‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 3)Chapitre 64 sur 146 · CYLINDRES HYALINS · texte numérisé non relu

CYLINDRES HYALINS

Les cellules du rein peuvent s'atrophier et se détruire. Par •exemple dans le cas d'infarctus rénal, lorsque la circulation du sang est abolie dans un ilot de l'organe, de même que dans les abcès métastatiques, les cellules deviennent granuleuses et se fragmentent en molécules granuleuses. Lorsqu'une partie du rein est comprimée dans une pyélile calculeuse par exemple ou dans une pyélite chronique avec rétention de l'urine et distension des cahces et du bassinet, les tubes atrophiés ne présentent plus que de toutes petites cellules ou des cellules granuleuses.

Très-souvent, dans les périodes avancées de la maladie de Bright, surtout dans les kystes colloïdes, mais aussi dans les tubes urinifères ouverts, on voit des cellules qui deviennent colloïdes, réfringentes, arrondies ou à bords et angles mousses

l'iç. 325. — DéçénérefCence colloïde des cellules épitlièliales d'un tidie miuifère dau une DHpLi'ite interstitielle : a, tissu conjonctif ; b, revêtement épithélial du tube uririifére; e, cellules colloïdes; e, cylindre colloïde à couches concentriques. Grossissement de 300 diamètres.

et vésiculeuses. Celles-ci se colorent vivement par le carmin bien qu'elles ne présentent pas la spécialité de coloration par l'iode et l'acide sulfurique qui caractérise la dégénérescence amyloïde.

Enfin les cellules présentent quelquefois une infiltration amyloïde qui les transforme en de petits blocs vitreux qui offrent la coloration caractéristique avec l'iode et l'acide sulfurique.

Cylindres hyalins et variétés des cylindres on se forment dans LES TUBES URiNU-ÉREs. — Dans la plupart dcsaltéiations cellulaires que nous venons de passer en revue, il se fait une sécrétion (l'une substance protéique hyaline, vitreuse, à l'intérieur des tubes urinifères, et cette substance englobe ou montre à sa surface des éléments cellulaires plus ou moins altérés. La forme de cette substance protéique et coagulée est cylindrique, de telle sorte iju'on a donné à ces coagulations le nom de vylindres

en ajoutant une épithète qui indique leur nature. Comme on les trouve en examinant au microscope les sédiments de l'urine rendue pendant la vie. on comprendra tout l'intérêt qui s'attache à leur étude au point de vue du diagnostic et du pronostic des maladies du rein. C'est un des meilleurs signes qu'on puisse invoquer pour savoir ce qui se passe dans l'intérieur des tubes urinil'ères.

Cependant Une faudrait pas exagérer l'importance des caractères des cylindres. En effet, comme le fait remarquer avec raison M. Charcot [Leçons sur les reins in Progrès médical 1876), les cylindres formés dans les tubes sinueux, dont la lésion est en général la plus importante, doivent arriver difficilement dans l'urine pour peu qu'ils soient volumineux. 11 leur faut en effet passer à travers les tubes étroits des anses de Henle. Il est certain, toutefois, que les cylindres formés dans les anses de Henle arrivent dans l'urine, et il est probable même que les cylindres étroits formés dans les tubes sinueux de la substance corticale peuvent aussi être excrétés avec la sécrétion urinaire.

En premier lieu on peut trouver dans le sédiment urinaire des cellules épitliéliales granuleuses, contenant des granulations graisseuses ou transparentes et colloïdes. Ces cellules sont unies par une matière homogène ou légèrement granuleuse, difficile à voir, mais qui cependant est indéniable puisque les cellules ne se disjoignent pas les unes des autres : ce sont les ci/iindrcs épithéliaux (1, fig. 326).

Dans des urines piesquc normales, ou lorsque le rein est le siège d'une congestion ou d'un catarrhe léger des tubuli, il existe des cylindres tiès-pàles, étroits, formés d'une matière ;imoi|)hi' finement granuleuse, molle et dont les bords no sont |ias liniili's par une ligne soml)re. Ils ont souvent ii leur surface des celiuh's rénales ou des corpuscules l\mpbali(iues. Ces cylindres siint difficilement reconnus par les cominen(,ants, en jaison même de leur ténuité et de leur transparence, ils sont généialement tiès-longs, ils sont formés par une matière i)rotéique, analogue i\ la mucine. Ce sont les rijUndrcs nmqncux.

Le plus grand nombre des cylindres qu'on observe dans les maladies du rein amenant l'albuminurie, sont formés |)ai' une matière homugèru', hyaline, colloïde, sans gianulations dans son intérieur. Leurs bords sont bieti accentués et oujbrés; ils lU" s'aplatissent pas entre les deux lames de verre et conservent leur f(irnie cylindiique. Leurs b(»uls se terminent par une surface circulaiic et leurs bords sont ombrés.

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