GOMMES DES REINS
ne laisser passer l'urine qu'avec une grande difficulté. IL peut même être oblitéré complètement.
Dans les périodes ultérieures de la tuberculose rénale, on peut observer la plupart des lésions de la pyélo-néphrite purulente chronique, des incrustations calcaires de certains points de la muqueuse du bassinet, des abcès du rein qui ont de la tendance à devenir caséeux, une tumeur plus ou moins considérable due à la distension du bassinet, des perforations par suite d'ulcère tuberculeux de la muqueuse, et l'ouverture dans le péritoine et l'intestin.
Chez l'homme, la tuberculose rénale est très-souvent généralisée à tous les conduits d'excrétion de l'urine, à l'uretère à la vessie et à la muqueuse uréthrale. Les granulations siègent dans le tissu conjonctif de ces muqueuses, sousl'épithélium, et plus ou moins profondément dans le tissu conjonctif sousmuqueux. Elles s'accompagnent d'un catarrhe puriforme. La prostate, les vésicules séminales, les canaux déférents et les testicules sont quelquefois aussi envahis rapidement par la tuberculose. Il en résulte une forme spéciale de tuberculose limitée aux organes génito-urinaires.
Chez la femme, la tuberculose rénale, beaucoup plus rare, peut aussi se compliquer de granulations vésicales et de tuberculose des trompes et de l'utérus.
Les malades succombent généralement à une poussée de tubercules généralisés en dernier lieu aux poumons et à l'intestin.
Gommes. — Les gommes du rein sont très-rares : le rein, chez les syphilitiques, peut êti\>, en outre, atteint de néphrite albumineuse et de dégénérescence amyloïde. L'un de nous a publié, dans sa thèse sur les lésions du rein dans l'albuminurie (186^), un exemple très-net de gommes du rein coïncidant avec une altération amyloïde de cet organe et avec des gommes du foie. Les gommes du rein, assez nombreuses, au nombre d'une vingtaine, isolées ou groupées en forme d'ilot, ayant le volume d'un grain de chè'.ievis à un petit pois, étaient trèscaractéristiquos à l'œil nu, parleur densité fibrouse,par leur dégénérescence caséeuse el par leur dureté. Ellessiégeaient toutes danslasubstance corticale. Kxaminéesà un faible grossissement, ces nodosités montraient une partie hansparente péripliérique et une partie centrale opaque et caséeuse. La néoformation consistait en tissu conjonctif embryonnaire développé aux dépens
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des cloisons fibreuses préexistantes du rein, si bien que quelques glomérules de Malpighi se reconnaissaient très-facilement de distance en distance, soit au milieu du tissu fibreux périphérique, soit au milieu de la zone centrale caséeuse de ces tumeurs. Dans la zone périphérique, le tissu conjonctif eni-
JÎÏ5.^«^4
Fis. 3'i''- — Gomme ancienne du rein : <(, ailcix' clglouieniles du rein ; A, cciitro do la (;oinine où l'on reconnuit cncotc «les gloniéiiile» e ; d, zone o|>n(|ue dans laipiello esistcnl les groDulutions graisfonscs ; c, tissu fibreux [léiijdiériiiuo. Grossissement do 2U diamètres.
biyonnaii'e nouveau entourait les lul)Os uriiiifères encore visibles mais atro[>liiés. Le tissu de la gomme ue diil'crait eu rien du tissu des gommes du (oie ol)servées dans ce même fait. C'est le seul cas de tumeurs gmiimeuses l)ieu caractérisées du rein (U- Tathille (|ue nous connaissions. kiel)s ra|>|iorli' un l'ail comparal)Ie observé chez un enlaiil de six mois.
Lv.Mi'iiAi)i';NOMr.. — Les reins [icuvciit cire le siège île prodiiclions secondaires, consistant eu un (issu adénoïde : t'.es |)elites tumeurs ne did'érenl pas de ce quelles sont dans tous les autres organes, et en particulier dans h* foie. I^llcs se dévelop|tenl dans le tissu conjonctif. Indépendanuuent de ces tumeurs, il exislc au^si des fiiils où l'on observe une accmmilalion de globules blaiiis dans les vaisseaux des glonn-rules, dans la capsule des gluméiules, dans les vaisseaux capillaires du tissu conjonctif
SARCOME DES REINS. 1079
intertubulaire et enh-e les fibres de ce tissu conjonctif. Il y a, en un mot, une accumulation de cellules lymphatiques dans toutes les petites artérioles des gloméiules et dans tous les vaisseaux capillaires du rein, et une infiltration diffuse de ces
T"i!?. 348. — Coupe loasjitiiilinaln de la substance médullaire du rein 'de l'Iiomme montrant les anses de Ilenle. Figure empruntée à Gross. Grossissement de 100 diamètres.
mêmes éléments dans la trame celluleuse de l'orgaue. En même temps, les cellules épithéliales des tubuli subissent une dégénérescence granulo-graisseuse : la lumière de ces tubes contient tantôt des amas de cellules lymphatiques, tantôt des cylindres hyalins.
Sarcome. — Nous ne connaissons, en fait de sarcome du rein, que deux observations où la naliire de la tumeur a élé déterminée par l'un de nous. 11 s'abaissait, dans ces deux faits, de tumeurs considérai)les du rein observées chez des enfants en bas âge, et portées à la Société médicale des hôpitaux, l'une par M. Féréol, l'autre par M. Martincau. Le centie de ces éiioimes tumeurs sphéritpies, formées par un seul rein dégénéré, était ramolli ; dans un cas, il y avait beaucoup de sang infiltré dans le tissu et dans les lacunes du tissu sarcomateux, l^a capsule du rein, qui entourait la tumeur de toute part, était épaissie; le rein, aplati à la surface, sous la capsule, laissait reconnaître assez
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facilement en certains points, à l'œil nu et au microscope, l'apparence et la structure de la substance corticale. Le sarcome s'était développé certainement dans la substance des pyramides où à l'union des pyramides avec la substance corticale. La partie centrale, assez molle et friable, montrait tous les caractères du sarcome encéphaloïde avec des vaisseaux à parois embryonnaires, dans l'une de ces observations, et ceux du sarcome fascicule, dans l'autre. Dans les deux cas, on pouvait très-bien suivre le développement du sarcome, du centre à la périphérie : dans l'un, le sarcome fascicule se prolongeait dans la substance corticale en suivant le trajet des artérioles. Le pourtour de ces vaisseaux et le tissu conjonctif avoisinant autour des tubes urinifères montrait une formation nouvelle de cellules rondes ou allongées avec des noyaux fusiformes, interposées entre les fibrilles.
Dans la seconde tumeur, on pouvait très-facilement étudier la participation des cellules contenues dans les tubes urinifères, à la formation du tissu sacormateux : les éléments de la tumeur, en effet, se développaient à la fois dans le tissu conjonctif et à l'intérieur des tubes urinifères. Sur les sections minces de la partie périphérique où le rein était conservé, on pouvait voir
iiîS t^.
f. 349. — Sci-lioti ilo troii tiilies iiriiiift-rcs passaiit un inillfii du tisMii i^nrcniimteux e. L'un do ces liibo» «itmi an rentre ilo la lifçiire est consiiléralilo ; on ne voit i|u'iino por tion (le fu circonféifiico et il l'st vide. Les deux luilrcs o sont ilo volnaio i\ pon pri's norinid et ne conlicniiont (|n'nno eouolio de cellules i^pitliéliulc». Gi'ossinsoinont <lo 250 dtaniélroH,
sur la mijnie |)ré|)ariilion, <U's tubes uriniières à diderenl» degrés d'altération.
I>es uns possédaient lein' volume normal, leur membrane ^ropri; hyaliiu^, et une courbe (h* ceUulcs ('•|iilh(''liales uniriiie, laissant à son centre nue hniiière vide. A côlt' de ces tubes normaux, on en ^o^ait (bmt le diamètre était (b'iix, trois ou un plun grand nombre de fois [diiscuiisidéraltle; sur les moins dilatés, ou
SARCOME DES REINS. 1081
reconnaissait encore la membrane hyaline propre, mais celle-ci manquait sur les tubes très-ëlargis. Dans les premiers, les cellules épithéliales formaient deux ou trois couches superposées, de la périphérie au centre du tube. Ces couches de nouvelle formation étaient composées de cellules plus petites qu'à l'état normal; les cellules épithéliales avaient perdu la structure des cellules sécréloires du rein, et elles ne présentaient plus qu'un noyau ovoïde entouré d'une faible quantité
ris. 350. — Section passant à travers quatre tnlies altérés au milieu du tissu sarcomateux. Le tube a est vu seulement sur une faible portion de .'a coupe. Les trois autre? présentent une lumière vide, '', </. et plusieurs couches de cellules épitliéliales. Grossissement de 250 diamètres.
de protoplasma. Encore était-il nécessaire de faire agir l'acide acétique poui- distinguer le noyau du protoplasma. Ces petites cellules épithéliales, disposées en couches épaisses, étaient ovoïdes et allongées, disposées toutes de façon à ce que le grand axe fût perpendiculaire à la paroi du lube. Le centre du tube montrait encore une lumière vide. Dans d'autres parties, les tubes n'étaient plus représentés que par de grands espaces irréguliers, sans vestige de membrane hyaline, et ils étaient rcniplis de cellules rondes munies d'un noyau ; elles
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présentaient le diamètre et tous les caractères des cellules embryonnaires.
Les tubes urinifères, soit de volume normal, soit élargis, étaient séparés par des bandes épaisses d'un tissu composé partout par des cellules généralement ovoïdes , parallèles entre elles , concentriques à la paroi dos tubes, et siégeant dans un tissu librillaire : le tout constituait un lissu très-caractéristique du sarcome. Le lissu sarcomateux périphérique aux petits tubes urinitères était relativement dense et serré, mais dans les points où les tubes étaient agrandis au point de représenter de grands espaces pleins de cellules rondes, le tissu sarcomateux péj'ipbérique était beaucoup plus friable. Ses cellules étaient alors arrondies, et ses fibrilles formaient un feutrage beaucoup plus lâche.
Ces deux observations établissent bien nettement l'existence du sarcome primitif chez les enfants. Il est probable que bien des observations de tumeurs du rein chez l'enfant, publiées sous le titre de cancer, ne sont pas autre chose que des sarcomes.
Carcinome du rein. — Le carcinome rénal est primitif ou secondaire. Dans ce dernier cas, il se développe sons forme de nodules siégeant le plus souvent dans la substance corticale, sous la capsule, et reproduisant la structure de la tumeur primitive.
Le carcinome primitif n'est pas commun. Il siège le plus ordinairement d'un seul côté. La tumeur peut être constituée par l'une des variétés du carcinome, le scjuirrhe, l'eiu'éphaloïde, le carcinome liémalode, le carcinùiuc colloïde ou le mélaniqiie : le plus fréquent est le carcinônu* encé[>haloïde, et tout |)arliculièrement le carcinome héinahxle. Le carcinome colloïde est aussi plus conunun que le squirihe. Le rein, transformé, ac(iuiert un volume variable, et sou poids, qui est cominunétiuMit de 3 à 5 livres au moment de laulopsie, peut arriver jusqu'à 25 livres, (iénéralement la forme du rein est conservée, |»arce (|ue lesuuissesde nouvelle formation ont envahi à la fois joui l'organe, de telle sorte (|u'oii penl rccoiinailre ce (jui ap|tartient à la subslaïue corticale et à la substance nu'dullaire; cependant, lors(jue tout l'organe n'est pas atteint, c'est par la substanc(r corticale (|ue la lésion parait commencer dans le plus grand nombre des faits. La tunu'ur est tantôt dilVuse et iiiiilorme, tantôt elle se nuuilrc sous forme de nodules plus ou
CARCINOME DES HEINS. 108)^
nioin> irrégulievs, sépares par le parenchyme rénal modifié mais l'cconnaissable. Par propagation, le bassinet et les calices sont eux-mêmes envahis. Le tissu du rein, conservé à c(Mé des îlots cancéreux, est parfois le siège d'un épaississen.ent fibreux et d'une néphrite interstitielle atrophique, lorsqu'il est comprimé par les tumeurs, de telle sorte que les glomérules y subissent la même transformation fibreuse atrophique que dans la néphrite interstitielle. D'auli'cs fois, les cellules épilhéliales des tubes urinifères sont en dégénérescence graisseuse, et les vaisseaux sanguins sont très-congestionnés. Les hémorrhagies rénales, symptôme ordinaire de ces tumeurs, proviennent de cette congestion extrême de la substance rénale, tout aussi bien que des néoformations carcinomateuses de la surface du bassinet et des calices. Dans les points où la tumeur envahit le tissu rénal par propagation, Waldeyer a isolé des cylindres de cellules épithéliales provenant de canalicules urinifères et grandissant par bourgeonnement. Déjà depuis longtemps M. le professeur Robin avait indiqué le mode de développement de î'épithélioma par une formation nouvelle de l'épithélium rénal ; mais à cette époque, M. Robin confondait sous la même dénomination d'épithélioma du rein, non-seulement les carcinomes, mais aussi d'autres lésions du rein, et en particulier la maladie de Bright, ce qui rend ses observations peu positives. Après le travail de Waldeyer, d'autres observations publiées par Neumann, etc., ont confirmé le mode de développement et d'extension de la tumeur par le bourgeonnement des cellules épithéliales des canalicules urinifères. Ce que nous connaissons du développement des tumeurs 'dans les glandes^ ce que nous venons d'exposer relativement à Torigine du sarcome rénal nous porte à croire, en effet, que les cellules épithéliales particii)ent, aussi bien que le tissu conjonctif, au développement et à l'extension du carcinome.
La structure de la tumeur elle-même ne diffèie pas de ce qui a été exposé h propos des diverses espèces de carcinome; toutefois, une particularité de l'encéphaloïde dans le rein, c'est la grande quantité de vaisseaux capillaires énormément dilatés (ju'il possède dans l'espèce hémalode de l'encéphaloïde. On voit, par exemple, de petites cavités ayant 2 à .") millimèties jusqu'à 1 centimètre de diamètre, de la paroi des(juelles bourgcîorinenl des anses de vaisseaux ectasiés. Il est liès-probable, bien <iue nous n'en ayons pas acquis la certitude, qu'il s'agit là des vaisseaux des glomérules et de leur cavité.
La veine rénale est quelquefois le siège d'infarctus cancéreux qui se propagent plus ou moins haut, jusque dans la veine cave inférieure par exemple.
Kystes. — Les kystes du rein sont très-fréquents, et leurs variétés sont nombreuses. Nous avons déjà parlé (page 1061) des kystes colloïdes si nombreux dans la sul)stance corticale des l'eins atteints de néphrite interstitielle avancée. Des kystes de même nature succédant à la distension et au remplissage de la capsule des glomérules par la même matière colloïde peuvent aussi se rencontrer dans les mêmes circonstances, mais ils sont beaucoup plus rares que les précédents. 11 peut y avoir aussi des kystes contenant de la fibrine coagulée et lamellaire à l'intérieur de capsules de glomérules dans les leins furlement congestionnés, où il y a eu primitivement un épanchement sanguin dans la cavité giomérulaire (voy. page 1031). Dans la maladie de Ihight, des kystes peuvent aussi naître de la dilatation des tubes dans la substance médullaire. Nous avons indiqué suffisamment les caractères histologiqucs deskystesdans la maladie de IJright, qu'ils soient dus au remplissage de la cavité du glomérule ou à des formations de suijslance colloïde dans les tubes, pour n'avoir plus à y revenir. Nous avons donné aussi la structure de certains kystes, assez gros, à parois épaisses et dures, contenant une bouillie calcaire, et dont la paroi est conq^osée de lamelles .iplalies de lissu conjonclif, séparées par des cellules plates (v(iy. page lOGIi). Il nous reste seulement à |i.irler des kystes conj^énilanx el ties kvsles séreux.
Les kystescongénitaux, dont le nombre est |)arf(tis tel (|ue le rein en est farci, et que leur volume et celui de l'oigane tout entier oi>posent un obstacle à l'accouchemenl, renfeiinent un li(]uide clair qui n'est an.lre que de l'urine, d(»nt le cours était obslrué pendant la vie fd'tale par un obstacle, le long des voies d'excrélion. Ces kystes ont pour point de départ les glomérules, dont la membrane est Irès-dilatée, [lendant (]ue le bompiel giomérulaire est atro|)liié en un point de la surface du kvsle.
Les kvsles si'renx liès-cunnnuns, soit dans les reins absolument normaux, soit dans les reins de vieillards, et surtout dans les reins ali'opbii's par suite de la sénilité, contiennent un liquide clair, el sont I inli'tt petits, du volume d'une lentille et nombreux, tanti'il moins nomlnenx et plus ^ros, comme une fève on une noistitte. Il est pins dillicile que pour les préct'denls de spt'cilior leur mode dOriKine et (h; développenuMit ; ils peuvent