TUBERCULOSE DU REIN
séparent les pyramides de Ferrein, ou à la surface du rein. On voit, le long des artérioles de la substance corticale, dos séries longitudinales ou des groupes de granulations tuberculeuses. Chacune de ces fines granulations est composée par une partie du rein modifiée de telle sorte que les cloisons du tissu cellulovasculaire sont épaisses et infiltrées de petites cellules rondes.
Fi:?. 340. — Section d'un tubercule du rein : V, vaisseau situé au centre de la granulation; A, A, tubes \iriniferes situés à la péripbérie de la granulation et rapprochés les uns des autres tandis que les tubes E sont séparés par les éléments cellulaires de la ^granulation. Grossissement de 200 diamètres.
Les cellules d'épithélium des tubuli deviennent granulo-graisseuses, et les tubes sont resserrés et étouffés par cette production abondante de cellules dans les cloisons fibreuses qui les entourent. Le centre de la petite granulation devient à un moment donné caséeux. Les granulations voisines les unes des autres et arrivées au contact se fusionnent en des masses plus volumineuses, qui siègent surtout ti l'union de la substance corticale avec la substance médullaire. Tels sont les détails histologi(iues du début des granulations sur la structure desquelles nous ne nous ap[)esantissonspas davantage, parcequ'elle a été ddunée dans la première partie du manuel (p. 199).
Les individus qui succombent à une tuberculose primitive des reins présentent toujours un état morbide complexe des organes génito-urinaires. La substance corticale et la substance
médullaire du rein sont le siège de grosses masses tuberculeuses arrivées à l'état caséeux : la plus grande partie, la totalité même d'un rein peut être envahie par cette infiltration. Le bassinet et les calices sont dilatés et remplis d'un pus caséeux ou d'une bouillie semi-liquide contenant des grumeaux solides provenant de la destruction et de l'élimination de parties ulcérées à l'extrémité des cônes de Malpighi,
Lorsqu'on a lavé les cavités distendues du bassinet et des calices, on constate à leur surface le relief de granulations tuberculeuses, soit isolées, soit formant une couche continue. La section delà muqueuse montre que le tissu conjonctifmuqueux et sous-muqueux est très-épais, mesurant un ou plusieurs centimètres. Il est transformé en un tissu embryonnaire dans lequel existent une ou plusieurs couciies superposées de granulations tuberculeuses, ainsi que cela s'observe sur la plèvre ou dans le péritoiue épaissis. La muqueuse ainsi altérée s'ulcère souvent, et le pus, les fragments détaches, qui sont la conséquence de l'ulcération, sont versés dans la cavité du bassinet. A la suite de l'ulcération analogue des calices, la substance rénale est elle-même attaquée, et les portions caséeuses du rein en rapport avec l'ulcération des calices sont alors ramollies et éliminées.
Lorsque l'uretère est perméable, l'urine entraîne ces produits de suppuration et revêt une apparence caractéristique de la tuberculose rénale : elle est mélangée intimement avec du pus caséeux et des débris floconneux et opaques qui se déposent on ime couche épaisse, l)oueuse, au fond du vase où elle est recueillie. L'examen microscopique y fait reconnaître des cellules l\mpliati(|iu's chargées de granulations graisseuses, libres et volumineuses, des globules sanguins en petite quantité, des débris de tissu conjonctif infiltré de cellules petites et grauulograisscuses. Ces urines contiennent de rall)nmiueci>mine toute urine purulente ; mais il est impossible de les confondre avec les uriru's albumineuscs qui sont claires et renferiiuMit une graïub^ quantité de cylindres liyalins, tandis <\\u\ dans le cas de tuIxTcubise, les cylindres sont |)restiue coiislanuuenlabsents, el s'ils y exister)!, ils s(»ul très-rares. Ces caiaclères des urines, joints à la ddulenr et à la tumeur rénale, peuvent faire diagnosli(|uer la maladie.
L'uretère est gc'm'ralemeut iilieinl des mêmes h'sinus luberruleuses que la muqueuse du bassinet, mais au lieu d'être dilaté comme celte deinièir, il «'st souvent rétréci au point «le