LÉSIONS DES CELLULES ÉPITHÉLIALES DU HEIN
leuses (tuméfaction trouble) dans la congestion rénale et dans la première période de la maladie de Bright ou de toute néphrite albuniineuse passagère. Les granulations fines masquent alors le noyau si les éléments sont examinés dans l'eau. Si l'on ajoute de l'acide acétique, les granulations protéiques s'éclaircissenf, le noyau de la cellule apparaît ; quelquefois même il y en a deux, et il reste souvent de petites granulations graisseuses dans la cellule. Les granulations graisseuses n'existent pas à l'état normal chez Tcnfant et chez l'adulte dans les cellules rénales bien qu'on les trouve en grande quantité chez certains animaux, comme le chien par exemple, à l'état physiologique. Chez les vieillards on rencontre assez souvent des granulations graisseuses dans certaines parties des tubes urinifères de la substance corticale sans qu'il y ait eu de maladie du rein. En dehors de ces conditions, la présence de granulations graisseuses est pathologique. Le plus souvent, lorsque surtout ces granulations existent avec l'état de tuméfaction trouble et l'infiltration albuniineuse des cellules, il s'agit de l'une des formes de la néphrite catarrhale ou all)umineuse plus ou moins intense qui entraînent le passage de l'albumine dans l'urine. , Dans certains empoisonnements (phosphore, acide sulfurique, arsenic, ictère, etc.) et dans certaines cachexies (phthisie pulmonaire, etc.), les cellules du rein peuvent être chargées de granulations et de gouttelettes graisseuses sans qu'il y ait pour cela d'albumine dans les urines.
Les granulations protéiques et graisseuses des cellules rénales peuvent s'observer dans toutes les parties du rein, mais c'est dans la substance corticale et dans les tubes larges et contournés de cette subtance que se montre habituellement cette lésion. Les tubes en anses de Henle en sont aussi le siège. Dans les tubes droits des l'ayons médullaires et dans les tubes collecteurs, les cellules épithéliales pariétales sont moins souvent remplies de granulations graisseuses, car ce sont surtout des vaisseaux excréteurs de l'urine; mais leur lumière est souvent remplie par des cellules altérées, sphériques et granuleuses venant de la substance corticale et qui sont éliminées avec l'urine.
Connue conséquence des congestions répétées, la matière colorante du sang peut passer dans l'intérieur des tul)es urinifères et il en résulte une pigmentation de leurs cellules : on voit alors des granulations jaunes ou brunes inliltrées dans les cellules d'épithélium pavimentcux des tubes contournés et ces
cellules se détachent de la paroi et tombent isolément ou par fragments cylindriques dans l'intérieur de ces tubuli.
Dans les inflammations rénales qui se manifestent par la présence de ralbumiiie dans les urines, on peut voir les cellules épithéliales troubles avec deux ou même trois noyaux et Fondit alors qu'il y a prolifération, mais nous devons avouer que les cellules rénales présentent parfois à l'état normal deux noyaux. Cependant, dans l'innananation accompagnée d'une desquamation, comme il se reproduit constamment de nouvelles cellules, de (elle sorte que dans la népbiite desquamative la paroi hyaline du lube en soit foujours régulièrement tapissée, on est bien forcé d'admettre qu'il y a là une formation c(;llulaii-e constante dont le mécanisme nous échappe. ?sous reviendrons sur la prolifération des cellules rénales à propos du sarcome et du carcinome de cet organe.
En vertu de ces lésions élémentaires qui appartiennent au processus intiammatoire, il en est une série d'autres qui résultent de modifications de la nutrition des cellules ou de leur infiltration par des substances diverses. Ainsi, dans tous les cas d'ictère, (pielle qu'en soit la cause, on trouve dans le rein un cortain nombre de tubes urinifères dont les cellules contiennent des granulations jaunes ou d'un jaune verdàtre possédant les réactions de la matière colorante biliaire. Les cellules ainsi altérées l'estent en place ou sont libres dans l'intérieur des tubuli ou, bien elles constituent des masses allongées moulées sur la cavité de ces cylindres. Lorsque la bile est en grande (piantité dans le rem, on voit des cristaux de bilirubine, soit dans les cellules, soit dans le tissu conjonclif. Dans d'autres circonstances, ce sont des sels qui infiltrent les cellules, et ces dernièi'cs sont le centie de ci'islallisations et de calculs microscopiques ou visibles ùl'uîil nu. C'est ce qui se passe par exemple chez les enfants nouveau-nés lors(|ue le parenchyme rénal est encomi)ré d'nrate de soude ou lors(pu^ chez les goutteux, ce même sel infiltre les cellules d'un certain nombre de tubuli el de là s(! prolonge sous forme d'aiguilles crislalliiu's.
De im"'nie, des sels calcaires, des carbouales el des idiosi)hales alcalins pcuvi'nl se (h'-poser dans les cellules (''pilln'liales de la capsule des ;;louM''iules de Malpiglii (jui ap|»araissenl alois sous forme de petits ;;rains opa(|ues el durs à la surface du rein où ils sont à peine visililes à l'ii'il nu. De mènu> ou trouvera à la surface des cellules lilires, dans les tubes urinifères, des cristaux de pliosjihale lriltasi(|nt' on d'oxalate de cliaux.