic «>1 anatoiiiie patholo;;îqiies <le la rate.

L'airop/«> de la rate s'observe fréquemment chez les vieillards, et elle coïncide généralement avec un épaississement fibreux plus ou moins considéiable de la capsule splénique. Le parenchyme spléni(jue peut être aussi induré mais le plus souvent il a sa consistance normale. Il çsl habituellement pâle, anémique, à moins (pi'il n'y ait eu pendant la vie une maladie cardiacjue accomi)agnée de la gêne de la circulation sanguine.

L'épaississenient de la capsule de la rate est constitué, là comme dans tous les cas analogues, par une formali(Ui de lamelles de tissu conjonctif séparées par des ce Iules a|»laties. Ce tissu a une dureté et u le con>ii-itance lemaripiables; il est souvent carliliigiiiil'orine et inliltré de sels calcaires. Vi\G infiammalion chronifiue du péritoine à la surface <le la capsule s'ob-

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serve habiluellenient alors, ell'on voit des productions nouvelles végétantes sous forme de granulations dures, non vasculaires, ou de plaques, ou de (llaments flottants.

HvpKRÉMiE DE LA RATE. — La congestiou de la rate s'observe dans une série d'états morbides très-différents les uns des autres, et elle constitue aussi le premier stade de la plupart des maladies de la rate. Aucun organe n'est plus apte aux congestions qui sont en quelque sorte physiologiques pendant la digestion ; mais la structure de ses trabécules et de sa ca|)sule, qui contiennent des flbres élastiques et des faisceaux nmsculaires, font qu'elle revient facilement sur elle-même et se débarrasse du sang qu'elle contient. A l'état pathologique, lorsque la cause de la congestion est fréquemment répétée ou permanente, il n'en est plus de même. La rate congestionnée est toujours en même temps augmentée de volume. La congestion est aiguë ou chronique.

Une congestion aiguë et passagère s'observe dans toutes les maladies fébriles infectieuses telles que les fièvres éruptives, la pyohémie, le choléra, la syphilis, l'érysipèle, etc., et dans un certain nombre de pyrexics. 11 ne s'agit pas seulement, dans cette congestion, d'un remplissage des vaisseaux et en particulier des veines de la pulpe splénique par du sang, mais suivant toute probai)ilité d'une stase en rapport avec la fonction hémalo-poiétique de la rate, avec la formation des globules blancs et la destruction des globules rouges, par exemple, et avec des particularités pro|)ies à cha(|ue maladie Nous ne connaissons pas ces modificalioiis intinu's du sang dans la rate suivant chacpu' mal.idie fébrile infectieuse, (l'est là nu sujet d'études fort im|»oitanl réservé à l'avenir. Dans la plupart des cas d'hypertrophie congestive aiguë observée dans les maladies infectieuses, la raie est molle (ui peu tendue, et sa pulpe n'a pas une couleur rouge foncée, maisrcsée, ce (|ui est eu rajqiort avec le grand nombre des globules blancs que renferme le sang.

Dans les finies iiihrniilO iilis, la r;ite peut êhi' lumi'iiée dès le premier accès; cette hypérémio passe peinlant i'apyrexie pour levenir à ch;i(|ue accès, et l>ientôt la tuméfai lion devient persislanle. La congestion splt''ni(|ue, dans ces lievirs, s'accompagne loujoins de |;i desliiiclion (les gbtbules rougesdans la raie, el de la pi;;mcntation du li^su splérii(|ue. Lors(|ue la maladie ;i don' Mil ri'i liiiii li'tii|i<. l't (pi'il surv ii'u! une cai'lu'vie paluslre.

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