‹ Manuel d'histologie pathologique (volume 3)Chapitre 74 sur 146 · HISTOLOGIE NORMALE DES TESTICULES · texte numérisé non relu

HISTOLOGIE NORMALE DES TESTICULES

nome primitif est tantôt constitué par une infiltration en nappe de toute la muqueuse, ou de sa plus grande partie, surtout du bas-fond et du col. La paroi de la muqueuse atteint alors presque uniformément une épaisseur de 12 à 1 centimètre : les fibres musculaires sont hypertrophiées, et le tissu conjoiictif est également épaissi. La surface blanche ou rosée de la vessie est exulcérée par places plus ou moins grandes, et là elle présente un bourgeonnement villeux peu accusé. La coupe de la partie dégénérée montre un tissu moins blanc, riche en suc laiteux ; d'autres fois, la muqueuse est prise seulement dans un point, en particulier dans le trigone de la vessie. Le plus ordinairement, le carcinome vésical est villeux, c'est-à-dire que le bourgeon ou les plaques de la muqueuse dégénérée sont couverts de houppes de villosilés allongées, vasculaires, couvertes d'épithélium, parcourues par des capillaires, et qui ne diffèrent pas des villosités analogues qu'on trouve dans les papillùmes ou fongus. Mais dans le cas de carcinome, la base de la muqueuse qui donne implantation à ces villosilés est constituée par du tissu carcinomateux qui s'enfonce profondément, de telle sorte que la paroi vésicale est épaissie à ce niveau et dégénérée ; ce tissu nouveau est presque toujours blanc, mou, encéphaloïde.

CHAIITRE III. — TESTieUUS.

,^ I. ^ Histologie normale.

Les testicules entourés par la tunique vaginale, qui constitue leur séreuse, présentent à- considérer une membrane fibreuse ou tunique albuginée, un parenchyme qui consiste en des canaux tlexueux appelés canaux spermatiques, des conduits excréteurs du sperme qui se rendent à l'épididynie, enfin des vaisseaux et des nerfs,

La tunique vaginale présente deux feuillets : l'un pariétal, en rapport avec le scrotum; l'autre viscéral, qui recouvre l'albuginée du testicule et l'épididynie, et qui sont constitués par du tissu conjonctif recouvert d'une couche de cellules plates.

La tunique albuginée est une membrane fibreuse dense, épaisse, qui envoie des prolongements fibreux dans le testicule, et qui se continue directement avec la charpente fibreuse de cet organe. Le plus important et le plus épais de ces prolongements eslle corps d'iligmore ou médiastin du testicule, lame

109 MAI.AUlliS J)EiJ UlîGANliS.

épaisse de lissu conjonctif serré qui existe à la partie postérieure du testicule, et par où passent les canaux qui vont se jeter dans l'épididyme.

Le jxivcnchi/me, ou substance glandulaire du testicule, est composé de canaux qui se divisent et se subdivisent, s'anastomosent quelquefois entre eux, et qui forment ainsi des cônes, dont l'extiéniité effilée confine au corps d'Higmore, tandis que l'extiémité renflée se trouve à la périphérie de la glande; là, ils se terminent par une extrémité libre ou par une anse. A l'extrémité effilée du cône, ils deviennent rectilignes, s'unissent les uns aux autres pour former un réseau dans le corps d'Higmore {rete testisi) . De ce réseau partent de sept à quinze vaisseaux efférents, qui perforent l'albuginée pour se jeter dans l'épididyme. Ces vaisseaux se rétrécissent, deviennent sinueux, et constituent une série de cônes (cônes séminifères) qui forment la tête de l'épididyme. Ils se réunissent en un canal, le canal de l'épididyme qui longe le bord postérieur du testicule, décrit de nombreuses sinuosités, et se continue, après s'être rétléchi de bas en haut, avec le canal déférent.

Les tubes sriniuifèrcs, qu'il est très-facile d'étirer et de dérouler dans une assez grande longueur, ont dc0""",13 à0'"",28 de largeur (IvôUiker) ; ils sont constitués par une membrane fibreuse dense, épaisse, qui présente des lames de tissu fibren\, séparées par des cellules plates de tissu conjonctif. A la surface interne de cette membrane existe une couche de cellules polygonales, qu'on peut considérer comme un épithélium, et, dans le calibre du tul)e, des cellules spliériques, celhilos et vésicules séminales, contenant un ou deux ou plusieurs noyaux, et dont le contenu spécial donne naissance aux animalcules spernialiques. Mais les animalcules spermatiques ne deviennent (jue rarement lii)res dans le testicule même; c'est plus loin, dans le canal déférent, que le sperme est tout à fait à maturité.

Les aiiimalmlis spcrmatiijiics présentent une portion renllée ou tète, a|»lalie, pliii'orme, quand elle est vue de profil, à pointe dirigée en avant, mesurant 1,8 p de longueur; la (jueue du spermatozoïde mesure en mitycnne /i.") ^ en longueur; elle est cxlrèmement mince, et lerniinée par son extrémité libre en un filament à peine appi ('ci.ible aux plus loris grossissements. La <|ueue du spermaln/uidc est reliée h la tète par une pièce moyenne.

Les mouvements des spermatozoïdes sont très-intenses, et peuvent durer pendani (dusieins jours dans les organes géni-

iiisTOLOGiK noumai.e dils testicules. 1095

taux, et dans l'utérus des femelles d'animaux où l'on a observé ce phénomène. L'eau arrête leurs mouvements, qui sont favorisés ou l'établis par les solutions alcalines, par les solutions concentrées de sucre, d'albumine, d'urée. Les acides au contraire empêchent ces mouvements. Le froid les paralyse également, mais après avoir été maintenus pendant trois et quatre jours à 0% ils peuvent être vivifiés de nouveau par la chaleur.

Le revêtement épithélial des vaisseaux efTérents et de l'épididyme consiste dans des cellules cylindriques pourvues de cils vibratiles. Ces cellules deviennent extrêmement longues et étroites, et leurs cils également très-longs à la tête, à la queue de l'épididyme et au commencement du canal déférent.

Dans les canaux efl'érents, dans l'épididyme et le canal déférent, apparaissent des couches épaisses de fibres musculaires.

En un point de l'épididyme, généralement à sa partie inférieure, on voit souvent un petit corps allongé cylindrique, à extrémité libre, qui a été appelé vas aherrans par Haller.

M. Giraldès a décrit un petit organe situé au bord supérieur du testicule, entre le corps de l'épididyme et le canal déférent [organe de Giraldès). qui consiste en un nombre variable de corpuscules blanchâtres formés chacun par un tube de O'"",? enroulé sui' lui-même en forme de glomérule. Ces tubes sont tapissés parun épithélium pavimenteux; ils représentent des vestiges du corps de Wolff.

Les artérioles du testicule viennent de l'artère spermatique qui suit le cordon, et qui, ariivée à la tête de l'épididynic, pénètre par une de ses branches dans le corps d'Higmore, pendant que d'autres branches passent à la partie antérieure du testicule ou sur le reste de sa surface, et pénètrent dans le testicule avec les cloisons fibreuses de l'albuginée. Les veines suivent le trajet des artères. Les nerfs, peu nombreux, provenant des plexus spermatiques, gagnent le testicule avec les artères. On ne connaît pas leur terminaison. Les lympliatiques, dont le réseau sous-vaginal est très-riche, pénètrent, d'après les recherches de Ludwig et Thonisa, dans le testicule, en formant un réseau de tubes larges qui entourent les canaliculesséminaux. Ces canaux sont tapissés par un endolhélium.

Le canal dvfcrcnt , tube cylindrique rectiligne à parois épaisses, Hiit suite à la queue de l'épididynic, et il se compose d'une membrane externe ou fibreuse, de couches musculaires à fibres lisses, et d'une muqueuse. Les faisceaux musculaires

forment plusieurs couches^, une couche moyenne, à fibres circulaires, comprise entre deux couches de fibres longitudinales. La membrane muqueuse présente une foule de plis longitudinaux saillants, qui laissent entre eux des fossettes ayant la même direction. Le tissu conjonctif de la muqueuse olTre à considérer un réseau de fibres élastiques très-riches dans sa partie externe. Le revêtement épithélial consiste en une seule couche de cellules pavimenteuses, contenant des granulations pigmenfaires, qui donnent une couleur jaunâtre à la surface de la muqueuse.

Les vésicules scininales ne sont autre chose que les appendices terminés en caecum des canaux déférents ; elles sont constituées sur le même type par une membrane fibreuse, contenant des fibres musculaires lisses qui pénètrent entre les diverses circonvolutions de la muqueuse, et qui les unit. Celte membrane est plus mince que l'enveloppe épaisse des canaux déférents. Les ampoules et dépressions que forme la muqueuse des vésicules séminales contiennent un liquide transparent, visqueux, dans lequel existent des animalcules spermatiques. La muqueuse sécrète un liquide spécial qui entre dans la composition du sperme. Un y trouve chez les vieillards des concrétions colloïdes formées par une substance protéique.

Les cauaiu: rjaculatcurs ont aussi des parois musculeuses et minces qui s'amincissent encore davantage au niveau de la prostate. Leur membrane muqueuse est plissée comme celle des canaux déférents.

Sous l'inlluence de l'âge ou des cachexies, telle «juc la tuberculose, dans sa période avancée, les maladies de la moelle cpinière, avec amaigrissement liès-prononcé, etc., les canalicules spcrmali(|ues présentiMil dans leur intérieur des cellules en dégénérescence graisseuse complète, el ils s'atrophient eux-mêmes consécutivement. Le testicule présente alors sur une surface do section une coloration gris jaunâtre el une opacité dues à la présence de la graisse, au lieu de la couleur giis rosé hal)ituclle. (ie|)endanl Duplay a vu (|ue le sperme de vieillards de (]ualrevingl"^ ans i-l davantage conlenail encore des animalcules spermatiques vivants. L'atrophie des tuhes spermali(iues, el la dégt'ncrescence graisseuse avec alropiiie de leurs cellules, est un fait constant dans la plupail des lésituis leslicniaires, où les tubes sonl ctiniprinii's, cdmine cela a lieu dans les orchites chroiii(|ues, iiù ils sont ('■IniilVt's |iiir la |)r(idiuiii)U du tissu conjonctif nouveau, el dans les tumeurs tpii omiprinuMit le parenchyme

ORCHITE AIGUË. 1097

testiculaire, en le rejetant et l'aplatissant à la péiiphéiie de la tumeur. La même atrophie s'observe lorsque le cordon des vaisseaux spermatiques, et en particulier l'épididynie, ou le canal déférent sont comprimés, de façon à ce que la sécrétion du sperme soit entravée par l'arièt de son expulsion.

§ 3. — Anatoiuie et hS^itologic pathologique.

Inflammation. Ohciiite aiguë, — On a rarement occasion d'étudier anatomiquement l'orchite aiguë qui succède à la blennorrhagie ou auxtraumatismes.il est probable que le testicule présente une infiltration œdémateuse de son tissu conjonctif avec toutes les conséquences de cet état, c'est-à-dire l'irritation des cellules du tissu conjonctif et l'inflammation de ses canaux lymphatiques, La lésion dominante et celle qui peut être la mieux constatée pendant la vie, c'est l'épididymite et la vaginalite, c'est-à-dire l'inflammation aiguë delà tunique vaginale qui accompagne constamment alors l'orchite. Lorsqu'il s'agit en particulier d'une orchi te blennorrhagique, l'inflammation, propagée par le canal déférent et l'épididynie, retentira très-facilement, on le conçoit sans peine, sur la tunique vaginale : l'épididynie qui est le premier allecté se tuméUe en même temps que du liquide est épanché dans la tunique vaginale. Celle-ci présente les signes caractéristiques de rinflanimation de toutes les séreuses, c'est-à-dire un épanchement liquide avec de la fibrine, des cellules lymphatiques et des globales rouges épanchés, et une prolifération de ses cellules cndothéliales.On en a la preuve lorsqu'on pratique en pareil cas une ponction pour évacuer le liquide.

Souvent cette orchite simple guérit sans laisser de traces ; mais il n'est pas rare qu'elle laisse après elle des indurations du tissu cellulaire qui enveloppe la tète ou toute autre partie de l'épididynie. (^es nodo'^ités, formées par du tissu cicatriciel dur et rélractile, comprimant le conduit excréleui', il en résulte un rétrécissement ou un effacement complet du canal, et par suite une suppression de la fonction et uneatropiiie de l'un <les testicules. Si pareille lésion se produit en nuMue temps ou simullaïu'iuent de chaque côlé, il ne peut [)lus y avoir d'animalcules spermaliques, etl'individu est impuissant (Gosselin). Consécutivement à l'iulhunniation de la tiuiique vaginale, on peut observer des végétations fibreuses formées à la surface de la se-

reuse sous forme de villosités, ou de granulations, ou de plaques qui sont très-prononcées, et que nous étudierons à propos de l'hydrocèle.

L'inflammation supjmrative du parenchyme testiculaire est assez raie. On l'observe cependant dans les traumatismes soit locaux, soit généraux. Le pus se forme dans le tissu cellulaire, probablenioiit dans les lympbatiques de la glande; on obseive quelquefois en même tcmjis des inflammations suppuratives des lymphatiques ou des veines du cordon.

OficniTE CHRONIQUE. — L'inflamniatiou chronique du testicule est variée dans ses formes. Dans une première forme elle envahit à la fois le testicule et l'épididyme qui sont augmentés de volume dans toute leur masse. La lésion consiste, d'après la description de Fœrster, dans un élargissement des canaux séminifèies par des cellules formées en plus grande abondance qu'à l'état normal et dans une infiltration de tout le tissu cellulaire par un exsudât inflamnialoire ; les cloisons fibreuses sont épaissies, le testicule et l'épididynie sont indurés, bosselés; sur une surface de section on voit des cloist)iis fibreuses épaisses et, entre elles, une masse jaune homogène et caséeuse (prrJiitc caséeuse ou apostcmatcusc) dans bujuelle on ne trouve que de rares vestiges des canaux séminii'eres. Celte altération présente une certaine similitude avec les tubercules avec lesquels elle est souvent confondue. D'après Virchow elle n'a aucun rapport avec la tubeiculose, et elle succède à une inllamn)ation traumati(]ue ou à la propagation d'une inflammation catarihale des voies ui-inaires.

Une autre variété d'orcliite chronique consiste dans une inflanimation chroni<ine du tissu interstitiel du testicule. Le volume de l'organe est tantôt augn)ent('', lantùt normal, tantôt diminué : rarement on observe une alropiiie de la substaïu'e testiculaire. Dans (|uel(|ues cas celle iullimination ciMdni(|ue s'accompagne d'une suppuration <]iii détermine la l'oiination d'un (»u de plusieurs abcès. (À's abcès peuvent rester stationnaires et s'entourer d'une nuMiibrane kysllcjne fibreuse ou calcifiée ; d'autres fois ils s'ouvrent spnntaneinent ou sont -uiverls par le i liirurgien.

\ travers la solution de cniiliiiuiti' le testicule fait alors hernie comme une niasse spongieuse vascularisi'e et bourgeonnante dans laquelle les Inbes séminiferes plus ou moins altérés sont enlduri's d'un tissu de bourgeons cliai'iius. Ces

ORCHITE CHRONIQUE. 1099

bourgeons charnus sont composés de tissu embryonnaire. C'est là ce qui a été disigné sous le nom de fongits bénin du testicule. Cette masse diminue peu à peu par la suppuration, et la guérison a lieu par une cicatrice.

La surface et le tissu conjonctif de l'épididyme aussi bien que la séreuse testiculaire peuvent être le siège d'une inflammation chronique avec production abondante d'un tissu embryonnaire qui fait également saillie au dehurs sous forme de bourgeons analogues au fongus testiculaire.

Des bourgeons de tissu embryonnaire formés sur la tunique vaginale après une gangrène du scrotum ne seront pas non plus confondus avec le fongus bénin.

Le fongus bénin, c'est-à-dire la hernie de la substance testiculaire enflammée ^t dans laquelle le tissu conjonctif du testicule est transformé en un tissu de bourgeons charnus, se montre dans une série de cas difiérents : dans l'inflammation aiguë purulente lorsqu'un abcès a été ouvert, dans l'orchite tuberculeuse, et quelquefois même dans l'orchite syphilique d'après quelques observations réunies par M. Moutier dans sa thèse (1875).

L'orchite chronique sy ithilitique ,' bien décrite histologiquement par Virchow, consiste dans une formation nouvelle du tissu fibreux enti-e les tubes séminifères. Ces derniers sont éloignés les uns des auties par ce tissu conjonctif embryonnaire nu GbreuXj et ils sont plus ou moins atrophiés par compression. Ils sont ré'luits en certains cas à leur membrane d'enveloppe d'aspect fibreux et homogène, revenue; sur elle-même, et ne possédant dans son intérieur que quelques cellules atrophiées en dégénérescence granulo-graisseuse. Cette lésion atteint soit les testicules dans leur totalité, soit seulement certains lobules. En même temps on observe un épaississement de même nature de la tunique albuginée et de la tunique vaginale. Celle-ci peut présenter soit des végétations, soit des adhérences. Cette foime d'orchite coexiste avec les gommes syphilitiques, mais elle peut être aussi observée sans elles.

L'un de nous l'a observée, avec NL Coyne, chez un jeune enfant syphilitique, mort dans le service de M. Obedenaro, à Bucharest. Dans ce fait, il n'y avait pas de gommes, mais tout le tissu conjonctif du testicule situé entre les tubes séminifères présentait un épaississement anormal. Ce tissu conjonctif était intiltré de cellules de nouvelle formation rondes ou fusiformes.

1100 MALADIES DES OKGANES.

Hydrocèle. — Hydrocéle de la tunique vaginnlc. — Bien qu'on range l'hydrorèle de la tunique vaginale parmi les hydropisies, on peut la considérer avec plus de raison comme une inflammation chronique. C'est en eflet une lésion rare dans les hydropisies généralisées, et d'un autre côté le liquide que contient la tunique vaginale possède des quantités plus ou moins considérables de fibrine, comme cela a lieu dans toute inflammation, et il se forme de plus, bien souvent, des productions fibreuses, des néomembranes et des excroissances à la surface inteine de la séreuse. Cette maladie caractérisée par un épanchement séieux ou flbrineux dans la tunique vaginale, reconnaît pour cause soit la suite d'une inflammation aiguë, soit une inflammation chronique d'emblée de la séreuse, soit un varicocèle. La quantité du liquide épanché est très-variable, depuis 100 grammes jusqu'à plusieurs livres; le liiiuide est Généralement clair, quelquefois il est coloré en jaune par des globules sanguins peu nombreux; quelquefois il contient de la choleslérine, ou une quantité de cellules endothéliales tuméfiées et de cellules lymphatiques assez considérable pour le troubler. Dans quelques cas où il y avait, en même temps qu'une hydrocèle, un kyste de l'épididyme qui s'était rompu antérieurement dans la tunique vaginale, on trouva des animalcules spcrmatiques dans le liquide de l'hydrocèle.

La surface interne de la tunique vaginale est lisse dans les cas récents, mais le tissu conjonctif do la membrane est toujours éjiaissi; dans les hydrocèles anciennes on tiouve constamment les signes très-manifestes d'une inflammation chronique ; il s'est fait des couches superposées de néo-menil)ranes plus ou moins vasculaires à la surface de la vaginale, soit pariétale, soit lesticulaire ; ces productions sont constituées par un tissu conjftnctif en général dense, dur, analogue à celui qui tapisse la surlace de la rate dans la périsplénite chronifiue. De même (ju'à la surface de la rate, ces pioductions libieuses denses revêlent la forme de plaques saillantes d'aspect cartilagineux, nu de nodosités aplaties, ou de nodosités saillantes, ou de xillnsilés. Ces productions sont constituées par du tissu conjonctif lamellaire à couches parallèles séparées par des cellules plaies. D'après l'observation de M. Malassez, elles présentent très-souvent des é|»anchemcnls sanguins, des ecchymoses audessous d'elles, à la limite du lissu conjonctif noiinal et de la production libreuse. Ces V('g(''talions et les productions saillantes arr(»ndies sous forme d'une petite perle dont elles ont

HVDROCÊLE. 1101

la semi-transparence et la densité, peuvent devenir libres dans la séreuse de la même façon que les corps éti-angers articulaires, en se pédiculisant. Ces corps étrangers de la tunique vaginale sont formés par des couches concentriques de lamelles de tissu conjonctif séparées par des cellules plates. Ces diverses productions peuvent s'infiltrer de sels calcaires; la coque, formée par la paroi indurée, ne peut plus revenir sur ellemême, et le testicule, entouré d'une vaginale également épaissie et rétractée, s'atrophie plus ou moins.

L'hydrocèle de la tunique vaginale est souvent compliquée soit de kystes, soit des autres variétés de l'hydrocèle ou d'une hernie scrotale; elle peut aussi être le point de départ d'accidents tels qu'une suppuration ou une infiltration plus intense de la tunique vaginale; elle peut se compliquer aussi d'une hématocèle, c'est-à-dire d'un épanchement sanguin dans la tunique vaginale (voyez plus bas).

Hydrocéle congénitale. — Le sac péritonéal qui accompagne le cordon et le testicule dans sa descente jusqu'au scrotum, au lieu de s'oblitérer au-dessus du testicule pour former la tunique vaginale, peut rester ouvert, et la séreuse qui entoure le testicule communique alors toute la vie avec la grande cavité péritonéale. Il peut alors y avoir passage du liquide contenu dans le péritoine dans la tunique vaginale et réciproquement; fréquemment en pareil cas on observe une hernie inguinale.

Hydrocéle enkystée. — Il arrive quelquefois que le sac péritonéal qui accompagne le cordon ne s'oblitère pas sur toute la longueur du cordon, et qu'il reste ouvert en quelque point de son trajet tout en s'oblitérant au-dessus et au-dessous. Lorsque ces parties restées libres du prolongement péritonéal se rempUssent de liquide, on a affaire à une hydrocéle enkystée du cordon. Plusieurs kystes peuvent être superposés les uns audessus des autres le long du cordon.

Il arrive aussi quelquefois qu'un ancien sac herniaire s'oblitère, et alors le prolongement péritonéal qui le constitue, au lieu de rester affaissé, peut se remplir de liquide. Il en résulte une hydropisic d'un sac herniaire qu'il ne faudrait pas conlondie avec une hydrocéle enkystée. Ces différentes formes, iiydrocèle enkystée du cordon, hydrocéle d'un sac herniaire, compliquent souvent l'hydrocèle simple de la tunique vairinale.

1102 MALADIES DliS ORGANES.

Une autre série de kystes a été longtemps confondue avec l'hydrocèle simple, ce sont les kystes spermutiques (hydiocèle spermatique) dont le siège de prédilection se trouve à la parlie supérieure du testicule au niveau de l'épididyme. Ces kystes, qui peuvent être très-volumineux, sont remplis d'un liquide louche contenant, avec des animalcules spermatiques vivants ou altérés^ des cellules d'épithélium semblables à celles des canaux spermatiques normaux.

Ces kystes peuvent s'ouvrir dans la cavité de la vaginale qui est elle-même souvent en même temps le siège d'une liydrocèle; ils peuvent se rompre aussi ou être atteints par le trocart lorsqu'on opère une hydrocèle simple. Relativement à leur mode de formation, on a émis l'hypothèse d'une formation nouvelle et indépendante de kystes (Paget). D'après les rechei'ches de MM. Gosselin, Luschka, etc., il est plus vraisemblable qu'ils reconnaissent pour cause luie dilatation de conduits préexistants. Leur siège est précisément le point où les canaux du testicule et ceux de l'épididyme, déveloi)pés séparément pendant la période embryonnaire, s'unissent ensuite; c'est là que se trouvent aussi les tubes inutilisés provenant du corps de Wolflqui constituent l'organe de Giraldès.

Indépendamment de toutes ces variétés de kystes qu'on rencontre dans les hydrocèles, on trouve souvent une infiltration œdémateuse du tissu conjonctif du vas aberrans de Ilaller et de l'organe de Ciraldès, ou une véritable dilatation kysticpie des canaux de ce dernier.

IliiMAToci-.i.i;. — Nous avons vu précédemment que la tunifiue vaginale était le siège, dans l'Iiydrocèle cluMiiii|ue, de l'ormalions néo-membraneuses, et que ces néo-membranes disposées parfois en couches fibreuses épaisses et superposées, étaient le siège de vaisseaux et d'eccliymoses. Sous l'influence des l'roltenients ou (b's contusions auxquels ces tumeurs volumineuses sont exposées, il se piodiiit quelquefois des épauchenieiifs sanguins dans la tuniinu! \aginale. M. le professeur fiosselin a parfaiternenl ètal)li la patliogénie de celle all'ection (^Archkis ijcitcntlcs de mrdeciiif IS,")!). I.a tumeur formée par cet épanchemenl sanguin est dense, dure, non fluctuante; la tuni(]ue vaginale épaissie, fibreuse, est remplie d'un liquide ciiuleiM' chocolat ou brun, c(»nleur due à la présence de (jlohiiles sanguins en déconipttsition. Il y a en outre, h la sm face (le la vaginale, des coagulations sanguines, et de la fibrine coa-

TUMliUKS DU TESTICULE. 110.'5

gulée en plus ou moins grande quantité dans le sac. Le liquide examiné au microscope montre de la fibrine, des globules rouges, des cellules endotliéliales tuméfiées contenant du pigment sanguin et des granulations graisseuses; il y a aussi souvent des cristaux de cholestérine. Si l'épanchement sanguin a lieu alors qu'il y avait auparavant une grande quantité de liquide séreux dû à une hydrocèle, il n'y a pas de fibrine coagulée dans le liquide de l'hématocèle qui est plus séreux, bien que coloré comme précédemment. Le testicule est alors en général atrophié sous les couches épaisses de néomembranes. Un épanchement sanguin peut avoir lieu également dans un kyste du cordon.

"On observe, mais très-rarement, des infiltrations sanguines dans le testicule lui-même. Ces infiltrations sanguines peuvent quelquefois se collecter et donner lieu à la formation d'une hématocèle intra-testiculaire. Cette lésion peu connue n'a pas encore été décrite. Nous avons pu en étudier, avec ^L Coyne, deux cas qui se sont présentés dans les conditions suivantes, 11 y avait dans la tunique vaginale une hématocèle ancienne très-volumineuse. Dans la partie centrale du testicule on trouvait un caillot ancien, décoloré en partie, du volume d'une petite pomme ; ce caillot était traversé par des vaisseaux à parois épaisses. Dans les couches périphériques on rencontrait des tubes séminifères dis^-ociés et englobés dans ce caillot. La substance tesliculaire qui lui était immédiatement contiguë présentait des lésions d'orchite parenchymatcuse et d'orchite interstitielle, caractérisée par une production abondante d'éléments embryonnaires arrondis. Telles sont les lésions que nous avons trouvées dans Vhématocéle intra-tcsticidaire.

TUMEUHS DU TESTICULE

ExcuoNDRÔMÉ, — L'enchondrôme du testicule n'est pas trèsvare; il succède généralement à des contusions et à des traumalisnies. Le tissu cartilagineux hyalin se montre, avec ses caractères très-faciles à reconnaître à lœil nu et au microscope, sous forme de noyaux plus ou moins volumineux ou connue une infiltration dill'use- Il siège ordinairement dans la glande elle-même, mais il peut aussi envahir l'épididyme, soit primitivement, soit consécutivement. Le testicule est plus ou inoins volumineux ; dans certains faits, il est d'un volume considérable, mais alors le tissu cartilagineux se trouve au milieu d'un tissu

COBNIL ET HANVlEh. 62

fibreux ou sarcomateux, et dos kystes existent au milieu de la substance de la glande : l'enchondrôme est loin en effet d'être toujours une tumeur composée seulement de tissu cartilagineux. D'après un certain nombre de faits appartenant à Paget, L'honneur, etc., et analysés par Virchow, il résulterait que le cartilage pourrait se développer dans l'intérieur des lymphatiques du testicule en présentant la forme ramifiée de ces canaux. Dans un de ces cas, celui de Paget, la tumeur s'était propagée le l©ng du cordon spermatique par l'intermédiaire des ganglions iliaques, des lymphatiques et de la veine cave inférieure dans laquelle proéminait ime niasse cartilagineuse jusque dans l'artère pulmonaire et le poumon qui présentait des tumeurs secondaires de même nature.

Fibrome. — Indépendamment des llbrùmes durs souvent calcifiés qui se forment à la surface de la tunique vaginale et aussi à la suite d'une hypertrophie fibreuse de l'albuginée dans l'hydrocèle, on rencontre très-rarement des fibromes du testicule. Cependant Fœrster cite un fait observé par lui dans lequel une tumeur fibreuse, développée dans l'albuginée, faisait saillie dans la substance testiculaire. Des observations pareilles sont rares et n'offrent pas un grand intérêt.

Sarcome. — Le sarcome pur, sans formations kystiques, est très-peu commun. Virchow (Traité des tumeurs, l'ulition française, p. .'iO;")) en donne une descii|)lion basée sur un petit nombre d'observations. Il siège dans le testicule! même, (|ueliiuef(>is dans l'épididymc; la glande est uniformément accrue, sans bosselures; l'albuginée est respectée; la tunicpie vaginale contient un peu de liquide. I-e tissu sectionné apparaît mou, charnu, vasculaire, homogène, souvent avec des inliltrations sanguines. Kvaminées au microscope , ces Uinieurs se rapprochent tantôt du myxôme par leur sul)stance fondamenlah' qui est parcourue par de grandes cellules lusiformes, tantôt du sarcome cncéphaloïde par leur petites cellules rondes. Les (légéiM'rescences graisseuses, les inlillrations sanguines donnent parfois une a|)parence caséeuse à des musses plus ou moins étendues de la tumeur. Dans un cas t\o Lel)eit, il y eut généralis.ilioii du nt'oplasme aux ganglions lym|)bali(|iu's, jus(]u'au\ ganglions du cou et à la plèvre.

Dans une anlrc forme de saicùme qui est souvent combinée

SARCOME DU ÏESTICCLE. 1105

avec rencbondrôme, la tumeur est parsemée de kystes de différentes dimensions. C'est là le sarcome kystique, tumeur qui, après être restée localisée, franchit la limite de l'albuginée, se généralise et se comporte comme une tumeur maligne. Les sarcomes kystiques qui ont été jusqu'ici confondus sous le nom de maladie kystique du testicule (A. Cooper), maladie enkystée (Chassaignac et Richelot), maladie kystique (Gosselin et Peter), appartiennent à un groupe de tumeurs dillerentes par leur structure, par leur nature et leur pronostic. A propos d'une observation anatomique (rès-bien analysée (Archives de physiologie, 1875, p. 122) de maladie kystique du testicule, et qui n'avait rien de commun avec le sarcome, M. Malassez conclut qu'il s'agit, dans son observation, d'une forme particulière d'épithéliôme à laquelle il propose de donner le nom d'épithéliome myxoïdc.

Dans le sarcome kystique qui atteint d'assez grandes dimensions, un tissu lll)reuv ou sarcomateux, fascicule par places, embryonnaire dans d'autres points, parsemé souvent d'ilôts d'enchondrùme, est interposé aux tubes séminifères et aux kystes. Ceux-ci sont de volume variable, depuis un grain de chènevis jusqu'à une noisette, et ils sont remplis d'un liquide séreux ou colloïde. La tumeur se limite d'abord à l'albuginée, à l'intérieur de laquelle on peut trouver des parties non altérées du testicule. Plus rarement elle débute par l'épididyme. D'après les descriptions histologiques qui en sont données par les auteurs , et en particulier par Fœrster , les kystes proviennent d'un élargissement des canaux séminifères; ils sont tapissés par un épithélium qui est petit à la périphérie du kyste, qui se détache et reirplit la cavité kystique de cellules qui subissent la dégénérescence muqueuse et se transforment en un liquide homogène et muqueux. Les kystes grandissent et leur contenu est parfois tout à fait fluide. De leur parois végètent dans leur intérieur des excroissances papillaires recouvertes d'épitliélium. Le contenu du kyste, au lieu d'être uuiqueux ou séreux, peut se rap])rûcher du contenu caséeux des kystes dermoïdes. L'épithélium des kystes séreux est tantôt formé de cellules plates, tantôt de cellules cylindri(ines, tantôt de cellules cylindriques à cils vil)raliles. Lnlin, en même temps que du tissu sarcomateux et cartilagineux on peut trouver, dans le stroma, des néoformations de libres musculaires striées.

Dans plusieurs faits de sarcome et de sarcome kystique com-

1106 MALADIES DI£S OUGANES.

pliqué d'enchondrônie, M. Nopveu a suivi le processus d'agrandissement des tubes séminifères, et il a signalé l'apparence de petits globules perlés situés dans les cavités des tubes agrandis. Ces petits globes étaient constitués par des cellules d'épithélium corné.

11 nous parait certain qu'on a englobé, dans la néoformation appelée sarcome kystique, des tumeurs aussi dissemblal)les par leur marche que par leur structure hislologique; l'analyse bien faite des observations cliniques d'une part, des pièces anatomiques d'autre part, amènera dans un avenir prochain des distinctions entre elles.

C'est ce que M. Malassez a fait pour l'observation publiée récemment par lui. Dans ce cas, les productions kystiques situées dans le centre du testicule, étaient parfaitement isolées du palenchyme testiculaire qui était rejeté à la périphérie en contact avec l'albuginée, au milieu d'un tissu conjonctif sclérosé. Les kystes situés au milieu d'un tissu conjonctif à peu près normal, contenant cependant quelques cellules lymphatiques entre ses fibres, étaient assez volumineux, comme un poison une noisette. 11 y avait aussi des libres musculaires li!>ses dans ce tissu. La surface interne des kystes, lisse ou présentant des villosilés saillantes, était tapissée par des cellules de forme variée, polygonales et aplaties, ou cylindri(iues, ou en cupule, ou cylindriques à cils vibratiles. Ces diverses variétés do cellules existaient réunies en groupes de même espèce dans la même cavité kystique. Les cellules contenues dans le liiiuide séreux ou muqueux des kystes rappelaient les diverses formes qu'affectaient les cellules pariétales; il y en avait beaucoup de s|»iiériques et qui subissaient là une dégénérescence graisseuse. Ln aucun point M. .Malassez n'a pu saisir d'indices de modifications des tubes séminifères normaux se transformant ea kystes. D'un autre côté, les kystes ne présentaient aucune analogie avec les tul)cs séminifères, d'oii il conclut qu'il s'agissait là d'une formation nouvelle d'épithélium et de cavités (h; nouvelle formation remplies d'épithélium muipieux, et il proposa If woiw (\'ri>illirliniiiinv/s<>i(l<', comme pouvant s'appliquer à ce lait cl aux cas analogues.

Triic.iu.ni.s. La tuberculose du testicule jHMit être la prcmii-r»' manifeslalion de la tiiberculisatioii des organes gt-nitonriuairfs alors ipi'il n'y a rien encore du côté' du |)oumon. Klle peut débuter par le testicule, mais plus fréi|uemment c'est

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