CHAPITRE V). — OVIDUCTE ET UTÉRUS
§ 1. — Histologie iiorniale.
OviDucTF-s ou TROMPES UTÉRINES. — Lcs dcux trouipcs utérincs, ou trompes de Fallope, sont les conduits temporaires de l'ovaire ; ils servent de passage à l'ovule qu'ils saisissent en s'appliquant sur l'ovaire au moment des règles et le transportent dans l'utérus. Ces conduits sont composés d'une enveloppe péiitonéale qui les entoure, d'une couche de tissu fibreux et musculaire (|ui forme leur paroi et d'un canal. Ils présentent à considérer le pavillon de la trompe ou ampoule, partie évasée frangée et plissée qui se met en rapport avec l'ovaire, et une pallie inférieure et étroite traversée par un canal qui pénètre à travers lo tissu musculaire de l'utérus, au niveau
de chaque corne latch-ale de cet organe, dans la cavité duquel il s'ouvre par un conduit étroit qui peut à peine recevoir une soie de sangliei-.
La cavité du canal de la trompe est, dans sa portion libre, assez large, et sa muqueuse est plissée en long, comme celle du canal déférent-. Elle présente partout sur la muqueuse, du pavillon jusqu'à son ouverture utérine, un épithélium cylindrique à cils vibratiles. Les mouvements des cils déterminent un courant qui va du pavillon de la trompe à l'utérus, et qui est apte à faire progresser l'ovule, mais non les animalcules spermaliques. La muqueuse de la trompe ne contient pas de glandules.
Utérus. — L'utérus présente à considérer le corps ou pailie supérieure, et le col ouvert dans le vagin. L'utérus est parcouru, du fond du coips jusqu'à l'ouverture du col, par un canal qui se rétrécit à l'union du corps avec le col. L'utérus, recouvert par une couche de tissu conjonclif et de cellules appartenant au péritoine, possède une paroi très-épaisse composée de libres musculaires lisses et de tissu conjonctif. Les libres musculaires sont difliciles à isoler et à suivre. La couche superficielle est compostée de fibres longitudinales et de fibres transversales. Les premières foiment une lame mince qui s'étend sur le fond, la face antérieuie et la face postérieure de l'utérus; les secondes, en couches plus épaisses, se continuent en partie dans le ligament rond, le ligament de l'ovaire et l'oviducle. [>a couche nioyenne, la plus épaisse, se compose de faisceau.v longitudinaux, transversaux et obliques entrecroisées ; la couche la plus interne, très-mince, comme l'externe, possède des faisceaux de fibres entrecroisées qui forment des anneaux à lOrilice ch's oviductes. Les fibres transversah's (hi col constituent un vérilalde sphincter. Dans le C(»l, ou liouve aussi des fibres très-superficielles dans les plis de l'arbre de vie. Les fibres nmsciilaiies de l'utérus et de la tiompe sont citiiites pendant l'état de vacuité; elles sont sé|tarées par une grande (|uaiitilé de tissu ctnijonctif dense, contenant des cellules ovoïdes.
La mii(|ueuse utérine est iiilimement unie à la couche musculaire, dont ce|HMidaiit on peut la distinguer par sa couleur plus claire. La couche fondamentale de la imiqneuse est formée par un tissu conjonclif avec des cellules de tissu conjonctif à noNaux ovoïdes et des libii's musculaires lisses, sans fibres
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élastiques. I.e revêtement épithélial consiste en une seule couche de cellules cylindriques à cils vibratiles.
Le mouvement des cils est dirigé de dehors en dedans. Les glandes de la muqueuse du corps sont des glandes en tubes simples ou bifurquées, analogues aux glandes de Lieberkûhn. Elles sont tapissées par un épithélium cylindrique et s'ouvrent sur la muqueuse^ soit isolément, soit réunies au nombre de deux ou trois.
La muqueuse du col de l'utérus, au lieu d'être lisse comme dans le corps, présente des plis palmés qui se réunissent dans l'arbre de vie. Ces plis sont hérissés, comme toute la muqueuse du col, par des villosités. Entre les plis, existent des anfractuosités qui contiennent, comme toute la cavité du col, un mucus visqueux et transparent, A la surface des plis on trouve des dépressions utriculaires situées entre les villosités. Dans la profondeur des cavités anfractueuses viennent s'ouvrir des glandes acineuses (Sappey) d'un volume considérable et comparables par leur forme aux glandes sébacées. Les culs-de-sac de ces glandes sont tapissés par des cellules allongées et cylindriques et elles sont remplies de mucus visqueux.
L'épithélium superticiel du corps de l'utérus est cylindrique, à une seule couche : certains auteurs le décrivent comme possédant des cils vibratiles et non les autres. M. de Sinéty, comme cela avait été signalé par Friedlander, a vu de l'épilhélium caliciforme à la surface de la muqueuse du col chez un fœtus à terme tué par la céphalolriptie et examiné aussitôt après la mort. Dans ce cas, les cellules épithéliales du corps de l'utérus ne présentaient pas de cils vibratiles. Il est probable que le mucus du col utérin provient d'une élaboration spéciale et d'une sécrétion opérées par les cellules cylindriques de cette cavité. De même que dans le revêtement intestinal, les cellules qui séciètent le mucus se présenteraient habituellement sous la forme de cellules caliciformes, notamment dans les sinuosités de la muqueuse, danslesdépressionscrypteuseset dans les glandes. M. J. Uonauta trouvé des cellules caliciformes dans la couche de revêtement des œufs de Naboth.
Le col de l'utérus montre en effet souvent à l'étal normal chez les jeunes sujets, mais plus fréquemment chez les femmes âgées, des (iihitalions kystiques spliériques des glandes contenant un liquide muqueux qui ont reçu le nom d'teufs de Na- Itotli. Le contenu des œufs de Xabolii, de même (jue le Hijuide muqueux de la cavité du col, contient de la mucine et des
stries qu'on pourrait, au premier abord, prendre pour des fibrilles. Des cellules cylindriques en dégénérescence muqueuse, ovoïdes, allongées ou sphériques, existent dans ce liquide, soit en i-angées parallèles aux stries , soit irrégulièrement disposées. On y trouve aussi des cellules irrégulières à prolongements ramifiés, et M. J. Renaut a pu y suivre le développement du tissu muqueux.
La nmqueuse du col change complètement d'aspect et de structure à partir de l'orifice utérin dans le point où elle se rélléchit sur la saillie intra-vaginale que forme le museau de tanche. Dans cette partie intra-vaginale du col, la muqueuse est formée d'un tissu conjonctif possédant des papilles; ces dernières sont enfoncées sous un épilhelium pavimenteux stratifié.
La même structure du derme muqueux et de l'épithélium existe sur toute la suifaco du vagin. Les excioissanccs dures qu'on trouve à la surface du vagin ne sont autres que des productions papillaires saillantes et recouvertes d'épithéliuni stratifié.
Les vaisseaux artériels de l'utérus cheminent dans la substance musculaire et se ramifient de là dans la muqueuse et dans les couches musculaires en formant des réseaux de capillaires. Les veines qui en partent sont dépourvues de valvules; elles sont très-larges et à parois minces, et elles suivent le même Ir.ijet que que les artères. Les lymphatiques sont extrêmement nombreux ; ils partent prol)ah]ement de la muqueuse, forment à la surface, sous le péritoine, des réseaux plus ou moins seri'és et vont se jeter dans les ganglions pelviens et lombaires.
Le lis>n ccllulo-vasculaire des ligaments larges contient des fibres musculaires lisses, iiidépendanles des \aisseaux (Rouget).
l'endant la nirnstriKitinn, l'augmenlation très-notable de l'uléius est due à l'alllux plus considérable du sang dans son tissu et au gonOement de la muqiu'iise. La nMU|ueuse, enedct, subit, |)rndant la nuMislrualioii, une hypertrophie considérable ; elle devient plus mciMe et pri'senle des glandes utriculaires facib-s à isoh'r, mesnrani de 2 à (i millimètres en longueur et 70 à *.)() fi en lai'geiM-; le tissu cniiiniu'lif de la mu- (jut'use |ir('si'nle beaucoup de cellules |\iii|ilialiques et d(> tissu conjonclif luuK'iir'es. Les vaisseaux de l.i muqueuse son! dilatés el (res-nomliren\ . Lu iiiènie lenip-; que le sang menshuid est
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versé au dehors, l'e'pithclium du corps de l'utérus est éliminé dans sa presque totalité. Les faits d'élimination des glandes et de lambeaux plus ou moins étendus de la muqueuse exfoliée pondant la menstruation sont pathologiques.
Nous avons eu l'occasion d'examiner assez souvent les produits expulsés pendant la menstruation et coïncidant avec les troubles symptomatiques connus sous le nom de dysménorrhée ]-)fieudo-mcmhraneuse. Ces productions sont variables. Tantôt il s'agit simplement de caillots fibrineux coagulés, qui ont de la peine à sortir pai'ce que l'orifice externe du museau de tanche est très-étroit, comme cela s'observe souvent chez les nullipares. L'examen microscopique montre de la fibrine à l'état fibrillaire, enfermant dans son réticulum des cellules lymphatiques et des cellules d'épitiiélium en grande quantité.
Dans d'autres cas, on trouve des lambeaux irréguliers qui contiennent des vaisseaux capillaires à parois embryonnaires, au milieu d'un tissu conjonctif infiltré de cellules lymphatiques. Dans CCS cas, il y a souvent en même temps des fragments de glandes utérines ou des glandes entières. On a bien en réalité affaire alors à une expulsion de la muqueuse exfoliée en partie. Cette expulsion peut être totale, ce qui, du reste, est très-rare ; M. Guyon en a figuré des exemples.
Une troisième série de faits plus nombreux concerne les débris plus ou moins complets de la caduque du début d'une grossesse, et ils sont faciles à reconnaître par la présence des villosités choriales qui sont très-caractérisées. La surface de la membrane rendue est en effet villeuse, ce qu'il est facile de constater sous l'eau, à simple vue; les villoi-ités sont formées de cylindres rameux contenant des vaisseaux dans leur intérieur et couverts à leur surface par de l'épithélium. De plus, on trouve en un point de la membiane, si elle est rendue complète, une partie lisse ou une cavité contenant l'embryon. Nous avons la conviction que les faits de dysménorrhée villeuse sont toujours relatifs à des produits de conception et aux membranes d'un embr\on de deux à trois semaines, âgé au plus de l'intervalle qui sépare deux époques menstruelles.
Les modifications que subit l'utéius pendant la grossesse portent surtout sur les fibres musculaires lisses, sur les vaisseaux et sur la muqueuse. L'hypcrlropliie considérable de la couche niusculeuse est causée par l'accroissement du volume des libres musculaires préexistantes et par la naissance de nouvelles libres.
Les premières deviennent dix fois plus longues et cinq fois plus larges qu'à l'état normal. La production de fi-bres lisses nouvelles s'efTeclue surtout pondant les premiers mois de la grossesse dans les couches internes de la tunique musculeuse.
Aussitôt après la conception, la muqueuse s'épaissit, devient plus lâche et plus rouge, et des plis saillants s'y accusent; elle est intiltrée de cellules embryonnaires en mènie temps que ses glandes s'hypertrophient (caduque vraie). Au niveau de l'œuf elle se transforme en placenta utérin. Cette portion placentaire de la muqueuse donne naissance à des bourgeons qui s'étendent tout" autour de l'œuf et constituent la caduque réfléchie. L'épithélium cylindrique de la muqueuse du corps de l'utérus disparait complètement sur les caduques. La muqueuse du col ne participe en rien à ce travail,* il conserve son épithélium et sécrète le bouchon muqueux qui remplit le canal cervical pendant la grossesse. Les vaisseaux sanguins de l'utérus éprouvent un accroissement parallèle à celui des parois musculaires dû à la même hypertrophie des fibres lisses.
Après l'accouchomenl, la caduque vraie est éliminée complètement; l'expulsion du placenta laisse à vif une surface bourgeonnante qui se détruit et est également expulsée. La surface interne de l'utérus ne présente plus aucun vestige de muqueuse, mais un tissu mou, pulpeux, dans lequel, au milieu de tissu coiijonctifembryoïmaire, on trouve des fibres musculaires hypertro|)hiées, des vaisseaux, et des cellules. Celles-ci, qui sont des cellules de tissu conjonclif, sont tuméfiées, aplaties ou sphériijues, ovoïdes ou à prolongements nmltiples, souvent très-volumineuses, granuleuses, contenant un ou plusieurs noyaux, et souvent en (h'générescence graisseuse.
Les phéudmèiies hisinlogicjues (|ui ccuistiluent ]a régénéralion de la imuiueuse n'ont pas été suflisannuent éUuHés jusqu'ici; il est probiible fju'iis s'eiVectucnt lentement, car la plaie «jui cori'espoiid à l'inseition placentaire reste \isilile, plusieurs mois a[)rès l'accouclienn'nl, à son aspect fongueux ou à l'infiltration grisâtre de son tissu. M. Slavianski a décrit récemment dos végétations papillaires analogues par leur structure aux bourgecuis cliarmis et une infiltration di; la couche superficielle (le la nmqueuse par des celluh's lynqdiatiipies chez une jeune temmc trois mois après son accoucliemciit. La surface de la iini(|u»'use cl celle des végt'-lations ('laient défiourvues de cellules épithéliales. Les glandes utritulaircs bien fornu'cs et pré-